<i>Bacalaureat</i> de Cristian Mungiu Bacalaureat de Cristian Mungiu © D. R.
Critiques cinéma

Bacalaureat

Cannes 2016 (8/15)

Le film de Christian Mungiu, machinalement primé par le jury cannois, même s’il est peu exaltant et fait une demi-heure de trop, est loin d’être inintéressant. Il a pour avantage de montrer le désenchantement d’une bonne partie de la population qui avait soutenu ou vu d’un bon œil la « révolution roumaine », suite à la Chute du mur de Berlin et à la fin de la dictature communiste personnalisée par les Ceaucescu. 

Par Nicolas Villodre publié le 27 mai 2016

Le héros, un chirurgien (nombre de protagonistes principaux ont le diplôme de docteur en médecine dans la sélection officielle cannoise, cette année !) exerçant à l’hôpital d’une petite ville de Transylvanie, souhaiterait une meilleure situation pour sa fille que celle de son épouse, simple bibliothécaire municipale malgré tous ses diplômes. Pour lui, l’avenir radieux de sa progéniture passe par des études dans une université en Grande Bretagne. Il faut, pour cela, que l’élève obtienne une excellente moyenne au bac...

À partir d’un sujet aussi ténu, Mungiu réussit à dépeindre la vie quotidienne de la moyenne bourgeoisie provinciale. Et les déceptions, compromissions et contradictions qui travaillent la société roumaine. Pour pimenter le quotidien, le médecin a une maîtresse, une jeune mère célibataire qui se soucie de son côté de l’avenir de son enfant, à qui elle veut faire prendre... des cours d’anglais. La lycéenne, victime d’une agression au moment crucial où elle doit passer son examen, hésite et doute de l’utilité de l’épreuve mais aussi d’elle-même, tout comme sa mère.

Les stratagèmes imaginés alors par le père montrent les moyens légaux et, surtout, illégaux de parvenir à ces fins. La corruption politique commence par de petits dérapages et il est cocasse de constater la disproportion entre le but recherché et les moyens utilisés à cet effet !

 

 Bacalaureat de Cristian Mungiu, sortie française non annoncée.