<i> W.A.V.E.</i> de Su Wen Shi W.A.V.E. de Su Wen Shi © Hsu Ping.

Focus Taïwan

À l’occasion du Cabaret de curiosités, la scène nationale de Valenciennes présentait un focus Taiwan, dans le cadre du programme de coopération Kaidong (« Bon appétit »).

Par Audrey Chazelle publié le 29 mars 2018

Les meilleurs ambassadeurs de tout projet de coopération international sont les artistes eux-mêmes. C’est dans la salle intimiste des pédagogies du Phénix que le parcours commence avec Sponge, une performance de  Yu-Ju Lin, dont le langage introspectif prend forme dans l’obscurité. Le corps drapé dans une magnifique robe fluide et nude, la danseuse apprivoise la projection de ses sensations intérieures vite éclipsée par un recours au figuratif. Comme tiraillée entre deux qualités expressives, entre deux modes de communication, la chorégraphe fini par nous perdre dans les méandres de ses intentions.

C’est ensuite à l’Espace Pasolini que le chorégraphe River Lin invite les spectateurs à créer un cercle, assis sur le sol en bêton, pour accueillir Wen-Chung Lin, le danseur de 20 minutes for the 20th century (but Asian). Petit clin d’œil adressé à Boris Charmatz – qui a traversé l’histoire de la danse contemporaine occidentale en tant qu’interprète (Sans Titre (2000) de Tino Sehgal) ou en chorégraphiant 20 danseurs pour le XXe siècle, pour l’Opéra de Paris – la performance est un panel de chorégraphies identifiables. De la danse classique aux postures yogiques en passant par la danse contemporaine, ou encore traditionnelle, l’exécution de quelques mouvements de base fait immédiatement référence à un style déterminé. Le parcours se fait une fois en costume noir et blanc, puis une nouvelle fois en nu intégral. Notre regard porté sur le danseur change-t-il alors ? Le contact, visuel ou charnel, qu’il créé avec les spectateurs est-il différent ?

Le focus s’achève avec W.A.V.E de Su Wen-Chi, spectacle pour une danseuse et 81 lumières.Motorisées et équipées d’un petit haut-parleur, ces LED renversent les perspectives de l’espace scénique en même temps que celles du spectacle vivant. L’intégration de cette technologie délivre une performance programmée où ce n’est plus le corps qui mène la danse mais bien la scénographie elle-même.

 

> Le focus Taiwan a eu lieu du 15 au  17 mars au Phénix, Valenciennes