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20/06 > 27/06/2010 - PARIS
A bruits et à penser
Le festival Mal au Pixel s’implante dans le XIe arrondissement de Paris

Difficile de s’y retrouver tant la programmation est dense et éclatée en différents modules : performances, installations, rencontres publiques et concert. Pourtant, s’il ne développe pas de thématique précise, Mal au Pixel, suit un fil rouge constant : l’open source et la création numérique inventive. Une édition qui trouve cette année son centre dans le XIe arrondissement de Paris.

Place au DIY (Do It Yourself) : voilà ce qu’entend rendre visible (et faire jouer) pendant toute la durée du festival, Mathieu Marguerin, son directeur artistique. Pour sa cinquième édition, Mal au Pixel ne développe pas de thématique précise, mais suit son fil rouge établi au cours des printemps précédents : l’open source, la création numérique et ses hybridations à travers les questions environnementales. Un accent particulier est mis cette année autour des pays émergents. Le festival qui vient du Nord – Mal au pixel n’est autre qu’une déclinaison française de Pixelache, festival initié en 2002 à Helsinki – migre vers le Sud avec les présentations du travail vidéo des deux Indiens, Ashok Sukumaran et Shaina Anand, ainsi qu’avec Simulen, la dernière création de Jean Katambayi Mukendi (Rdc Congo), repérée lors d’Afropixel – petit-frère né à Dakar cette fois-ci – et qui met en jeu avec du carton les disfonctionnements liés aux réseaux électriques.

Place à l’émergence ! « Le but de ce festival n’est pas de montrer le fin du fin, mais des processus en cours et de les tirer vers le haut », déclare Mathieu Marguerin. De l’improbable, de l’inédit : l’inventivité – pour ne pas dire excentricité – est le maître-mot, le dénominateur commun de tous les artistes présents. Du côté des installations à la Nuit d’Encre, Yuri Suzuki (à la fois DJ, producteur de musique et plasticien) qui aime à triturer les vinyles pour créer des nouvelles sonorités, propose un studio d’enregistrement amateur avec groupes locaux et sacs plastiques recyclés. A Ars Longa et jusqu’au 16 juillet (l’installation se prolonge au-delà du temps festivalier), le trio composé de Gaël Angelis, Julien Sirjacq et Magali Sanheira (les Circlemakers) s’aventurent sur le sentier sonore de la cartographie urbaine. L’édition papier de la carte est associée à une scénographie plastique et sonore. Du côté des performances, le spectateur sera impliqué que ce soit avec Wireless de Yann Leguay (à la Galerie Eof) qui rend audible l’invisibilité du champ électromagnétique ou qu’il s’agisse de la production du Canadien Thomas Bégin (à La Générale) qui combine avec ingéniosité lumière, sculpture, architecture et son.

De l’érudition, de l’hors norme artistique. Mais il ne faut pas s’y tromper. Le festival est bien placé sous le signe de l’open source. Imaginer des solutions improbables, oui, mais trouver des solutions techniques pour le rendre efficient en revenant à des formes élémentaires, c’est là tout le propos. « On souhaite, à travers cette manifestation, insuffler l’idée que l’on peut être libre face à ses propres besoins et que les technologies peuvent être appropriées », rappelle le directeur. En témoigne le jeu participatif du collectif finlandais Ykon (fervents défenseurs des micronations) ou le collectif Re:farm qui développe des outils pour le jardinage urbain faisant intervenir hygromètre, thermomètre et capteur de lumière. Pour soutenir et accompagner les processus créatifs, le festival se clôture par deux journées de réflexion au CentQuatre, les 26 et 27 juin, autour des Hack/fab/media/alt labs et de l’écosophie.

Multiforme, le festival propose également une soirée festive à La Java : la dokidoki party, le 24 juin. Seront au rendez-vous Marc Nostromo (de la scène musicale appelée 8 bits) qui crée du son électronique aux tonalités enfantines à partir de sa console de jeu vidéo pour un résultat sautillant, Scorpion Violente et son électro brutaliste, ou encore Hypercut et Ogoun ferraille, duo belge farfelu, manipulateur d’électrosonances.

Ecouter, danser, observer, s’impliquer, penser : le festival Mal au Pixel attaque la perception et ouvre les chemins des bruits expérimentaux dans une multitude de rencontres possibles.


> Mal au Pixel, du 20 au 27 juin à Paris.



Crédits photo :
Une : Yann Leguay, Wireless, © Yann Leguay.
Article : Vincent Epplay, © Vincent Epplay.

Charlotte Imbault
en bref
A bruits et à penser
20/06 > 27/06/2010

PARIS

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source : Les éditions du mouvement // date de publication : 03/04/2007 // 12777 signes
Branche francilienne d'un réseau international, Mal au Pixel s'attache, pour sa deuxième édition, à confronter culture électronique et fonctionnement démocratique, via une saine alternance entre concerts, conférences, installations et autres performances.
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