 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
ENTRETIEN
L'interprétation, l'histoire et les nouvelles technologies
Foofwa d'Imobilité s'explique sur son œuvre
Foofwa D'IMOBILITÉ / Merce CUNNINGHAM
date de publication : 14/03/2011 // 5737 signes
Alors que Mathilde Monnier met Foofwa d'Imobilité en scène dans Un Américain à Paris et que son calendrier cumule de nombreuses occasions de voir son travail en France, l’ancien danseur de Cunningham s'explique ici sur les trois axes qui définissent ses recherches.
Foofwa d'Imobilité. Etilibomi awfoof. Fou ! Foi ! Dis mobilité, et raconte donc une danse ? Foofoisonnant. Foofwalambiqué. Foofwà fond, et à suivre, aussi.
Collants roses et triple tours en l'air. Prix de Lausanne en 1987, soliste au Stuttgart Ballet de 1987 à 1990. Académique et triplettes énergiques. New York Bessie Award en 1995. Chez Cunningham de 1991 à 1998. Depuis, explorations chorégraphiques et retour au bercail genevois. Prix Suisse pour la danse et la chorégraphie en 2006.
Danseur virtuose, donc, au corps chargé d'une histoire du mouvement intense et rigoureuse. Puis chorégraphe qui s'amuse et décline une danse loin des protocoles académiques de sa carrière d'interprète. Une danse avec Foofwa ça peut aussi bien être un marathon du rire en costume bariolé sur 15 kilomètres (Kilometrix.dancerun.4), un hommage multiple comique qui mélange les influences (Pina Jackson in Mercememoriam) ou un solo qui s'attaque au syndrome de Tourette et à la maladie neurologique Chorea (Chore).
INTERPRETATION « Je conçois l'interprète comme un serviteur tout-puissant. L'interprète "est au service", pas forcément d'un chorégraphe ou d'une idée mais du chorégraphique, au service d'une atmosphère. Et en même temps, la chorégraphie, ou le texte, c'est l'histoire d'une absence tant qu'elle n'est pas actée : dansée, ou lue. C'est l'interprète qui incarne et met en vie, il y a cette toute-puissance du moment. Interpréter c'est une notion d'équilibriste, entre être au service, et être tout puissant. Par exemple être danseur chez Cunningham contient une notion fondamentale : finir la phrase. La chorégraphie est si difficile physiquement que toute la concentration se porte sur "pouvoir le faire". Merce n'indiquait jamais de qualité à suivre (doux, brutal, enjoué, etc.) et en ce sens les danseurs bénéficient d'une très grande liberté mais la consigne chorégraphique, la seule finalement, c'était l'exécution complète de la matière dans la clarté du mouvement. En tant que chorégraphe maintenant j'expérimente autour de cette notion d'interprétation : qu'est-ce que c'est que cette vie que tu donnes, jusqu'où va la liberté d'incarnation ? Comment donner une vie très particulière à cet instant-là et à cette personnalité-là, tout en respectant le cadre et la structure de la chorégraphie ? Comment arriver à paramétrer un état de transparence ?
MEMOIRE / HISTOIRE « L'histoire de la danse me fascine, et je porte ce patrimoine, en quelque sorte. Ma mère la danseuse étoile Beatriz Consuelo m'a enseigné la danse classique, puis je me suis dirigé vers la modern dance et maintenant je fais la danse contemporaine. J'ai interprété différentes choses à travers différents siècles, du plus vieux au plus contemporain. S'intéresser à l'histoire de la danse n'est pas une démarche nostalgique mais un respect du patrimoine, et connaître cette histoire ou l'avoir un peu traversé c'est finalement très libérateur pour créer, ça permet de faire des rebonds du passé au présent. Je voudrais oeuvrer dans la transmission de cet héritage, et en ce moment par exemple je donne les Histoires Condansées en Suisse, ce sont des conférences qui utilisent la danse et le théâtre, un peu comme un one man show, très perméable au public. En une heure j'aborde l'histoire de la danse au XXe siècle autour d'un chorégraphe particulier, comme Duncan ou Graham. Les écritures de l'histoire en danse, c'est-à-dire les problématiques de conservations et d'archivages, sont très épineuses. Les décisions internes aux compagnies qui sont prises juste avant le décès de grands chorégraphes comme Béjart, Duboc ou Cunningham, vont déterminer ce qui perdurera ; et pourtant c'est un problème qui concerne la société. Lorsque des oeuvres chorégraphiques sont créées elles échappent à leur auteur et ne leur appartiennent plus, la société s'en empare avec les critiques dans les médias, les réactions du public ; je ne suis pas sûr que le testament d'un chorégraphe doivent primer quitte à priver la société de la diffusion d'oeuvres chorégraphiques. Il faudrait vraiment imaginer un fond européen pour le patrimoine en danse, pour ne pas que les danses meurent avec les chorégraphes qui les ont instiguées. Dans mon travail de chorégraphe je me réapproprie librement certains vocabulaires de danse, pour moi c'est du domaine public comme une citation dans un texte et à moins de prétendre "faire du Pina Bausch", ce qui n'est pas mon cas, je trouve que la question du copyright n'a pas lieu d'être en danse.
