pluridisciplinaire

L'agenda du 13 au 19 juin

La semaine indisciplinaire de Mouvement.net


01/05 > 30/06/2016 -DANS TOUTE LA FRANCE

Propositions culturelles à se jeter derrière la cravate.

publié le 29 avr. 2016
<i>Clara, modèle</i> de Guillaume Dujardin. Clara, modèle de Guillaume Dujardin. © D.R.

 

 

99 PROJECTIONS

Depuis un quart de siècle, le festival Côté court traque les talents du cinéma de demain pour concocter une programmation foisonnante d’évènements célébrant les cours métrages. On ne change pas les bonnes recettes, cette édition anniversaire s’articulera donc comme d’habitude autour de deux compétitions officielles (fiction et art vidéo), une série attendue de soirées (a)live, des rencontres avec des réalisateurs et le bien nommé programme Panorama qui propose de faire un tour de la diversité de l’art du court en une seule projection. Parmi les artistes à suivre, gardons un œil attentif sur Wissam Charaf... Niveau soirée, notons le duo de choc Xavier Veihlan / Zombie Zombie (17 juin) mais aussi la présence du compositeur Phill Niblock qui, du haut de ses 83 ans, viendra présenter un extrait du grand œuvre de sa vie (The Movement of People Working).

 

Côté court, du 15 au 25 juin au Ciné 104, Pantin. 

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CRÉOLISATION

Logos, mascottes, pochettes d’album, symboles… Bruno Peinado, 46 ans, Montpelliérain d’origine et Breton d’adoption, s’approprie tout type de signes issus de la culture de masse pour les assembler en un alphabet de formes bariolées. Il n’y a qu’à voir The Big One World (2000), un bibendum Michelin noir à la coupe afro et au poing levé, pour comprendre son esthétique clinquante et satirique. Deux expositions lui sont consacrées : au Pavillon blanc de Colomiers et au Mrac de Sérignan à l’occasion de l’inauguration de sa nouvelle aile dont l’artiste a sublimé la façade.

Bruno Peinado, Il faut reconstruire l’hacienda, ou comment moins par moins égal à plus, du 21 mai au 9 octobre au Mrac, Sérignan ; du 18 juin au 27 août au Pavillon blanc, Colomiers.

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PERCEPTIONS

Alors que pour le 110e anniversaire de la naissance de Victor Vasarely, la fondation aixoise installe en ses murs Multiplicité (une exposition rétrospective qui s’étend jusqu’à Gordes et Avignon), le festival Chroniques, initié par Seconde nature et ses partenaires, fait hommage à l’artiste avec l’exposition Irisations. La vingtaine d’artistes invités explore les phénomènes optiques à travers des installations cinétiques qui mettent en branle nos perceptions. Également au programme, des DJ sets, des summercamps d’une semaine pour faire découvrir aux plus jeunes les technologies de la création.

Chroniques, du 16 juin au 2 octobre à Aix-en-Provence.

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SECOND SOUFFLE

Une ouverture au public toujours plus grande pour Uzès danse qui associe, pour sa 21e année, les inspirations de David Wampach à son événement familial. Nadia Beugré s’abandonne à la transe, Arnaud Saury dialogue avec les mystiques, et le bal invite à « écouter la musique avec ses pieds » !  Autant d’histoires à produire et à s’offrir dans A Piece for You de Thomas Lehmen. 

Uzès danse, du 10 au 12 puis du 16 au 18 juin à Uzès.

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ET ENCORE

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SUSPENSION

Un regard et puis s’en va, le temps de la contemplation se fait de plus en plus rare. Il arrive pourtant qu’une œuvre change les règles du jeu. Solitaire de Stéphane Thidet est de celles-ci. Face aux deux majestueux bois flottés suspendus aux arches de la sacristie, le train du monde n’existe plus. Plongé dans le noir, le spectateur s’absorbe dans les dessins concentriques que tracent ces monumentaux mobiles sur la fine couche d’eau qui a recouvert le sol. Et suit longtemps leur devenir, quand ces dessins – dans un savant jeu de lumière – se rejouent sur la pierre, avant de s’effacer.

