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La Biennale de la danse fête la ville

A Lyon, du 9 au 30 septembre

Chapeau : Même si la traditionnelle fête du Défilé est déjà contrariée par un refus de visas, la 12e édition de la Biennale de danse de Lyon se met au diapason de la ville-monde. Dans une programmation foisonnante, mouvement.net propose une sélection de spectacles.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : brève (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Texte : Incontournable, plantureuse, éclectique... La Biennale de danse de Lyon revient en grande forme. Délaissant les ancrages géographique des dernières éditions –où le rendement spectaculaire d'un exotisme parfois lourdingue pouvait tenir lieu de passeport au rabais-, la manifestation dirigée depuis ses débuts en 1984 par Guy Darmet s'amarre cette année à un thème transversal, « Danse la ville », qui semble davantage propice aux créations contemporaines. Des « danses urbaines » issues de la mouvance hip-hop (avec la Cie Pockemon Crew, Niels « Storm » Robitzky, la Companhia Urbana de Dança de Rio de Janeiro) aux spectacles qui explorent les liens entre danse et architecture (Metapolis II, de Frédéric Flamand et Zaha Hadid, mais aussi ExtraCorpo, du Brésilien João Saldanha, inspiré par l'œuvre d'Oscar Niemeyer), la ville est encore le lieu même d'interventions chorégraphiques. A Villeurbanne, dans le quartier des Gratte-Ciels, un ensemble urbain construit dans les années 30, Julie Desprairies recrute une soixantaine de « danseurs occasionnels » pour réaliser « une excursion chorégraphique sous forme de parcours » . Et l'Aixois Bernard Menaut, spécialiste des incursions spontanées dans le fourmillement de la ville, se livrera à une série d'Aventures extra-chorégraphiques.
Mais convoquer l'imaginaire urbain, alors que plus de 50% de la population mondiale vit en ville, c'est aussi réunir des chorégraphes qui oeuvrent au quatre coins du monde : de Tokyo (avec Kim Itoh) à Bogota (avec la Cie L'Explose dirigée par Tino Fernández), en passant par le vaste continent africain (Germaine Acogny à Dakar, le Floating Outfit Project à Johannesburg, Serge-Aimé Coulibaly, Salia Sanou et Seydou Boro à Ouagadaougou, Aïcha M'Barek et Hafiz Dhaou à Tunis), etc...
Enfin, la Biennale de la danse de Lyon ne serait pas ce qu'elle est sans le traditionnel Défilé, préparé de longue date, et qui mobilise une vingtaine de groupes et plus de quatre mille participants pour fêter l'esprit d'une ville cosmopolite, solidaire, ouverte au monde. Maisil y a déjà une ombre au tableau : avec le chorégraphe Jean-Claude Carles, le CCO Jean-Pierre Lachaize à Villeurbanne souhaitait évoquer « Alger dans 300 ans, une projection dans le futur où les mélanges se font sans conflits, où la modernité et la tradition cohabitent en paix ». Dans le cadre de ce projet, de jeunes femmes bénévoles en couture de la maison des jeunes de Lakhdaria en Algérie devaient venir à Villeurbanne préparer le Défilé. Leur programme comportait aussi des rencontres avec des associations et des professionnels de la couture. Las : le Consulat de France en Algérie leur a refusé à deux reprises, en juin puis en août, la délivrance de visas. « Nous imaginons sans peine la déception, la colère, et l'injustice que ressentent ces jeunes femmes algériennes privées des rencontres et échanges qu'elles préparaient depuis plusieurs mois » , écrit Fernanda Leite, directrice du CCO Jean Pierre Lachaize ; « alors que seule la porte de sortie ne cesse de s'ouvrir aux frontières françaises, nous espérons que la médiatisation de cet événement permettra à nos mots, au moins, de rester libres de voyager. Que nos voix réchauffent celles qui devraient être parmi nous et se fassent entendre de ceux qui s'y opposent » .

