 |
 |
 |
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
04/12 > 20/12/2010 - L'ECHANGEUR
Traversée initiatique
Divine Party, d’Alexis Forestier
Alexis FORESTIER
A l’Echangeur de Bagnolet, jusqu’au 20 décembre, Alexis Forestier et ses acolytes des Endimanchés font ritournelle de la Divine Comédie de Dante.
Au générique, parmi les coproducteurs, pas le moindre Centre dramatique, pas le moindre festival, et une seule scène nationale, le Grand R à la Roche-sur-Yon, ainsi qu’ARCADI, l’agence de la Région Ile-de-France. Décidément, quelque chose ne tourne pas rond dans ce pays. Car les quatre heures de Divine Party, d’Alexis Forestier, d’après la Divine Comédie de Dante, mériteraient beaucoup mieux. Heureusement qu’existent encore quelques francs-tireurs comme le Théâtre Paris-Villette et la Fonderie au Mans, où le spectacle a pu être répété, et le Théâtre de l’Echangeur, à Bagnolet, où Divine Party se joue jusqu’au 20 décembre.
On avait laissé Alexis Forestier en 2009 avec Tuer la misère, qui furetait en parfaite intelligence et fantaisie avec les « machins d’art » d’André Robillard, poète-musicien-sculpteur d’art brut. C’est une tout autre jubilation qu’offre Divine Party, même si l’on retrouve le goût d’Alexis Forestier et de ses acolytes des Endimanchés (Cécile Saint-Paul, Antonin Rayon et Julien Boudart) pour un théâtre tout autant visuel que sonore et musical. Les trois parties de la Divine Comédie de Dante sont ici le sujet d’une formidable traversée initiatique, où des poèmes de Kafka, chantonnés, viennent diffracter leur partition cristalline. Comme des galets roulant dans le cours fluvial de Dante. « Kafka, dit Alexis Forestier dans une conversation avec Marie-José Malis, est là pour dire la présence et la persistance de la forêt come l’élément terrestre qui viendrait neutraliser ou altérer ou en tout cas amoindrir ce qui aurait à voir avec le jouissance de la contemplation divine, il s’agit d’un retour ou d’une manière de se retourner. Mais Dante lui-même le dit, il regarde en arrière, il regarde la terre, qu’il appelle “la petite aire qui nous rend si féroces…” »
Dès les premiers mots de L’Enfer, avec quelques costumes de facture médiévale, un plateau à peine éclairé que nimbe un arrière-fond brumeux, Alexis Forestier crée la sensation d’une forêt épaisse où le narrateur perd son chemin. On n’est pas trop loin d’une certaine féérie, si ce n’est que les Endimanchés font de la Divine Comédie, en simultané, une sorte de concert fragmentaire, entre rock et ritournelle. A la fin, Le Paradis une fois atteint se révèle terrain de dés½uvrement, sans autre objet « qu’une sorte de joie indéfiniment partageable ». Quelque chose du théâtre sort grandi d’une telle aventure, dont on s’étonne qu’elle puisse encore paraître atypique.
>Divine Party d’Alexis Forestier, jusqu’au 20 décembre au Théâtre de l’Echangeur, à Bagnolet. Les 1er et 2e volet, le 14 décembre à 20h30. Le 3e volet le 16 décembre à 20h30. Intégrale, les 17, 18 et 20 décembre à 19h30, le 19 décembre à 17h.
Crédit photo : Une : L'Enfer de la Divine party d’Alexis Forestier © Patrice Giunta. Article : Le Paradis de la Divine party d’Alexis Forestier © Patrice Giunta.
Jean-Marc ADOLPHE |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Traversée initiatique
04/12 > 20/12/2010
L'ECHANGEUR
59, avenue du Général de Gaulle
93170 Bagnolet
01 43 62 71 20
|
 |
 |
 |

Le site de l’Echangeur
|
|
|
 |
 |
|
 |
|