© Yann Kebi, pour Mouvement
Reportages arts visuels

La face B de Naoshima

Paradis japonais de l'art contemporain

Le milliardaire Soichiro Fukutake avait un rêve : faire de l’île de Naoshima un Éden de l’art contemporain et « rendre le sourire aux vieux habitants » avec des sculptures de Niki de Saint Phalle. Tapis dans les dunes comme des bunkers, plusieurs musées aux collections impressionnantes attirent des centaines de milliers de touristes. Mais sur l’île de la contemplation, tout n’est pas si rose qu’il n’y paraît. Contre-visite d'un paradis annoncé.

Par Guillaume Loiret

 

 

« Oh chéri, regarde ! Il y a une œuvre là.

 Hum, non C’est un jardin d’enfants. »

 

À Naoshima, l’art contemporain déroute parfois l’amateur éclairé. Il faut dire qu’entre les musées camouflés, le land art en bord de mer et les œuvres in situ, il y a de quoi s’y perdre. Alors, pour être sûr, ce visiteur fait comme les autres : il déplie la carte touristique de l’îlot. À gauche, le port de Miyanoura ; de l’autre côté, celui de Honmura. Des pastilles et pointillés indiquent les zones d’intérêt : musée Tadao Andō, courge de Yayoi Kusama, bain public décoré par Shinro Ohtake, musée Chichū... Mais quelque chose cloche sur cette carte : le nord de l’île a tout simplement disparu. Et ce n’est pas la carte du Japon, où Naoshima n’est qu’une miette de 8 km2 au centre de l’archipel, qui nous apprendra ce qui s’y trouve.

 

L’île du philanthrope

Naoshima compte trois bourgs et 3000 habitants. Ici, le pays est ocre, vert et bleu. La terre sèche et le sable bordent la ligne côtière. Des pinèdes se jettent des falaises. Et tout autour, une mer aussi calme que le ciel est vaste. Face au jardin d’enfants, une dizaine de touristes quittent une large bâtisse en bois sombre. Une Japonaise d’âge respectable les regarde s’éloigner dans les ruelles de Honmura. « Oh non, je ne suis jamais entrée… C’est comment à l’intérieur ? »

À l’intérieur, c’est beau. Une pièce plongée dans le noir, dans laquelle l’œil distingue peu à peu une lumière étonnante. The Backside of the Moon (1999), de James Turrell, trône dans l’une des six anciennes demeures du centre-ville, réhabilitées pour accueillir des œuvres d’art. Cet Art House Project n’est qu’une partie d’un aménagement plus ambitieux, sinon mégalo, entamé il y a un quart de siècle : faire de Naoshima une île dédiée à la contemplation. Cette petite mamie ne connaît visiblement pas sa chance, mais chaque jour, en revenant de la supérette ou en trottinant vers le port, elle croise des bâtiments prestigieux et des œuvres de réputation mondiale. Comme beaucoup ici, elle se moque bien de savoir qui sont Tadao Andō et Walter De Maria. Mais tout de même : « Ça a bien changé en 25 ans. Avant, il n’y avait que l’usine, maintenant il y a les touristes. »

Il paraît qu’à Naoshima, on vit heureux depuis qu’un philanthrope s’est mis en tête d’y créer l’Éden. Soichiro Fukutake, héritier et patron du géant japonais de l’enseignement privé Benesse Holdings, détiendrait une fortune de 1,2 milliards de dollars. Mais il reste persuadé que l’argent ne fait pas le bonheur, et que le capitalisme doit être « conscient » : « Mon idée était de réaliser le paradis sur terre. Naoshima était un coin perdu, ce ne l’est plus. Je crois que j’ai trouvé la recette. Vous prenez un archipel dépeuplé, et vous ajoutez une pincée dart contemporain, qui redonne le sourire aux vieux. » Au début des années 1990, le mécène rachète une grande parcelle du sud de l’île, où il fait aménager un, puis deux, puis trois grands musées par une vedette de l’architecture mondiale, Tadao Andō. Une impressionnante collection vient s’y loger – Pollock, Basquiat, Warhol, Monet – à côté de pièces réalisées pour l’occasion par James Turrell ou Walter De Maria. Les visiteurs arrivent, Naoshima les accueille. Le projet, dit-on, revitalise une île vieillotte et offre un nouveau modèle de développement : le tourisme artistique. Bientôt, l’art contemporain gagne le bourg, puis les îles du voisinage. Le succès est indéniable. Le quotidien est sublimé. Les vieux retrouvent le sourire. Bref, c’est un miracle.