La sélection de www.mouvement.net

> Ballet de l'Opéra de Lyon, chorégraphies de Richard Ouramdane et Tere O'Connor, du 10 au 15 septembre à l'Opéra de Lyon.
Le Ballet de l'Opéra de Lyon, dirigé par Yourgos Loukos, s'offre deux nouvelles créations contemporaines. Le new-yorkais Tere O'Connor est quasiment inconnu en Europe. Rachid Ouramdane, pour sa part, s'inspire d'entretiens avec les danseurs de la compagnie sur les contextes politiques dans lesquels ils ont grandi et la façon dont ils en portent aujourd'hui la trace.

> Kin-Jiki, chorégraphie de Kim Itoh, les 11 et 12 septembre au TNP Villeurbanne.
Titre d'une nouvelle de Mishima, Kin-Jiki fournit l'argument, en 1959, de la toute première pièce de Tatsumi Hijikata, le fondateur du Butoh. Initialement formé au butoh, Kim Itoh s'en est quelque peu éloigné ces dernières années pour trouver sa propre danse. Il reprend pourtant cette pièce fondatrice et légendaire, dont on imagine qu'elle ne sera pas conforme à l'original.

> Là commence le ciel, chorégraphie de Julie Desprairies, du 11 au 14 septembre à 18 h 30 dans le quartier des Gratte-Ciel à Villeurbanne.
Formée aux arts plastiques et à l'histoire de l'architecture, Julie Desprairies a focalisé son travail sur le rapport entre le corps en mouvement te son environnement architectural. Pour la Biennale de Lyon, elle réalise un projet spécifique avec les habitants d'un quartier de Villeurbanne édifié dans les années 30, Les Gratte-Ciel.

> Cut !!, chorégraphie de Boyzie Cekwana, du 14 au 16 septembre au Théâtre du Point du Jour.
En duo, une danse de désillusions, construite sur le désquilibre et qui cherche à frayer son chemin entre l'Afrique d'hier et celle d'aujourd'hui.

> Farruquito y Famila, du 14 au 17 septembre au TNP Villeurbanne.
Fils du chanteur El Moreno et de la danseuse La Farruca, petit fils d'El Farruco, Juan Manuel Fernández Montoya, alias Farruquito, a baigné dans le meilleur flamenco depuis sa plus tendre enfance.

> Tchoura, solo de Germaine Acogny chorégraphié par Sophiatou Kossoko, les 15 et 16 septembre au Théâtre du Point du Jour.
Pionnière de la danse moderne en Afrique, Germaine Acogny a ouvert au Sénégal l'Ecole des Sables. « Je danse », dit-elle à travers les mots du poète Xavier Orville, « des danses en prose pour les jours de la semaine, des danses en vers pour les dimanches et les jours fériés » .

> Frenesí, chorégraphie Tino Fernández, du 18 au 22 Septembre aux Célestins.
D'origine espagnole, installé à Bogota depuis 1995, Tino Fernández met en lumière, dans cette pièce récemment créée, le rapport de forces entre ce qui est humain et ce qui est animal.

> ExtraCorpo, chorégraphie de João Saldanha, du 19 au 23 septembre au Rectangle.
La ligne, le rythme, l'équilibre et l'expression artistique de l'architecte Oscar Niemeyer sont les éléments référents de ExtraCorpo. A partir d'un répertoire de séquences chorégraphiées, les huit interprètes affirment une habileté à moduler et agencer l'espace et son environnement.

> Metapolis II, de Fédéric Flamand et Zaha Hadid, les 20 et 22 septembre à l'Opéra de Lyon.
Frédéric Flamand, aujourd'hui directeur du Ballet national de Marseille, et l'architecte irako-britannique Zaha Hadid remettent sur l'ouvrage et développent un spectacle initialement créé en 2000, à Bruxelles.

> Aventures extra-chorégraphiques, conception et direction du projet Bernard Menaut, le 20 septembre à 18 h 30, Place de la Paix – Rue de la Martinière ; les 21 et 22 sEptembre à 16 h 30, Place des Terreaux ; le 23 septembre à 16 h, Quai de la Pêcherie.
En toute liberté, trois danseurs et deux musiciens arpentent la ville, et inventent au gré des situations rencontrées d'imprévisibles surprises.

