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12/02 > 06/03/2010 - THÉÂTRE JACQUES BREL
La vertu aux deux visages
La Compagnie au Coin du Cercle à Champs-sur-Marne, Givet et Bordeaux
Mis en scène par Maxime Franzetti, Est-ce ainsi que les Hommes s’aiment… ? interroge le mince écart compris entre la quête d’amour, qui anime tout être humain, et la mise en jeu du pouvoir qui lui donne forme. Le troisième spectacle de La Compagnie au Coin du Cercle sera présenté le 12 à Champs-sur-Marne et 19 février, au Manège à Givet.
L’amour est un territoire où cohabitent, en permanence, les émotions les plus profondes avec les intérêts les plus sordides : l’individu s’essaie à transformer l’autre sans pour autant négocier sa propre nature, il est à la fois affirmé et nié, maître et esclave. S’inspirant de l’essai de Jean de La Bruyère intitulé De l’Homme, Maxime Franzetti propose une pièce explorant cette soif intarissable d’amour et de sens, qui caractérise l’être humain, depuis l’amour de soi jusqu’à l’amour de l’autre, en passant bien évidemment par l’amour de Dieu.
Influencée principalement par le théâtre de l’orient, La Compagnie au Coin du Cercle développe un travail de recherche au sein duquel l’analyse du mouvement et son écriture font figure de clefs de voûte. Maxime Franzetti, metteur en scène et dramaturge, explique ainsi être dans une recherche du « dire par le corps », tentant de raconter l’existence « d’une manière épique, en utilisant tous les éléments métaphoriques possibles et une esthétique théâtrale dont les formes rendent un véritable plaisir du théâtre ». Ayant joué dans Roberto Zucco de Koltès, mis en scène par Philippe Calvario, ou encore Enrico V de Shakespeare, mis en scène par Pippo Delbono, il crée le Laboratoire de Formation au Théâtre Physique et se consacre entièrement à la recherche d’un théâtre organique. Depuis le texte jusqu’au maquillage, en passant par le costume, le décor et les acteurs, La Compagnie au Coin du Cercle affirme en effet sa volonté d’accorder l’ensemble des dimensions théâtrales sur un même niveau. Ainsi qu’Antonin Artaud a pu le suggérer, la dimension textuelle ne doit pas dominer les autres.
Construite selon une narration non linéaire, Est-ce ainsi que les Hommes s’aiment…? est une pièce s’articulant autour des trois figures : l’homme, la femme et la croyance. C’est au carrefour de ces trois personnages principaux que la quête bestiale de l’amour, et du pouvoir qui l’accompagne, voit le jour : une lutte sans issue pour ne pas chuter. Les matériaux utilisés pour traiter ce thème et les problématiques qui s’y rattachent sont issus de chacun des 11 comédiens-danseurs, extraits par le biais d’exercices d’improvisation. Cette méthode de communication et de réflexion partagée, qui n’est pas sans évoquer le travail de Pina Bausch, est ainsi mise au service d’une vision du théâtre comme acte collectif, entre essence et singularité (« Nous sommes une troupe de théâtre avec pour ambition de le rester (…) »).
Cherchant plus à esquisser un paysage qu’à dénoncer l’un des nombreux aspects de la condition humaine, La Compagnie au Coin du Cercle entend multiplier les personnages et les visages en présence, depuis les comédiens jusqu’à la musique. Il ne s’agit pas tant d’illustrer le propos que d’amener une création organique, entre empathie et cruauté, l’amour agissant comme principe de création et destruction à la fois.
Est-ce ainsi que les Hommes s’aiment…? , La compagnie au coin du cercle, le 12 février à la Salle Jacques Brel, Champs-sur-Marne, et le 19 février au Manège, Givet, puis le 5 mars à Bordeaux, Léognan.
Photos : Maxime Franzetti.
Anthoni DOMINGUEZ |
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