 

   

              

 

L’île du fric

Le paradis sur terre, certes, mais reste à savoir pour qui. Comme souvent au Japon, les bouches sont cousues et la politesse de rigueur. Mais, à demi-mots, chez beaucoup, un malaise transpire. Le nouveau Naoshima agace, le tourisme exaspère. Et il dérange, ce mécène qui rachète et colonise leur île. Cet Éden, beaucoup ne l’ont pas choisi.

« Ici, c’est le paradis du fric. Moi, je veux créer le chaos. » Ses bras sont tatoués, une partie de son crâne est rasée. So Komoto, 33 ans, aime bien se faire remarquer. En art aussi il aime la provoc’, Basquiat, Murakami, Abramović. Dans son atelier, le désordre règne : au sol, un tapis de saloperies, et aux murs, des toiles mal dégrossies aux couleurs criardes. So est un punk tranquille, un original pour le bourg paisible de Tsumuura – le seul de l’île à être épargné par le projet Fukutake. Ici, pas d’œuvre in situ ni de galerie. Les rues sont calmes. Mais le jeune peintre bouillonne. « Bien sûr, ils sont beaux ces musées. Mais l’effet pervers, c’est qu’ils ont creusé un fossé entre l’art et la population. Les locaux s’en moquent, pour eux, c’est juste un moyen comme un autre de faire du fric. »

Le fric, c’est vrai, a changé bien des choses depuis que Naoshima reçoit chaque année quelques centaines de milliers de touristes – 508 044 en 2017, prétend la Fondation Fukutake, mais le chiffre cumule les entrées et pourrait être divisé par trois. Il y a ces guest houses qui pullulent, ces cafés un peu design et chers, ces rues noires de monde. Il y a ces nouveaux bâtiments, comme l’embarcadère de tôle et de verre du port de Miyanoura (agence Sanaa, 2006) ou le centre communal flambant neuf qui jouxte la mairie (Hiroshi Sambuichi, 2017). Il y a ces deux beaux ferries mis en service récemment, leurs coques décorées des pastilles rouges de l’artiste Yayoi Kusama.

 

Le centre d’activités communales de Naoshima, construit par Hiroshi Sambuichi. Sa toiture, en cyprès, reproduit celle des anciennes minka ou villas rurales japonaises

 

Et il y a les winners, ceux qui vont dans le sens de la marche de l’île. Dans les pages de Naoshima Colors, feuille promotionnelle distribuée par la Fondation Fukutake, on tombe sur le portrait de Mitsuhiro et Nami. Les trentenaires ont de quoi sourire : ils ont quitté la capitale pour ouvrir ici une nouvelle auberge, et viennent d’avoir un enfant. La famille donne à voir la belle image du renouveau de Naoshima. S’ils ont pu s’intégrer, c’est grâce à l’aide d’une ancienne du quartier. On la surnomme Mum. Mum est née ici, son père travaillait pour Mitsubishi Materials. Mum est très positive. Elle adore l’art. Mais elle doit bien reconnaître que le projet Fukutake a été imposé plutôt que discuté. Seules deux œuvres sont « participatives », et aucun artisan local n’a été employé sur les nombreux chantiers. Qu’importe, Mum reste optimiste. Elle adore les touristes, et a même appris l’anglais pour communiquer avec eux.

