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Au rendez-vous des marionnettes du monde

Le festival de Charleville-Mézières, du 15 au 24 septembre

Chapeau : Plus de 200 compagnies ont rendez-vous à Charleville-Mézières, capitale de la marionnette, du théâtre d'ombres et d'objets, pour un festival qui mêle formes traditionnelles et créations. La programmation de l'Institut International de la Marionnette y est axée sur les nouvelles technologies.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : brève (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Texte : Depuis 1961, la capitale des Ardennes est aussi celle de la marionnette, du théâtre d'ombres et d'objets. « Avec l'amitié et la volonté, les utopies les plus grandes deviennent réalité », aimait à dire Jacques Félix, animateur des « Petits Comédiens de Chiffon », fondateur du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes, décédé en janvier dernier. Tous les trois ans, cette manifestation met la ville de Charleville-Mézières en ébullition ; et son fonctionnement repose grandement sur la participation de quelque trois cents bénévoles, tandis qu'une centaine de « familles d'accueil » hébergent les artistes invités. Cette année, le festival réunit 148 troupes venues du monde entier, auxquelles il faut ajouter environ 70 compagnies qui se produisent dans le off.
L'édition 2006, qui s'ouvre le 15 septembre, sur la place Ducale, avec les grandes structures gonflables des Plasticiens Volants, sera fortement marquée par l'espace méditerranéen, ses mythes et légendes millénaires que perpétuent des formes traditionnelles comme le théâtre d'ombres turc Karagöz, mais dont s'inspirent aussi parfois des esthétiques plus contemporaines. De Beyrouth est annoncé le Théâtre de marionnettes du Liban, une troupe fondée en 1993 par Karim Dakroub, qui collabore avec des organisations internationales comme l'UNICEF ou la Croix Rouge en vue de sensibiliser les enfants, par le truchement d'un théâtre ambulant, sur les droits de l'enfant, les mines anti-personnelles, l'allègement des traumatismes liés à la guerre... D'autres troupes viennent d'Algérie (la Compagnie Aladdin, de Sidi-Bel-Abbès), de Grèce (Baruti au bout du fil), d'Italie (le Teatro Giocco Vita, qu'on ne présente plus), d'Espagne (La Chana Teatro, de Salamanque), du Maroc (Landok Lefraja) ou encore d'Israël (l'Ornito-Train Theater), témoignant d'une universalité de la marionnette, que viennent encore souligner les Marionnettes sur l'Eau du Vietnam (que le festival de Charleville-Mézières avait fait découvrir en Europe en 1991), le Théâtre de Marionnettes de Sakorn Yangkeawsot, survivant d'un art de tradition disparu en Thaïlande, les marionnettes à fil birmanes du Myanmar String Puppet, et l'univers naïf du « Mamunlengu Jatoba », que propage la compagnie Jatoba, dans le Nordeste brésilien.
S'il reste donc attaché aux formes les plus anciennes et populaires de la marionnette, le festival de Charleville-Mézières est aussi –et surtout- un carrefour de créations. L'édition 2006 réserve la primeur de spectacles que l'on devrait beaucoup voir par la suite. Le chilien Jaime Lorca, issu de La Troppa, poursuit sa création artistique avec sa propre compagnie : il s'inspire des deux premiers contes des Voyages de Gulliver» dans un spectacle coproduit par la scène nationale de Sète. A la tête de la compagnie néerlandaise Stuffed Puppet, Neville Tranter est l'auteur d'un théâtre visuel où « jouent' des marionnettes à taille humaine : il crée un spectacle qui revisite le thème des vampires. Sur une table éclairée par une trentaine de bougies, Patrick Conan et la Compagnie Garin Trousseboeuf signent un nouvel opus, A la bougie, forgeant « l'espace intime d'un petit théâtre du monde » auquel les marionnettes donnent vie dans des gestes de peu qui aiguisent l'écoute et le regard. Enfin, Ilka Schonbein, révélée avec un spectacle intitulé Métamorphoses», présente trois nouvelles créations : deux solos pour deux de ses élèves écrits à partir de contes de Grimm et d'Andersen, et pour elle-même, Chair de ma chair», un solo inspiré d'un récit de Aglaja Veteranyi, qui plonge dans les souvenirs d'une enfant de cirque.
Marionnettes et nouvelles technologies
Charleville-Mézières accueille depuis 1981 l'Institut International de la Marionnelle. Aujourd'hui dirigée par Lucile Bodson, cette École Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette a carte blanche pour présenter sa propre programmation au sein du festival. Résolument axée sur la création contemporaine, celle-ci entend témoigner de la place des nouvelles technologies dans les arts du spectacle. « La marionnette, espace traditionnel du décloisonnement des arts mais surtout de la manipulation et de son corollaire, l'illusion, est sans doute le champ des arts vivants qui explore le plus radicalement les relations de l'homme à l'objet, donc à la machine » », écrit Anne Quentin. « Et si certains artistes, sensibles aux effets de mode, semblent sacrifier aux démons du spectaculaire en utilisant la technique de maNière artificielle, d'autres désirent s'approprier les outils dans la perspective d'une analyse critique des médias contemporains ou bien témoignent simplement des mutations culturelles du monde qui nous entoure » ».
La proposition, alléchante réunit une installation-spectacle de Judith Nab, Black Box», au 1er étage d'un ancien magasin de vêtements ; une installation multimédia interactive de deux jeunes plasticiens, Nicolas Tourte et Alexandre Bissarette, qui imaginent la gestation d'un nouvel univers végétal ; Idem Esse, de la Canadienne Sylvie Chartrand, qui implique la capturedu mouvement combiné à la robotique ; les Choses intimes» de l'allemande Iris Meinhardt, équipée d'une micro-caméra ; le passionnant travail de Renaud Herbin qui se joue des frontières, dans Mitoyen, en mêlant la présence de marionnettes figuratives, de sons électroniques en direct et d'images projetées ; une création de la compagnie Méta-Carpe qui met en résonance danse Contemporaine, marionnette de taille humaine et arts numériques ; les automates vivants de Michel Ozeray... Par ailleurs, l'Institut International de la Marionnette produit une mise en scène de Jean-Louis Heckel, à partir d'un texte de Manfred Karge, où quatre chômeurs décident de refaire le voyage de l'explorateur norvégien Amundsen à la conquête du pôle sud. Et Christian Carignon, du Théâtre de Cuisine, rend hommage aux artistes qui ont su créer l'étonnement avec des univers faits de bric et de broc avec une savoureuse Anthologie du théâtre d'objet».

Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes», du 15 au 24 septembre à Charleville-Mézières.
Tél. 03 24 59 04 00
www.festival-marionnette.com


Institut International de la Marionnette, www.marionnette.com




Date de publication : 07/09/2006


Mots-clés : marionnette, théâtre d'objet, technologies nouvelles, festival
Inséré le : 06/09/2006 00:00
Thèmes : technologie, festival, marionnette,