Timelapse du montage de l'exposition "Solitaire" de Stéphane Thidet Crédit : Collège des Bernardins

Solitaire de Stéphane Thidet, jusqu’au 10 juillet au Collège des Bernardins, Paris.

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JARDINS EN FÊTE

L’art des jardins est transdisciplinaire. Il cultive les champs architectoniques et artistiques, énonce des points de vue sur le monde comme il va (et ne va pas), teste des solutions techniques et écologiques. À Chaumont, avec les Jardins du siècle à venir, on découvre, dans la générosité des végétaux, une mosaïque de scénarios et d’écotopies pour répondre aux catastrophes à venir. Dans les Hortillonnages d’Amiens – hier marais d’îlots maraîchers – on ressent combien est fécond l’imaginaire des jeunes concepteurs. En sept sessions, ils redonnent corps à un paysage en voie de dilution. Avec, de plus, la réalité d’un chantier jardinier d’insertion et d’une renaissance solidaire de la production vivrière. C’est la Maison de la culture d’Amiens qui pilote le navire, elle a 50 ans. André Malraux prendrait plaisir à la promenade.

Festival international des jardins, jusqu'au 2 novembre au Domaine régional de Chaumont-sur-Loire.

Art, villes & paysage, du 11 juin au 16 octobre dans les Hortillonnages, Amiens.

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CONTRE-ÉCHECS

Installations, vidéos, œuvres sonores et performances sont autant de canaux à travers lesquels l’artiste Kapwani Kiwanga, formée à l’anthropologie, déplie ses recherches et observe les transformations politiques, sociales et culturelles, notamment en Tanzanie. Elle exhume de ce territoire colonisé jusqu’en 1964 par le Royaume-Uni et influencé par la culture arabe, des ressors d’émancipation, depuis les croyances animistes jusqu’au système d’autogestion communautaire des villages Ujamaa, (« famille » et « fraternité » en swahili).

Kapwani Kiwanga, jusqu’au 9 octobre à la Ferme du buisson, Noisiel.

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MAGES CHAMANIQUES

Johannes Kahrs, Untitled (Foam). Courtesy : Galerie Zeno X, Anvers. Photo : Jens Zlehe.

Déclarations d’amour à la matérialité des corps ou à l’image, les œuvres de Johannes Kahrs se jouent du « réel », du réalisme et de ses supposées vérités. Extraits du réservoir infini que représente le document photographique, les silhouettes, les figures ou encore les paysages sont privés de contexte, recadrés ou subtilement accidentés sous le pinceau de l’artiste. Projetés dans l’indétermination, les corps tendus et les expressions torturées en appellent à l’empathie spontanée.

Johannes Kahrs, Then, Maybe, the Explosion of a Star, du 12 mai au 24 juillet au Plateau, Paris.

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VŒUX DE PAUVRETÉ

Trop souvent cantonné aux années 1960 et aux arts plastiques, l’arte povera résonne aujourd’hui avec intensité. À la croissance et à la consommation prônées comme seul système social et économique, cette attitude oppose l’économie de moyens, la récupération de matières et d’objets vulgaires, le geste-souverain, la fragilité, le dénuement. La manifestation Un art pauvre retrace son évolution depuis les artistes pionniers – Alighiero Boetti, Mario Merz, Jannis Kounellis, Luciano Fabro, Michelangelo Pistoletto, Giulio Paolini, Giuseppe Penone – jusqu’à ses rémanences dans le cinéma, la danse, l’architecture mais aussi dans une promesse de révolte.

Un art pauvre, du 8 juin au 29 août au Centre Pompidou, Paris.

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COUP DE FOUDRE

C’est dans la volonté de renouer avec l’essence sensitive d’une œuvre d’art que le commissaire Guillaume Désanges ouvre son nouveau cycle d’exposition sous la Verrière de Bruxelles. Poésie balistique capte, au-delà du discours qui colle à la création contemporaine, la trajectoire d’un impact, celui d’un choc d’abord émotionnel et intuitif sur les consciences et les sens. Ce trouble naît des rebuts textiles que se réapproprie l’artiste autodidacte Hessie, des espaces en érosion de Guillaume Leblon ou des correspondances visuelles de Jean-Luc Moulène. Le verbe-matière du poète Christophe Tarkos s’accroche aux œuvres, comme l’affirmation d’une expressivité qui ne connaît de limites ni discursives ni formelles.