Mais en général, visiteurs et autochtones se parlent peu. Dans ce nouveau Naoshima, les populations coexistent plus qu’elles ne vivent ensemble « Il y a les touristes, et ceux que le tourisme fait vivre – qui d’ailleurs sont rarement des locaux mais des gens de Tokyo. Il y a les petits vieux, qui ne comprennent rien à ce qu’est devenu leur île. Et puis il y a le vrai Naoshima, au nord, que tout le monde semble ignorer. Ma famille vient de là », continue le peintre So Komoto. Chez lui, on était ouvrier de père en fils. Il est le premier homme de la famille à ne pas gagner sa croûte à l’usine. L’art, voilà le nouveau filon.

 

« Les autorités ferment les yeux, la mafia leur graisse la patte : c’est l’un des plus gros scandales environnementaux de ces 30 dernières années au Japon. Les habitants devront se battre pour faire nettoyer l’île. »

 

                  

L’île-prison

Sur un cliché aux couleurs passées, deux hommes prennent la pause. Ils portent ces costumes cintrés du milieu des années 1980 et des lunettes aux verres fumés. À droite, l’homme en bleu marine désigne du doigt quelque chose hors cadre. C’est le maire de Naoshima, Chikatsugu Miyake. À gauche, en gris clair, Tetsuhiko Fukutake, le père du mécène, tient une carte et regarde la direction que le premier lui indique. On devine l’ambition, voilà deux visionnaires. Clic-clac.

33 ans plus tard, au même endroit, la vue a un peu changé. Cette plage du sud de l’île est devenue l’épicentre du royaume Fukutake à Naoshima. Posée à l’extrémité d’un ponton en pierre, la grosse courge jaune et noire de Yayoi Kusama (Pumkin, 1996) en est le symbole. La grève est étroite, mais belle. Derrière, une pelouse accueille des œuvres de Niki de Saint Phalle, et un hôtel luxueux dont les fenêtres observent des pins gracieux et une mer d’huile. Camouflé dans la végétation, le Benesse House, ouvert en 1992, est le premier musée du projet. On y voit des néons de Bruce Nauman, la série des panoramas marins de Hiroshi Sugimoto, une piscine de David Hockney. Le ticket est à 1000 yens (7,5 euros), comme pour la plupart des musées de Naoshima, mais les résidents y entrent gratuitement. Certains visiteurs resteront pour dîner dans une petite pièce ornée de Flowers de Warhol. C’est très chic.

 

Au-delà du rivage, un petit Mont Fuji surgit au milieu d’une mer scintillante : l’île d’Ogijima

 

En redescendant, on tombe sur un abri antiatomique qui contient deux immenses cylindres de marbre réalisés par Walter De Maria (Seen/Unseen Known/Unknown, 2010). Puis une autre plage, puis un autre musée. Sur un autre cliché, un homme oriente son tuyau d’arrosage vers un bloc de granit, face à une plaque d’un métal sombre. Le jardinier prend soin d’une œuvre (Relatum – Dialogue, 2010) posée sur une pelouse face au musée Lee Ufan (2010), forteresse de béton acculée contre une butte luxuriante. On dit que c’est l’un des rares habitants embauchés par la fondation, laquelle a préféré faire venir ses troupes de lextérieur. On dit aussi que cest tant mieux, vu les conditions de travail des employés des musées.

À la fois médiateurs et matons, égrenant les interdits dune voix monocorde, tous portent l’uniforme Fukutake : tunique gris clair, sweat blanc orné d’un carré gris, oreillette. Associée à la brutalité du béton du musée Chichū, ces tenues donnent à la visite un air de parloir de prison. Fleuron du projet de Naoshima, ce bunker souterrain est aussi le plus visité, 160 000 personnes en 2017 malgré un ticket d’entrée à 2000 yens (15 euros) pour trois salles seulement. On raconte que Soichiro Fukutake aurait bâti cette forteresse spécialement pour un Nymphéa de Monet – l’œuvre la plus courue de Naoshima et la plus chère de la collection du mécène – montré dans une pièce aux airs de chambre mortuaire high-tech. Devant l’entrée du Chichū (« souterrain », en japonais), une jeune femme souhaite la bienvenue, déchire les tickets. C’est le matin, il fait frais. Elle ne s’étendra pas sur les conditions de travail ici, mais oui, ses collègues et elle logent en dortoir. Ces jeunes forçats de l’art contemporain sont étudiants, les contrats sont courts et les salaires faibles. Personne ne reste plus de trois ans.

