pluridisciplinaire

L'agenda du 4 au 10 avril

La semaine indisciplinaire de Mouvement.net


01/04 > 30/04/2016 -DANS TOUTE LA FRANCE

Propositions culturelles à se jeter derrière la cravate

Par La rédaction de Mouvement |
Duane Hanson, <i>Lunch Break</i>, 1989 Duane Hanson, Lunch Break, 1989 © D. R.

 

 

RIDES ET SILLONS

Avec pour tout bagage, le corps – ce palimpseste social, culturel et politique – artistes venus d’Europe, d’Asie et d’Océanie, sillonnent la Suisse pour réfléchir des situations, des angoisses et des fantasmes. Pour la 15e édition, de son festival Steps, le Pour-cent culturel Migros, invite 11 compagnies et chorégraphes, figures phares de la scène contemporaine internationale ou locale. Avec Rising, Aakash Odedra catalyse les imaginaires de ses pairs (Akram Khan, Russell Maliphant, Sidi Larbi Cherkaoui). La Candoco Dance Company ou la chorégraphe Eun-Me Ahn osent la vieillesse sur scène. Wayne McGregor, Gilles Jobin et Huang Yi explorent la réalité virtuelle et l’être post-humain.

 

Steps, du 7 avril au 1er mai dans toute la Suisse.

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« Prononcez le discours aux choses : Choses parmi là qui sont ici, disparpillez-vous en un sac, puis réunificatez-vous en mille semailles. Ce qui est semé en mépris, ressuscitera en gloire ! »

Bonlieu, la scène nationale d’Annecy propose un Grand format Valère Novarina du 1er au 7 avril en présentant successivement : Le vivier des noms, Le discours aux animaux, et Homo automaticus.

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OCCUPY

Tiago Rodrigues prend la Bastille ! La blague étant faite, on peut filer la métaphore de la Révolution française tranquillement. Comme en 1789, il y aura des rencontres, des lectures et des discussions (avec David Geselson et Jacques Bonnaffé entre autres). Comme en 1793, il y aura un tribunal, mais pas de terreur, puisque le fameux procès intenté à Flaubert pour atteinte à la pudeur sera porté à la scène (Bovary). Comme dans tout devenir révolutionnaire, l’événement se fera… en se faisant, et ne sera pas reproductible (avec les événements « Ce soir ne se répètera jamais »).

 

Occupation Bastille, du 10 avril au 12 juin au Théâtre de la Bastille, Paris

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RÉGALADE

C’est sous la direction artistique de Pierre Sauvageot (directeur de Lieux publics, centre national de création en espace public à Marseille) que tout un bouquet de Zones artistiques temporaires (Zat) fleurira sur la ville de Montpellier pour sa 10e édition. Au programme, une bonne dose de créativité particulièrement concentrée sur Figuerolles, qui amène à « écouter la ville autrement pour entendre autre chose ». Chœurs aux balcons des petites rues du quartier (Balconnade), promenade sonore dans le Parc de la guirlande ou encore banquet géant invitant pas moins de 300 chanteurs (Régalade), autant de manières de célébrer musique et arts de la rue au cœur de ce quartier aux multiples facettes.

Zat, les 9 et 10 avril à Montpellier.

 

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ET ENCORE

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SUBLIME MÉLANCOLE

New York sur Loire, 2013, "Dans la banlieue du Luna Park", Encre de Chine et Aquarelle sur papier.

On connaît Nicolas de Crécy pour ses BD fantasmagoriques et amères, son trait expressionniste : l’histoire de Diego, un phoque unijambiste (Le bibendum céleste) ou encore celle de Léon la came, un anti-héros laid, pauvre et malade. Le Quartier de Quimper lui consacre une exposition rétrospective du 4 mars au 18 septembre dont la seconde partie ouvre sur ses huiles sur toiles, plus confidentielles, inspirées par la vie de Paul Wittgenstein, le « manchot mélomane ». Le corps s’y éclate en des paysages enneigés voire apocalyptiques.

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AMERICAN WAY

Duane Hanson. Photo : D. R.

Figure de l’hyperréalisme américain, Duane Hanson (1925-1996) a marqué l’art des années 1970 avec ses sculptures grandeur nature représentant la société américaine de la middle class. Touristes, femmes au foyer, ouvriers, sportifs… L’artiste s’est saisi de ces images pour les transformer en véritables icônes de la banalité et du quotidien. Travaillant à partir du modèle vivant qu’il moule et auquel il accorde un véritable souci du détail, ses personnages trompeurs se veulent plus vrais que nature et se font le miroir d’une société américaine oubliée du monde de la création.

Duane Hanson, NMNM, jusqu’au 28 août à la Villa Paloma, Monaco. 

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VISONS

Stéphanie Solinas, Sans titre (Que faire de ses dix doigts), 2013 © Stéphanie Solinas

Après le Frac Haute-Normandie, le travail de Gilles Saussier s'exporte au Cpif où il rencontre celui de la photographe Stéphanie Solinas. Construite par les deux artistes comme un cadavre exquis, Fourrure, vitrine, photographie questionne les héritages et les enjeux de la pratique photographique, du photojournalisme au documentaire, démêlant les processus d’invention de l’identité.