Poésie balistique, jusqu’au 2 juillet à la Verrière, Bruxelles, Belgique.

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PORTRAIT CHINOIS

Nate Lowman glane, dans les déchets de la culture populaire, les matériaux nécessaires à composer des récits sur l’Amérique contemporaine. Fragments, collages, peintures, installations, autant d’éléments à assembler pour percevoir l’envers désenchanté, parfois violent, d’une société du divertissement jetable. Ses œuvres constituent un répertoire de traces et d’objets critiques à activer selon le contexte d’exposition, sans hiérarchie préalable.

Nate Lowman, World of Interiors, du 13 mai au 18 septembre au Frac Champagne-Ardenne, Reims.

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S’ÉCLATER

Douglas Gordon, Monster.  

Puisque « je est un autre », le Frac Haute-Normandie consacre une exposition aux autoportraits d’artistes. Qui mieux que des plasticiens, peintres et photographes, pour atomiser l’unité d’apparat du moi ? Identités multiples et fragmentées, une quarantaine de subjectivités se mettent en scène. Contrepoint contemporain au festival Normandie impressionniste dans lequel elle s’inscrit, cette exposition interroge la figure du fou (Gianni Motti, Douglas Gordon, Arnulf Rainer) aussi bien que la représentation objective du portrait-robot ou de la photo d’identité (Thomas Ruff, Tom Molloy, Maurizio Cattelan, Claude Closky).

Portrait de l’artiste en alter, jusqu’au 4 septembre au Frac Haute-Normandie, Sotteville-lès-Rouen.

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RÉUNIONS SECRÈTES

Clara, modèle de Guillaume Dujardin. Photo : D.R.

Imaginez un événement qui voyagerait de sous-sols en sous-sols, d’un lieu tenu secret à un autre. Né à Besançon, le Festival des caves poursuit ses aventures itinérantes depuis 10 ans, poussant toujours plus loin ses frontières géographiques. Deux volets pour cette année-anniversaire. D’un côté les souvenirs, avec les pièces qui ont marqué l’histoire du festival (Le journal de Klemperer et Clara, modèle de Guillaume Dujardin) et une édition reliée. De l’autre, un regard vers le futur avec de nouvelles créations (Les ténèbres du dedans de Manon Falippou et Maxime Kerzanet ; Je sens qu’il neige en moi de Pearl Manifold).    

Festival des cavesdu 30 avril au 29 juin, en régions Bourgogne et Franche-Comté (et aussi un peu partout en France).

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BIG BROTHER

« Souriez vous êtes filmés » est-il plus acceptable que « Big Brother is watching you » ? La surveillance contemporaine impose leur assentiment aux individus, lesquels persévèrent dans le zèle en postant nombre de selfies sur les réseaux sociaux. Ces données incarnent une matière première à détourner pour les artistes et les hackers. En en rassemblant une soixantaine – parmi lesquels Julien Prévieux, Dan Graham et Vangelis Vlahos – Caméra(Auto)Contrôle rend visible cette entreprise de domination massive.

Caméra(Auto)Contrôle, du 1er juin au 31 juillet au Centre de la photographie, Genève, Suisse (Triennale 50JPG).

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CONSTRUCTION GÉNÉRALE

Avec près de 15 millions de personnes touchées par la crise du logement et l’absence de volonté politique quant à l’accueil des réfugiés – pour ne citer que la France – l’habitat et l’urbain s’affirment comme des enjeux majeurs. Ils suscitent d’autant plus les initiatives « citoyennes » et associatives qu’ils peuvent être des outils de domination implacables. Le collectif d’architectes Raumlaborberlin – célèbre pour ses installations collectives et déstructurées, en osmose avec les matériaux locaux – inclut la parole et la participation populaire dans l’élaboration de ses projets. Il expérimente les manières d’investir un espace collectif à Saint-Nazaire, cité portuaire et industrielle, à travers une architecture évolutive.

Raumlaborberlin, du 3 juin au 9 octobre au LiFE, Saint-Nazaire.