 

L’île-usine

Voilà plus de trois siècles que les Oomiyake sont installés à Naoshima. Cette ancienne famille de samouraïs a donné à l’île des gouverneurs militaires à l’époque d’Edo (XVIe-XIXe siècles), puis des maires, et aujourd’hui Shigehisa, un homme critique à l’humour caustique : « Fukutake dit qu’il a fait tout ça pour les gens de Naoshima… Quelle hypocrisie ! On n’aime pas vraiment cette nouvelle île, vous savez. Mais personne ne vous le dira... Si, moi ! »  Il se marre et vide son verre. Shigehisa Oomiyake a été diplomate pendant trente-cinq ans en Afrique francophone, puis est revenu dans le domaine de ses ancêtres, en 2006, pour en faire un minshuku (logement chez l’habitant). Si le mécène Fukutake déteste parler dargent, lui trouve dans ce silence bien des explications : avec son statut dérogatoire, la fondation ne paie pas d’impôts à Naoshima. Le paradis sur terre est aussi fiscal. D’ailleurs, le milliardaire vit depuis dix ans en Nouvelle-Zélande avec son épouse et son héritier, une terre accueillante où les droits de succession n’existent pas. Le clan y a monté un grand nombre de trusts et entretient les meilleures relations avec les autorités politiques. Pas d’impôts, donc, mais des plus-values : la renommée de Naoshima fait grimper la valeur de la collection Fukutake, la philanthropie redore le blason de la maison mère Benesse Holdings, et les produits dérivés partent comme des petits pains. Shigehisa Oomiyake sourit. « À part à ceux qui ont vendu des terres ou qui ont monté des petits business, le projet Fukutake ne bénéficie à personne. » Il vide un autre verre et évoque des pots-de-vin versés à l’ancien maire pour faciliter les choses. « Et puis ici, on n’avait pas besoin de Fukutake pour vivre ! »

 

L’âge moyen à Naoshima est de 50 ans et continue de reculer

 

L’île, effectivement, avait déjà un mécène, un gros bonnet, richissime. Il est toujours là, au nord, dans un décor lunaire d’où dépassent cheminées et terrils. D’épaisses structures tubulaires rouges et blanches masquent la vue, des fumées s’envolent. Bienvenue dans ce vaste complexe industriel vieux d’un siècle, qui a fait la fortune de Naoshima. En 1918, Mitsubishi Materials rachète 250 hectares de terrain pour y installer une raffinerie de cuivre. Les habitants délaissent l’agriculture et la pêche pour se tourner vers l’usine. L’activité est gravement polluante et détruit la quasi-totalité de la végétation environnante. Mais c’est lucratif, et Mitsubishi est devenu le premier employeur de l’île. On y retrouve un aristo, le père de Shigehisa Oomiyake, ancien vice-président, mais surtout des prolos : les hommes de la famille Komoto, le père de Mum, les amis, les maris, les passants. Tous ces ouvriers que les touristes croisent sur le ferry travaillent pour Mitsubishi. Le voilà donc, le non-lieu de la carte touristique. Naoshima se rêve en île-musée, mais son destin reste celui d’une île-usine. « C’est cette activité qui nous fait vivre », confirme le maire, M. Hamanaka. Mitsubishi apporte à lîle lessentiel de ses impôts locaux et 99 % de son PIB. Voilà pour le mythe de la renaissance. « Fukutake ne génère pas vraiment de profits pour la municipalité, et les emplois créés ne sont pas stables. Ce qui a vraiment changé, c’est la réputation de Naoshima. Aujourd’hui, le nom de mon île est entendu à travers le monde, et ce nest pas rien. » Aux élections qui auront lieu deux jours plus tard, il lui manquera 70 voix pour être réélu. Pour le moment, monsieur le maire est encore en campagne. « La population baisse moins qu’ailleurs, mais baisse quand même. Ça, les musées n’y ont rien changé. Si on n’attire pas d’habitants ici, la population aura chuté de moitié en 2060. »

