SIRI © Jorge Jácome & Marco da Silva Ferreira

Dias Da Dança

Est-il possible de fondre le ciel avec la mer ? Comment accéder au subconscient, la « boite noire » du corps ? Peut-on trouver dans la danse un terrain d’entente entre les deux Corées ? Autant de questions auxquelles il est possible de répondre grâce à Dia Da Dança, festival de danse de Porto, à 90% en ligne et en partie gratuit.

Par La rédaction de Mouvement publié le 16 avr. 2021

Les théâtres semblent fermés pour l’éternité, vous avez poncé le catalogue de toutes les plateformes de streaming, votre canapé est définitivement devenu un abri, voire un ami, et vous avez même googlé par désespoir : « activités originales à faire pendant le couvre-feu ». Depuis Porto, mais à 90% en ligne, DDD, le festival qui fait vibrer la danse dans la ville portugaise, a peut-être de quoi vous sortir de la lassitude.

Lorsque les artistes chorégraphiques s’emparent du médium vidéo, c’est souvent pour perturber l’image des corps. Mirage holographique, dans SIRI du cinéaste Jorge Jácome et du chorégraphe Marco da Silva Ferreira. Apparition du subconscient dans Poromechanics, où après avoir exposé ses danseurs à des contraintes physiques et sonores, Catarina Miranda capte les manifestations de leurs systèmes nerveux parasympathiques. Une manière d’avoir accès à la « boite noire » du corps. Des corps fondus dans le chevauchement du ciel et de la mer, avec Índigo (a cor entre o céu e o mar) d’Ana Renata Polónia et Marta Ramos, performance graphique qui promet de nous emmener loin, très loin.

 

Bate Fado de Jonas & Lander p. Inês Sambas

 

Le festival DDD, c’est aussi l’occasion de renforcer ses connaissances sur la culture chorégraphique portugaise, ancienne et contemporaine. D’ailleurs, saviez-vous que le Fado avait sa danse ? Sorte de claquettes vigoureuses sur cette musique mélancolique venue de Lisbonne, la pratique est aujourd’hui disparue. Mais le binôme Jonas & Lander est bien décidé à la remettre sur pieds avec leur Bate Fado - littéralement battre le Fado - spectacle à mi-chemin entre la chorégraphie et le concert. Cristina Ferreira Gomes et Luiz Antunes signent eux, Portugal que Dança, une série documentaire, la première du genre, sur la relève chorégraphique du pays. On y suit le quotidien et les aspirations de jeunes créateurs, du bouillonnant Marco da Silva Ferreira à l’artiste activiste Claudia Dias.

 

Pour terminer votre traversée en grande forme, Eun-me Ahn, celle qui a fait danser des grands-mères (Dancing Grandmothers), revient avec une danse comme outil de pacification entre les deux Corées. Enquête chorégraphique dans le pays de Kim Jong Un, North Korea Dance vise à explorer les traditions de Corée du Nord, de la parade militaire aux danses traditionnelles avec des éventails. Ce, pour trouver par le geste, la possibilité d’un terrain d’entente.

 

> Dias Da Dança du 20 au 30 avril à Proto, Portugal et en ligne sur le site du festival