> A Benguer, chorégraphie de Serge-Aimé Coulibaly, du 20 au 24 septembre au Studio 24 à Villeurbanne.
Le burkinabé Serge-Aimé Coulibaly, un temps interprète au sein des Ballets C. de la B. (Wolf, d'Alain Platel, et Tempus Fugit, de Sidi Larbi Cherkaoui), crée une pIèce qui évoque, sur des airs de rap africain, la condition de la jeunesse ouest-africaine, qui rêve de quitter l'impasse économique, sociale et politique dans laquelle à se trouve, qui à se heurter aux mirages de l'Europe.

> Paper ship, chorégraphie d'Esra Yurttut, du 21au 23 septembre à l'Amphi de l'Opéra de Lyon.
Esra Yurttut a fondé à Istanbul avec le vidéaste Burak Kolcu, un collectif d'artistes se réunissant autour de la danse, la performance, la musique et la vidéo. Paper ship est un duo qui a la vie à Istanbul comme background chaotique.

> La Chambre d'Isabella, texte et mise en scène de Jan Lauwers, du 21 au 23 septembre au Théâtre de la Croix-Rousse.
Par le metteur en scène de la Needcompany, avec la prodigieuse Viviane De Muynck, un théâtre hybride, polymorphe et terriblement enjoué.

> Khaddem Hazem, chorégraphie Aïcha M'Barek et Hafiz Dhaou, du 22 au 25 septembre au Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape.
Jeunes talents d'une nouvelle danse tunisienne, Aïcha M'Barek et Hafiz Dhaou créent une pièce dont le titre pourrait se traduire par « Les ouvriers du bassin ».

> Un Pas de côté, chorégraphie de Salia Sanou et Seydou Boro, musique de Jean-Pierre Drouet, du 27 au 30 septembre au Toboggan de Décines.
C'est l'une des créations les plus attendues de cette Biennale. Figures de proue de la nouvelle génération de chorégraphes contemporains en Afrique, Salia Sanou et Seydou Boro s'apprêtent à prendre la direction à Ouagadougou, en décembre prochain, d'un tout nouveau Centre de développement chorégraphique. Ils s'associent ici au compositeur Jean-Pierre Drouet et aux musiciens de l'ensemble Ars Nova pour une pièce « où s'effacent les traditionnelles frontières danse / musique, écoute / mouvement ».

> Peplum, chorégraphie de Nasser Martin-Gousset, du 28 au 30 septembre à la Maison de la Danse.
Dans cette création pour dix interprètes, Nasser Martin-Gousset vise « une réflexion romanesque sur l'ambition et les idéaux qui conduisent au pouvoir et à la lente désillusion de cette quête passionnée ».

> Corps en boîte, chorégraphie de Kilina Crémona, du 28 au 30 septembre au Studio Jorge Donn de la Maison de la Danse.
Figure historique de la danse contemporaine à Lyon, devenue malentendante en 2000, Kilina Crémona a intégré ce handicap à son travail, construisant un langage des signes et du corps. Avec la création de Corps en boîte, elle revient sur les sensations de ses années de formation new-yorkaises.

> Prélude à l'après-midi d'un faune, et Le Sacre du Printemps, chorégraphies de Marie Chouinard, les 29 et 30 septembre à l'Auditorium.
Pour clôturer cette Biennale, la Canadienne Marie Chouinard reprend deux pièces de 1993 et 1994, sur les musiques de Debussy et Stravinsky jouées par l'Orchestre national de Lyon. Avec la « sorcière » Marie Chouinard, le répertoire chorégraphique retrouve une sacrée vigueur.

Biennale de danse de Lyon, du 9 au 30 septembre.
Tél. 04 72 00 21 70
www.biennale-de-lyon.org


Source Externe : 10500
Date de publication : 07/09/2006


Mots-clés : danse, biennale, performance
Inséré le : 06/09/2006 00:00
Thèmes : performance, danse,