© Oracles
Affinités festival

GO GO GO

Théâtres fermés ne signifie pas culture à l’arrêt. Avec GO GO GO et sa programmation à découvrir en ligne depuis chez soi ou en déambulation solitaire à travers Genève, Le Grütli est bien décidé à changer les règles du jeu. Promenade téléguidée, prédictions d’avenir, discussions sur l’oreiller et spectacles sur canapé, les événements du festival sont entièrement gratuits. Alors, on se dit trois fois GO ?

Par Léa Poiré

La pandémie n’aura pas raison du spectacle vivant. Du moins pas pour le moment. Le Grütli, centre de production et de diffusion à Genève, est bien décidé à transformer les contraintes sanitaires en terrain de jeu. On en attendait pas moins de Simon Senn, performeur plasticien et vidéaste suisse, spécialiste du numérique, qui chapeaute cette édition. Avec un programme entièrement revu et corrigé, le festival GO GO GO, se vit désormais connecté depuis son canapé, dehors - même en hiver - ou en tout petit groupes. Autant de manières de s’amuser des distances, de repenser les espaces domestiques et de se raconter des histoires, le plus souvent en se mettant dans la tête, la peau ou le corps d’un autre. 

Dans sa version distancielle, l’enquête-témoignage de Simon Senn, Be Arielle F, rapproche ce qu’on a tendance à opposer : digital et réalité. Par un simple clic l’artiste a récemment fait l’acquisition d’un corps 3D. Mais, à qui est-il ? Qu’a t-on le droit de faire avec ? De questions en questions, de rencontres de juristes en pros de l’informatique, l’artiste retrouve la trace du corps IRL, celui d’Arielle, et pousse l’expérience jusqu’à se glisser dans sa peau grâce à un casque de réalité virtuelle. Avec l’Autoshow, de Joël Hefti et Antoine Zivelonghi, c’est à vous de réaliser la manipulation : depuis votre salon, en contrôlant leurs actions, vous êtes aux manettes des comédiens du show.

 

 
 

Revers de la médaille à ces possibilités décuplées d’ubiquité, c’est bien souvent depuis chez soi que l’on se projette vers l’ailleurs. L’espace domestique reprend une place de choix dans nos vies. C’est sous les apparences d’une chambre bordélique remplie de sacs plastiques qu’il se raconte dans la proposition du danseur et chorégraphe à Bamako (Moi, ma chambre et ma rue). Ou par une conversation qui arrive Jusque dans nos lits, un tête à tête décolonial avec Lucie Choquet. De quoi faire de l’intime un outil politique.

 

> GO GO GO organisé par le Grütli du 14 au 16 janvier en ligne et à Genève, Suisse