Maria Monero © Susana Girón

Arte flamenco

Arte flamenco à Mont-de-Marsan, est le plus grand festival d’art andalou hors des frontières espagnoles. Cette année, avec une micro-scène démontable et itinérante, le Trimotor, le festival débarque dans les rues et renoue avec la tradition populaire de la Commedia dell’arte.

Par Nicolas Villodre publié le 15 juil. 2019

 

Picasso et Calder avaient jadis conçu, l’un, une corrida miniature, l’autre, un petit cirque - mis en images dans moyen métrage de Carlos Vilardebó en 1961. Le premier, avec de la ficelle et du papier, déclinait la tauromachie pour amuser sa progéniture ; le deuxième expérimentait des effets cinétiques avec peu de moyens et un incontestable sens poétique. Arte flamenco, cette année, semble répondre à ces histoires-là. Le festival a fait venir de Murcie en Espagne une autre scène qui renoue avec la tradition de la Commedia dell’arte.

Le concept de petit théâtre trottait depuis des années dans la tête du sculpteur Fernando Rodalva. Au début de la décennie, il animait déjà un micro-théâtre au sein du marché Triana de Séville avec des textes de Shakespeare ou d’auteurs du XXe siècle. Aujourd’hui, son Trimotor produit avec l’aide de deux musiciens de la Casa del Teatro à Séville, est un triporteur inspiré du motocarro des Italiens Enrico Piaggio et Corradino D'Ascanio. Un engin fabriqué en 1948 qui détournait un scooter Vespa en petite fourgonnette pouvant se faufiler dans le trafic le plus dense et livrer toutes sortes de marchandises dans les ruelles les plus étroites.

 

Le Trimotor p. Arte Flamenco

 

Nous avons découvert le Trimotor place Charles-de-Gaulle à Mont-de-Marsan, sous les pieds de l’intense et très talentueuse danseuse Lucia dite « La Piñona », accompagnée du guitariste Eugenio Iglesias, du percussionniste Pedro Navarro et du chanteur Jonatan Reyes. Dans la partie ombragée du pavement surchauffé, les spectateurs étaient debout ou assis sur des coussins recouverts de velours rouge, comme ceux des rideaux du théâtre et moins vifs que ceux de la robe à volants de la bailaora. Une autre danseuse invitée à se produire sur la plus petite scène flamenco du monde, Ángeles Gabaldón, parle elle de cet éphémère piédestal qui autorise, littéralement, « l’élévation de l’artiste et la création de son monde avec facilité ».

 

> Arte Flamenco a eu lieu du 2 au 6 juillet à Mont-de-Marsan