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SAUTE-FRONTIÈRE

Comme un pied de nez aux vestales du repli national, la Biennale de la photographie de Mulhouse récidive. Pour sa 2e édition (4 juin au 4 septembre), le festival transfrontalier se déplie autour de l’exposition L’autre et le même. De Mulhouse à Freiburg, du XIXe siècle à aujourd’hui, de la colonisation à la migration (et à la néo-colonisation), les photographes, passeurs d’images, de frontières et d’identités, n’oublient pas, eux, de travailler les porosités entre les pays et les cultures.

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PARANORMAL ACTIVITIES

 

Quel lieu plus propice à réveiller les morts qu’un château médiéval ? Celui du Rivau ouvre ses portes aux Fantômes et apparitions en tous genres. Les œuvres d’une trentaine d’artistes contemporains tirent  le mobilier d’époque de sa léthargie. Elles jouent avec les massacres (Nadia Sabourin, Karine Bonneval), sur l’imaginaire collectif et populaire avec des voiles et des teintes crépusculaires (Nathalie Rebholz, Magali Vaillant, Combey-Pion), sur l’évanescence et la trace (Diego Movilla, Clara Djian & Nicolas Leto). Ou encore sur la figure féminine, tantôt sorcière (Sanjin Cosabic) tantôt Dame blanche (Katia Bourdarel). Dans ce lieu de passages et de mémoires, les artistes psychopompes mêlent mythes et croyances de tous les siècles, car pour les spectres, le temps n’existe pas.

Fantômes et apparitions, jusqu’au 2 novembre au Château du Rivau, Lémeré (région Centre-Val de Loire). 

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C’EST BIENTÔT LA FIN

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TRANSGRESSIONS

Les Latitudes contemporaines présagent un grand tremblement de live art à venir. L’identité, la culture, les croyances se révèlent comme autant de sources d’inspiration, de critique ou de profanation. Pour ses 15 ans, le festival joue les rebelles en affirmant son goût pour la transgression. La Ribot dévoile son nouvel objet mystérieusement gardé, Michelle Ellsworth nous met en garde sur la disparition du chromosome Y, Angélica Liddell et Nadia Beugré célèbrent leurs héritages, et Christian Ubl fait danser les souvenirs.

Latitudes contemporaines, du 1er au 17 juin à Lille.

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STAY TUNED

La 10e édition de June Events croise les écritures sous le signe de la musique et de l’esprit de groupe. Les partitions chorégraphiques et musicales de Thomas Hauert (Inaudible), de Maud Le Pladec (Concrete) ou d’Alban Richard (Nombrer les étoiles) s’accordent avec les corps mazoutés de la chorégraphe grecque Kat Válastur, la danse du feu de Fabrice Lambert, le jeu à l’aveugle de Mylène Benoit, avant de laisser place à une folle soirée montréalo-new-yorkaise (DD Dorvillier, Dana Michel…). Jardins, espaces publics et musées parisiens, la danse prendra aussi ses quartiers d’été hors les murs.

June Events, du 3 au 18 juin à l’Atelier de Paris.

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INSTANTANÉS

 

HIGHER from michele rizzo on Vimeo.

On aurait voulu tenter une photo de famille, on n’aurait pas réussi. Tentaculaires, les Rencontres chorégraphiques ne rentrent pas dans le cadre. On ajoutera : elles préfèrent en jouer. À défaut, il reste possible de présenter quelques instantanés de la programmation 2016. La première image est celle de désirs qui s’élancent au plateau. Désirs tarifés chez Marie-Caroline Hominal (Taxi-Dancers), pas de deux où sous la glace sourdent d’improbables complicités. Désirs extatiques pour Simone Truong qui prend à bras le corps (habillé) la jouissance dans (To) Come and See. La deuxième image est plongée dans l'obscurité. Il faut deviner le corps de Second Body (Anarchy Dance Theatre), en dessiner les contours dans Higher (Michele Rizzo) et avec Park SangMi (In my Room), le révéler comme dans une chambre noire. La troisième image, c’est la vôtre.

Rencontres chorégraphiques internationalesdu 11 mai au 18 juin en Seine-Saint-Denis.