Gilles Saussier et Stéphanie Solinas, Fourrure, vitrine, photographie, du 13 mars au 29 mai au Cpif, Pontault-Combault. 

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POESIE, PARTOUT

On coupe la tête aux festivals de poésie ? Qu’à cela ne tienne, la biennale Poema rassemble pendant 6 mois, une cinquantaine de poètes – parmi lesquels Bernard Nöel, Édith Azzam, Charles Pennequin et le Maltais Antoine Cassar – accompagnés de musiciens, plasticiens et performeurs, pour enfoncer toutes sortes de portes, depuis le Centre Pompidou-Metz jusqu’aux randonnées en nature en passant par les écoles, bibliothèques ou encore la maison d’arrêt de Strasbourg. La poésie sort des sentiers battus et s’hybride lorsqu’elle fait acte avec Julien Blaine ou œuvre plastique et sonore avec Fabrikdelabeslot.

Poema, jusqu’au 25 juin en Lorraine.

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FIGURES DE L’INDICIBLE

S’enfoncer dans une exposition de dessin, c’est non seulement toucher à la matérialité et à la « psychologie » du trait, nerveux, éthéré ou infini ; mais aussi se lancer dans un élan métaphysique à travers le globe et les époques. Intrigantes incertitudes rassemble plus de 40 artistes, d’origines, d’âges et d’influences diverses. Chacun donne forme à une inquiétude irrépressible – aussi familière qu’insondable, aussi plurielle qu’universelle – par le dessin, matrice des arts plastiques. À force d’« avancées » scientifiques, techniques et technologiques, on se dit que peut-être, une partie de notre humanité est aussi dans l’« obscurité-intérieure» qu’évoque Dennis Oppenheim.

Intrigantes incertitudes, du 5 mars au 5 juin au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne.

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SCIENTARTIST

Olga Kisseleva, Artic Conquistadors, 2015, installation interactive. Courtesy Galerie Rabouan-Moussion, Paris. 

Des panoramas de mers mouchetés de chiffres, des cartes océaniques saturées de logos d’entreprises… Sea View s’associe non seulement à une exposition d’art contemporain mais aussi à un projet scientifique et humain. Artiste numérique et fondatrice du laboratoire Art&science, Olga Kisseleva utilise le langage de l’image, du réseau, des données ou encore de la danse pour modéliser le monde actuel, instable, soumis à la concurrence politico-industrielle et à la consommation énergivore. Ses œuvres, élaborées en collaboration avec des centres de recherche, offrent une expérience immersive dans la société à venir.

Olga Kisseleva, Sea View, du 11 mars au 29 mai au Crac, Sète.

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TRADITIONS CONTEMPORAINES

Ceramix. Est-ce le nom d'un savoir-faire ancestral qui résiste encore et toujours à l'envahisseur conceptuel ? Non, si on admet que depuis toujours « faire c'est penser ». Ceramix est d'abord une exposition en plusieurs volets qui rassemblera une très importante sélection de céramiques modernes et contemporaines présentée à Sèvres et à la Maison rouge. Deux commissaires, Camille Morineau et Lucia Pesapane ont réuni un ensemble remarquable d'œuvres de Auguste Rodin à Thomas Schütte, en passant par Elmar Trenkwalder et Elsa Sahal. Une plongée dans un médium longtemps méprisé mais aujourd'hui prisé par les artistes. Ÿ

Ceramix, de Rodin à Schütte, du 9 mars au 12 juin à la Cité de la céramique, Sèvres ; du 9 mars au 5 juin à la Maison rouge, Paris.

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SOUPLESSE

Au Centquatre, la danse jouera des grands écarts. Des paillettes de la comédie musicale catastrophiste so kitch de Yan Duyvendak (Sound of Music), aux horreurs du conflit fratricide Rwandais (Samedi détente de Dorothée Munyaneza). De l’exploration des antithèses aux mystères de la filiation (Religieuse à la fraise et Je danse car je me méfie des mots de Kaori Ito). La scène devient un doux champ de Bataille (Delgado Fuchs et Clédat & Petitpierre).  Attention à ne pas perdre l’équilibre (Celui qui tombe de Yoann Bourgeois). Ÿ

 

Séquence danse Paris, du 22 mars au 13 avril au Centquatre, Paris.

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FRÉMISSANT

Après avoir mis sur écoute les quatre coins de la planète musicale, le Sonic Protest nous livre en toute transparence le fruit de ses investigations dans un condensé d’avant-gardisme bruitiste et contemporain. William Basinski, sampleur compulsif depuis 1980, viendra faire vibrer les voutes de l’église Saint-Merry pour une première européenne, suivi d’Ellen Fullman et ses longs fils frémissant d’où s’échappent d’étranges drones funambules. Dans un registre plus bourrin, les parisiens de Warum Joe, miraculeusement rescapés de la scène punk des 80’s, animeront les pogos à Petit bain, en compagnie des punks trisomiques et autistes du groupe finlandais PKN.

