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Ecritures des Balkans

Nouvelle édition de Regards croisés à Grenoble

Chapeau : Du 16 au 20 mai, à la MC2 Maison de la Culture de Grenoble, la très active association Troisième Bureau invite à découvrir de jeunes auteurs – la plupart inédits en français –, croates, macédoniens, serbes et roumains. Une nouvelle génération qui écrit avec « l’énergie du désespoir ».

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : brève (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Apparence :

Rubrique : 2006

Enzo CORMANN dramaturge
Zanina MIRCEVSKA dramaturge

du 16/05/2006 00:00 au 20/05/2006 00:00
Salle : Le Cargo / Maison de la culture de Grenoble
15, rue des Colibris
04 38 49 95 95
Grenoble 38000 France (Est)




Texte : L’association Troisième Bureau, sise à Grenoble, mène depuis quelques années un remarquable travail de découverte et de diffusion des nouvelles écritures théâtrales, à travers toute l’Europe. Le festival Regards Croisés est la partie visible de ce travail de fourmi. Pour la sixième édition de cette manifestation assez unique en France, le comité de lecture (bénévole) de Troisième Bureau a lu une centaine de pièces traduites du croate, du bosniaque, du serbe, du macédonien, du roumain et pour certaines dans des versions anglaises. Chaque texte, collecté auprès des traducteurs, des éditeurs ou des auteurs, a été discuté et analysé en réunion de comité, mis en re-lecture. A partir de ce travail de réflexion ont été sélectionnées neuf pièces qui seront présentées au public grenoblois, entre le 16 et le 20 mai. La plupart sont lues pour la première fois en France, certaines traduites pour la circonstance.
Faute de mentionner ici l’intégralité du programme de ces Regards croisés (disponible sur Internet), voici ce qu’écrit Enzo Cormann en prélude à cette nouvelle édition :
« S’il n'était le nom d'un paquebot porteur d'apocalypse dans la pièce éponyme de Zanina Mircevska, le mot Esperanza pourrait sous-titrer le programme de ce deuxième "Regards Croisés" consacré cette année aux voix nouvelles de l'écriture dramatique post-yougoslave et roumaine. Décapée par le culot et l'insolence des jeunes générations, cette espérance nouvelle paraît débarrassée des espoirs qui embrasèrent la région : vieux rêves nationaux, fantasmes hégémoniques, perspectives revanchardes… Sans compter que le crépuscule précipité du grand jour communiste a éteint jusqu'aux lueurs les plus ténues du socialisme titiste et de ses lampions autogestionnaires. Il paraît assez clair que Milena Markovic, Asja Srnec Todorovic, Maja Pelevic et Ivana Sajko, ont en commun avec l'auteure d'Esperanza de ne plus rien attendre des discours, des hommes et des espoirs du siècle passé. Leur désespoir n'est en effet pas tant mélancolique que réfractaire au machisme, au patriarcat, au nationalisme, à l'hybris, aux mirages consuméristes comme aux idéaux collectivistes, aux représentations univoques, aux embrigadements de tous ordres… Une même distance semble dicter ses mots à la nouvelle dramaturgie roumaine : Gianina Cãrbunariu et Stefan Peca – qui ont cinquante ans à eux deux – écrivent vite et fort, chacun à leur manière, dans l'évidente urgence de dessiller les yeux de leurs contemporains sur le naufrage roumain dans le raz-de-marée de l'après-communisme et de la mondialisation.
Cette
esperanza est d'abord une énergie remarquable d'inventer, de s'assembler, de produire, dans des contextes souvent difficiles, pour ne pas dire hostiles ; énergie de voyager, de traduire, de diffuser, de sortir des habits trop étroits de la nationalité et de la langue ; énergie de s'émanciper de la tutelle symbolique des maîtres, comme des réflexes d'autocensure ; énergie de désespérer de l’avenir, en tant qu'il est bégaiement exacerbé du passé, et nullement triomphe du "progrès" historique cher aux positivistes. Ce que nous dit cette nueva esperanza, c'est que la lucidité sur l'état du monde doit désormais primer le formatage idéologique ou l'esprit de rébellion. Ce travail clinique, cet examen déculpabilisé originent des dramaturgies sans détour – souvent même abruptes – qui travaillent à se démarquer des modes "trash", "back in your face", "brutalistes", ces nouvelles marchandises théâtrales censées nous enseigner la couleur du sang et l'odeur de la merde… La nueva esperanza manifeste de surcroît que le monde n'a décidément rien d'absurde, dussent diverses hautes figures des lettres balkaniques et roumaines s'agiter dans leur tombe. Mal fichu, grotesque, infernal, esquinté, sans doute, mais tellement réel qu'il en devient in-visible, ir-regardable au quotidien, le monde a besoin d'un théâtre pour aller se faire voir. Dont acte. »

Regards Croisés, Théâtres de Croatie, Macédoine, Roumanie, Serbie-et-Monténégro, à la MC2 de Grenoble, du 16 au 21 mai. Tél. 04 76 00 12 30 www.troisiemebureau.com


Date de publication : 11/05/2006


Mots-clés : Balkans, théâtre, écriture, Europe de l'Est, europe, génération
Inséré le : 11/05/2006 00:00
Thèmes : Europe, écriture, théâtre,