Ce serait compter sans les hommes du Nord, que l’on rencontre attablés au restaurant de nouilles râmen de Tsumuura. Ils sont trois, en jogging, et parlent un patois sec. Ils sont déjà complètement ivres. Les blagues fusent, les questions sur Fukutake n’intéressent guère. « L’art j’y comprends rien, les musées j’y suis allé mais je n’irai plus. Ma culture à moi, c’est le vélo. »  Tous les trois travaillent pour des sous-traitants de Mitsubishi, tous les trois sont célibataires. De temps en temps, ils prennent le bac pour Takamatsu, dépensent leur virement mensuel au bordel, « mais les Japonaises sont plus chères que les Chinoises. » Derrière les peaux tannées et les bouteilles de bière, leur récit a des accents désabusés. Ce qui les amuse, c’est que leur entreprise produira peut-être les médailles des J.O. de Tokyo 2020. Car l’usine marche fichtrement bien, assez pour être devenue la principale raffinerie de métaux précieux de Mitsubishi au Japon. L’enseigne vient d’annoncer 60 millions d’euros d’investissements dans le site.

 

L’île-poubelle

Le militant environnementaliste Toru Ishii s’amuse de la bonne santé économique de l’usine.  « Les déchets de Teshima ont sauvé l’activité de Mitsubishi. » Deux fois plus grande et quatre fois moins peuplée, cette île voisine de Naoshima était une poubelle à ciel ouvert. Entre 1978 et 1990, près d’un million de tonnes de déchets industriels sont déposés sur ses plages. Les autorités ferment les yeux, la mafia leur graisse la patte : c’est le plus gros scandale environnemental de ces 30 dernières années au Japon. Les habitants devront se battre pour faire reconnaître le désastre et nettoyer l’île. Toru Ishii a fait partie de ces têtus, jusqu’au jour où il a vu les boues toxiques finalement chargées sur des barges, direction : la raffinerie de Naoshima, où elles seront traitées pour être incorporées dans du béton.

 

Rica et Toru Ishii. Elle, est revenue à Teshima pour y ouvrir un restaurant. Militant environnementaliste, il a longtemps lutté pour faire évacuer les déchets toxiques de son île.

 

Cette île en forme de cœur, aux maisons abandonnées et aux parcelles en jachère, la Fondation Fukutake en a fait depuis 2010 une annexe du paradis voisin. Le programme est identique, avec ses bâtisses réhabilitées – l’une accueille un musée consacré à l’illustrateur pop Tadanori Yokoo –, deux installations de Christian Boltanski (La Forêt des murmures et Les Archives du cœur), et surtout cet ovni esthétique et magnétique, le Teshima Museum, conçu pour une œuvre unique : Matrix, de Rei Naito (2010). La structure ressemble à une goutte de lait posée sur un dénivelé qui dégringole dans la mer, tandis qu’à côté, le mécène a fait réaménager des rizières en terrasse. L’image est belle. Mais comme pour beaucoup à Teshima, l’art contemporain laisse l’écologiste Toru Ishii mi-figue, mi-raisin. Tout cela est bien beau, mais le beau ne garantira pas l’avenir économique et démographique de son île. « La Triennale d’art contemporain organisée depuis 2010 attire une foule immense, et ensuite tout se vide à nouveau, sans bénéfice réel. »  Cela dépend pour qui : à proximité du port dIeura, deux hôtels de charme viennent d’ouvrir. La nuit est à 350 euros, on vise une clientèle haut de gamme. Tous deux appartiennent à Mitsuko Fukutake, la petite sœur de l’homme qui redonne le sourire aux vieux.

 

Texte et photos : Guillaume Loiret

Illustration : Yann Kebbi