Sonic Protest, du 2 au 15 avril à Paris et Montreuil.

 

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DÉPÊCHEZ-VOUS C’EST BIENTÔT LA FIN

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MATHÉMATIQUES

Déployés sur 55 Ha, les nombreux espaces dédiés aux plaisirs artistiques de la Villette ouvrent toutes leurs portes à toutes les disciplines (issues de secours non comprises, référez-vous aux normes de sécurité en vigueur pour l’année en cours). Sur 100% de festival, les 14 propositions plastiques installées dans la Grande halle composent le 100% expo. 100% du spectacle du cirque du Vietnam (A O Lang Pho) sont compris dans Villette en cirque. On peut y voir 5 spectacles dont MDLSX des Italiens Motus ou la dernière création d’Ivana Müller (Edges) ainsi qu’un 100% court en 5 propositions théâtro-danso-performées de 5 à 37 mn. Appuyez-vous strictement sur votre corpus d’envies. Vous avez 3 semaines.

100% Villette, du 22 mars au 10 avril à la Villette, Paris.

 

Lire Arrêt sur langages, portrait de Panaibra Gabriel Canda qui présente Un(Official) language à 100% Villette

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ÉSOTERISME

Quel peut bien être le rapport entre Rosemary Brown, une Anglaise à qui Schubert et Chopin – entre autres – seraient venus dicter de l’au-delà leurs dernières compositions, et des phénomènes météorologiques extraordinaires, telle une pluie qui tomberait à l’envers ? Rendant perceptible l’invisible et palpable l’incompréhensible, Thom Luz tisse un théâtre du mystère où la musique tient le haut du pavé. When I die et Unusual Weather Phenomena Project sont présentés en diptyque au Théâtre Nanterre-Amandiers, du 1er au 3 puis du 6 au 10 avril.

 

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CHANGE DE PORT

Cette année encore on s'embarque à bord de l'Étrange cargo. Sans gilet de sauvetage, on disperse gouvernail et grappin et on met le cap sur les formes non-identifiées de la scène contemporaine. Faisant fi des boussoles, on pourra, entre autres, jeter les amarres dans le parking souterrain de Théo Mercier, marteler les rivages du futur avec Pauline Simon ou encore goûter l'inexorable en donnant la réplique à Robert Cantarella.

Étrange cargo, du 15 mars au 9 avril à la Ménagerie de verre, Paris.  

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WORK (IN PROGRESS)

Avec mars revient le temps de la ligne 13. Direction Vanves, donc, pour la 18e édition du festival Artdanthé. Dans la pure lignée esthétique et politique de José Alfarroba, son prédécesseur, la nouvelle directrice Anouchka Charbey avance d’un pas de plus dans le défrichage artistique. Si les nouvelles créations seront les stars de ce mois d’audaces scéniques (What a mess de Gaël Depauw, Saison 1 épisode 1 de Florence Minder) des travaux en cours seront également présentés le 2 avril (Jusqu’ici tout va bien du Grand cerf bleu ; Et la tendresse ? de Clément Goethals ; The Abyss de Pamina de Coulon).

Saison 1 épisode 1 de Florence Minder

Artdanthé, du 10 mars au 8 avril au Théâtre de Vanves.

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LEVER LE VOILE

Être nu, c’est être nous Mr Rohani ! Les occidentaux ont grandi avec le mythe d’Adam et Ève et ses représentations du corps, de la chair. C’est le pêché originel qui nous a couverts… de honte. Alors venez donc faire un tour au Tap, revisiter le jardin d’Éden, chez les pictaviens et pictaviennes, et vous émoustiller à la vue de ceux qui exultent, vibrent, se meuvent, et vivent un instant cet état de liberté retrouvée. Explorez les 69 positions de Mette Ingvartsen, parcourez la Tragédie d’Oliver Dubois, laissez vous surprendre par le sixième sens de Gaëlle Bourges, et succomber à l’Aphrodite remixée de Jean-Luc Verna and co…

À corps, du 31 mars au 8 avril au Tap, Poitiers.

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LIVE TECH

Bien loin des réunions geek, le festival Exit convoque les innovations technologiques les plus pointues pour disséquer l'humanité contemporaine. Le matériau se fait épidermique (Red de Selma Lepart), le robot émeut (Études humaines#1 de Patrick Tresset), l'ensemble nous retourne une image étonnante de vie (Distorsions de Pierre-Laurent Cassière). Pas de doute, ici, c'est le palpitant qui rassemble – autour d'un récit (Programme de Nicolas Lespagnol-Rizzi) ou d'un banquet (Beytna de Omar Rajeh, Hiroaki Umeda, Koen Augustijnen et Anani Dodji Sanouvi) – jusqu'à devenir matière, littéralement (Cône Pyramide de Jean Dupuy).

Exit, du 7 au 17 avril à la Mac, Créteil