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Quand on aime, on n’a pas toujours 20 ans
"Kontakthof", de Pina Bausch
Chapeau : Pina Bausch a repris l’une de ses pièces mythiques,
Kontakthof, avec des « dames et messieurs » de plus de 65 ans. Bouleversant ! Après Clermont-Ferrand l’automne dernier, de rares représentations à suivre à Marseille, les 22 et 23 avril.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : brève (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Apparence :
Rubrique : 2006
Pina BAUSCH chorégraphe
Jean-Marc ADOLPHE rédacteur
du 22/04/2006 00:00 au 23/04/2006 00:00
Salle : Theatre de la Criée
Marseille France (Sud-Est)
Texte : Est-il encore besoin de présenter Pina Bausch ? En inventant le
« tanztheater », la chorégraphe de Wuppertal a révolutionné tous les codes de la danse – et largement influencé bon nombre de metteurs en scène de théâtre – dans la seconde moitié du XXe siècle. A plus de 65 ans, Pina Bausch demeure sur le qui-vive, alternant créations (la prochaine aura lieu en mai, à Wuppertal) et reprise de pièces anciennes. Parmi les plus emblématiques,
Café Müller et
Le Sacre du Printemps, que nous avons pu revoir récemment à Wuppertal et à Bruxelles, ont gardée absolument intact leur manifeste éloquence. Dans le Panthéon bauschien,
Kontakthof a été une autre pièce majeure. Créé en 1978 dans un décor qui reconstitue le Lichtburg, ancien cinéma devenu le studio de répétition du Tanztheater de Wuppertal, le spectacle est un parangon de ce que Pina n’a cessé de mettre en scène : la fragilité des relations humaines, le besoin de séduction, la mesquinerie des rapports hommes-femmes, etc. Toutefois, il nous avait été donné de revoir
Kontakthof en 1994, à Lisbonne, et la pièce avait paru curieusement « datée ». Mais c’est une nouvelle version de cette pièce que Pina Bausch a remontée voici cinq ans, « l’offrant » à des « dames et messieurs » recrutés par petites annonces. Et le résultat, vu l’an passé à la Comédie de Clermont-Ferrand, est fulgurant. Avec ces interprètes âgés, les gestes sont peut-être moins précis, la technique forcément moins virtuose, mais sans que rien n’ait pour autant été changé de la chorégraphie initiale, la scène devient un lieu d’intense humanité, qui expose la densité d’un jeu qui n’a rien à prouver, et distille l’essence d’un « maniérisme » qui touche paradoxalement quelque tréfonds de vérité. Ce
Kontakthof-là un de ces moments où l’on se dit que le théâtre, la danse, font vivre un art des présences qu’aucune médiation ne parvient à atteindre. A l’origine, le spectacle n’était absolument pas prévu pour partir en tournée. Ce n’est d’ailleurs pas une production habituelle, et les représentations en restent limitées. Après Clermont-Ferrand l’an passé, la scène nationale du Merlan, à Marseille, offre aujourd’hui l’une de ces rares occasions. Le spectacle sera présenté au théâtre de la Criée, sur la Cannebière. Inutile de préciser, s’il est encore temps, qu’il faut s’y précipiter.
J-M.A
Kontakthof, chorégraphie de Pina Bausch, au Théâtre de La Criée, à Marseille, le 22 avril à 20 h, et le 23 avril à 18 h. Tél. 04 91 11 19 20
Date de publication : 13/04/2006
Mots-clés : danse contemporaine, danse, vieillesse
Inséré le : 12/04/2006 00:00
Thèmes : danse, danse contemporaine,