NOUVELLES TECHNOLOGIES « Depuis 2007 j'ai lancé la Télépédagogia, des cours et des ateliers que je donne à des étudiants en danse à distance, avec une webcam. Ca ne remplace pas un enseignement en personne mais ça transforme les conditions d'apprentissage et pour moi et pour les jeunes danseurs : la distance impose aux élèves d'êtres plus autonomes, ils doivent plus se prendre en charge. Internet ouvre toutes ces possibilités d'être à plusieurs endroits à la fois et ce système de cours à distance, s'il est expérimental, offre de nouvelles configurations d'échange en danse aussi. »
> Dialogue - création de circonstance en réponse aux lumières d'Yves Godin, le 18 mars au Festival Etrange Cargo à la Ménagerie de Verre. > Télépédagogia, du 26 avril au 6 mai, ateliers par Internet entre le CND-Rennes et le CND-Paris. > Installation Merce-Art-Forever, exposition vidéographique et documentaire autour de Merce Cunningham, du 26 avril au 28 mai, de 9h à 19h en accès libre au CND-Paris. > Pina Jackson in Mercemoriam, solo dans le cadre du Festival La danse, l'humour, le burlesque, du 27 au 29 avril au CND-Pantin.
Crédits photos : Une : The Making of Spectacles, Audience interaction © Vincensini Article : Musings, Foofwa dit Mobilité © Gregory Batardon
Léa LESCURE |
 |
 |
 |

Le site de Foofwa d'Imobilité
|
|
|
 |
 |
|
 |
|
 |
 |
 |
|
 |
PORTRAIT Merci Merce (et après)
source : Les éditions du mouvement // date de publication : 10/12/2009 // 8624 signes
Merce Cunningham, auquel plusieurs de ses proches rendent ici hommage, avait initié au printemps 2009 le Living Legacy Plan, organisant la dissolution de sa compagnie et la transmission d’un répertoire inestimable. Sa disparition, le 26 juillet, pose la question du statut de l’œuvre en danse.
lire la suite |
 |
 |
|
 |
BRÈVE / NOTICE Le corps mutant
Foofwa D'IMOBILITÉ
source : Les éditions du mouvement // date de publication : 17/04/2003 // 3503 signes
Encore une fois, Marseille Objectif danse a permis aux marseillais de découvrir un OVNI de la danse, Media vice versa de Foofwa d'imobilité. Une démarche qui, bien au-delà d'un simple positionnement esthétique, interroge le corps contemporain en tant que producteur de sens et de pensée.
lire la suite |
 |
 |
|
 |
Par où la danse ?
Merce CUNNINGHAM
source : Les éditions du mouvement // date de publication : 06/03/2003 // 9012 signes
Le soleil cunninghamien s'obstine à briller sur Créteil, quand le gris se répand sur les Presqu'îles de danse. La question n'étant pas : danse ou non danse. Mais, par où la danse ?
lire la suite |
 |
 |
|
 |
BRÈVE / NOTICE La musique, la vidéo, la danse et réciproquement
Foofwa D'IMOBILITÉ / Christian MARCLAY
source : Les éditions du mouvement // date de publication : 25/01/2002 // 3252 signes
Tous trois posent un regard clairvoyant sur le monde. Tous trois ont grandi à Genève où ils ont gardé de solides liens. Tous trois vivent aujourd'hui à New York. Christian Marclay, Nicolas Rieben et Foofwa d'Imobilité présentent «Media Vice Versa».
lire la suite |
 |
 |
|
 |
BRÈVE / NOTICE Foofwa d'imobilité, Thomas Hauert et Myriam Gourfink
Foofwa D'IMOBILITÉ / Myriam GOURFINK / Thomas HAUERT
source : Les éditions du mouvement // date de publication : 01/01/2001 // 4091 signes
Dans ce premier programme présenté le 17 janvier, Foofwa d'imobilité, Thomas Hauert et Myriam Gourfink déclinent dans des genres très différents le rapport du corps au réel et à sa propre présence.
lire la suite |
 |
 |
|
 |
BRÈVE / NOTICE Perspectives croisées
source : Les éditions du mouvement // date de publication : 01/06/1999 // 11308 signes
A Ajaccio, la 5e édition de Studio Vidéo Danse accueillait de jeunes chorégraphes qui explorent la lisière de la danse. En contrepoint du festival, l'exposition «Life/Forms (vita/ formae)» réunissait au Musée Fesch, des oeuvres de chorégraphes confirmés.
lire la suite |
 |
 |
|
 |
TEXTE D'ANALYSE La pure expérience de l'instant
Merce CUNNINGHAM
source : Les éditions du mouvement // date de publication : 01/06/1998 // 7675 signes
Sans lui la modernité aurait moins de charme. Chorégraphe inventeur, Merce Cunningham incarne un très large territoire de la danse du XXè siècle, ouverte à un dialogue constant avec d'autres disciplines artistiques et éprise de liberté.
lire la suite |
 |
 |
|
|
|
 |
|
|
|
 |
|
 |
|
 |
 |
Gagnez des invitations pour les festivals Côté Cour à Pantin, Extension en région parisienne, Les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, Danse en mai aux Treize Arches de Brive, Les Musiques à Marseille organisé par le GMEM ainsi que Nouvelles à Strasbourg et Sonore à Brest. Au Manège de Reims, le week-end sera WAOUH. A La Gaîté Lyrique, suivez le cycle consacré à Myriam Gourfink. Et toujours, Musique Action près de Nancy au Centre André Malraux.
VOIR LES OFFRES EN DETAIL |
 |
 |
|
 |
|
|
 |
|
 |
|
 |
|
|