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Rencontres du 3e type
Les Nuits de la Souris Chauve, à Barjols, dans le Var
Chapeau : Espace atypique s'il en est, La Tannerie accueille à Barjols, dans le Var, de non moins atypiques résidences de création. Les Nuits de la Souris Chauve sont l'occasion de découvrir cet « espace d'explorations culturelles ».
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : brève (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Apparence :
Rubrique : Le Vrac
Jean-Marc ADOLPHE rédacteur
Thomas FERRAND Metteur en scène
Texte : La Tannerie, friche industrielle du 18ème siècle à Barjols, commune nichée dans le Haut-Var, est devenue il y a cinq ans, à l'initiative de Caroline Brotons , artiste chorégraphique et du scénographe décorateur René Sacchini, un
« espace d'explorations culturelles » . A travers un dispositif de résidences, La Tannerie
« accompagne les artistes dans l'émergence de leur présent, désireux de proposer d'autres formes de relations à la création contemporaine entre structure, artistes et public ». Si les projets liés à la danse y sont majoritaires, la Tannerie entend faire place à toutes les expressions contemporaines, avec une prédilection pour le décloisonnement des pratiques. Dans un espace blanc, tout en voûtes, deux salles de taille différente communiquent ; cet « espace intime » joue de la proximité du public et se réinvente chaque fois en collaboration avec chacun des artistes en fonction de la singularité du projet. Dans cet « espace en mouvement » ont déjà été accueillis des artistes tels que Toméo Vergés, Le Collectif Ici-Même, Nicolas Barrot et son auto-musique Taxi, Barbara Sarreau, Rialto Fabrik Nomade, et d'autres moins connus.
Cette année vont être en résidence Thomas Ferrand et son vigoureux théâtre performatif, la danseuse et chorégraphe Sophiatou Kossoko , le collectif marseillais KO.com, et la compagnie Kubilaï Khan Investigations... L'initiative reste pourtant économiquement fragile. Avec un budget annuel de 20.000 euros, provenant de maigres subventions liées au développement culturel en milieu rural, le lieu ne peut fonctionner qu'une partie de l'année, en particulier les mois où le chauffage n'est pas nécessaire. L'ambition artistique de La Tannerie mériterait pourtant mieux, comme en témoigne la prochaine édition des Nuits de la Souris Chauve, rencontres publiques autour des différents travaux élaborés en résidence : performances, créations abouties, travaux en cours...
Le 15 septembre, le collectif Kubilaï Khan Investigation présente deux solos, Onna To Otoko et As long it blossoms. Le premier est dansé par Frank Micheletti, accompagné au violon et au chant par Takumi Fukushima. Le second, créé et interprété par Chiaru Mamiya, évoque le voyage dans le temps d'une poupée en papier.
Le 16, on pourra découvrir un duo entre un danseur-chorégraphe, José Maria Alves, et un comédien, Maxime Carasso. Cette création est inspirée de l'œuvre
Estação Carandirude Drauzio Varella qui dévoile la vie d'une microsociété à l'intérieur des murs de la plus grande prison d'Amérique du sud.
Les 22 et 23 septembre, l'équipe de le Sixième Etage investit La Tannerie avec Fragile(s) paysage transversaux, une installation chorégraphique, plastique et théâtrale au sein de laquelle Jean-François Bizieau et Pascal Renault proposent cette fois un voyage dans l'univers de la plasticienne Catherine Chanteloube. Danseurs et comédiens se confondent pour donner lieu à une forme d'installation déambulatoire qui permet au public de se perdre entre des structures textiles.
Le 29 septembre, Thomas Ferrand dévoile une première étape de travail de
Idiot cherche village, dont la création est prévue en mai 2007. Initiateur de la revue
mrmr, Thomas Ferrand a abordé le plateau avec plusieurs sessions d'un très stimulant
Projet_Libéral, théâtre performatif qui joue et déjoue les miasmes de l'actualité.
Dans un contexte d'uniformisation et de concentration catastrophique où les singularités sont bannies » ,
Idiot cherche village part en quête de
« véritables rapports idiotiques » . Un entretien vidéo avec le philosophe Bernard Stiegler est l'un des matériaux de ce chantier en cours.
Le 30 septembre, Sophiatou Kossoko se confronte à
« l'étrangeté de ce qui n'est pas soi » , en laissant filtrer dans sa danse
« des personnes et des peuples, d'hier et d'aujourd'hui, des ethnies, des traces, des histoires singulières et collectives, histoires volées, violentées, déchirées, abusées, tourmentées, des corps rejetés, méprisés, disséqués... » Les 6 et 7 octobre, le collectif marseillais K.O.com, qui réunit des artistes issus de pratiques différentes, propose
« d'interroger le regard » : « Soit on regarde le tableau qui est accroché au mur soit le mur sur lequel est accroché un tableau ou alors on voit l'ensemble. Sans vouloir donner des réponses à ce phénomène, nous avons cherché à le reproduire de manière spatiale et concrète ; et à partir de cette métaphore optique, de découvrir comment une image figée, peut éveiller un imaginaire mobile qu'il soit sonore, visuel ou dansé » .
Enfin, ces troisièmes Nuits de la Souris Chauve s'achèveront, le 14 octobre, par une carte blanche à Nicolas Chatenoud, du Collectif Multipass, composé de musiciens, vidéastes et scénographes.
Les Nuits de la Souris Chauve, du 15 septembre au 14 octobre à La Tannerie, 254, ancienne route de Brignoles, à Barjols, dans le Var. Tél. 04 94 59 74 60
www.latannerie.fr
Date de publication : 07/09/2006
Mots-clés : friche, art vivant, espace
Inséré le : 06/09/2006 00:00
Thèmes : espace, friche,