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Le renouveau de la biennale de São Paulo
Entretien avec Lisette Lagnado
Chapeau : L'exposition de la 27e édition de la biennale de São Paulo ouvre ses portes le 7 octobre. Elle a pour commissaire générale Lisette Lagnado. Cette critique d'art défend l'hétérogénéité, la diversité formelle de la production artistique.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : entretien (Mots-clés : )
Genre Ressource : entretien
Apparence :
Rubrique : Espace critique
Lisette LAGNADO commissaire
Léa GAUTHIER rédacteur
Texte : Pouvez vous décrire quelles sont les spécificités de la prochaine Biennale de São Paulo?« La Biennale a été inaugurée en janvier, avec une série de séminaires qui se tiendra jusqu'en novembre, elle n'est donc pas seulement circonscrite à un événement qui dure deux mois et demi. Le débat est lancé depuis le début de l'année, la ville, le pays en parle. Par ailleurs, dix artistes sont venus de l'étranger et se sont installés dans des villes différentes pour faire une résidence, cela a énormément dynamisé la réflexion locale. Nous avons également mis en place un ambitieux projet éducatif dans les écoles, qui permet d'instruire le regard des instituteurs comme celui des enfants
La biennale de Sao Paulo compte parmi les premières biennales, elle est en ce sens « historique ». Aujourd'hui les biennales prolifèrent un peu partout dans le monde. Comment avez vous pensé le lien entre la dimension historique et une nécessaire réforme de cette manifestation ? « En exposant des artistes comme Gordon Matta-Clark, Ana Mendieta, Felix Gonzalez-Torres, León Ferrari ou Dan Graham, nous faisons signe vers l'histoire. Pour ce qui est de la réforme, au-delà de ce que je disais précisément, nous avons décidé d'inviter moins d'artistes, il y en aura une centaine représentés au pavillon Niemeyer. Mais chacun présente une œuvre nouvelle. Nous avons également voulu présenter, autant que faire se peut, plusieurs œuvres de chaque artiste afin que leur démarche s'inscrive dans un contexte plus large. Ces derniers temps, la Biennale de São Paulo réchauffait des œuvres déjà exposées ailleurs. Alors, pourquoi faire venir tant de monde ? C'est la première fois que toute la ville est impliquée à ce niveau, nous avons organisé des événement dans divers lieux. C'est aussi la première fois que le Pavillon de Oscar Niemeyer ouvre ses portes vers l'extérieur, le parc, la marquise, la banlieue...
Cette édition de la Biennale se veut tout à la fois le reflet d'une scène brésilienne dynamique (la part belle est faite à des artistes ne venant pas seulement des Etats de Rio ou de São Paulo), et s'affiche en même temps comme le miroir d'une scène internationale. Comment avez vous orchestré ces deux échelles? « Je pense que c'est venu assez naturellement, en fonction des différences d'opinion du groupe de commissaires. Chacun a, disons, sa part de “responsabilité”. C'est vrai que je me suis battue pour une présentation généreuse du Brésil.
Idem pour le continent africain, ce qui n'était pas évident.
Vous avez éliminé l'idée de représentation nationale. Pourquoi avoir opéré un tel changement ? Est-ce une manière de ne pas mettre uniquement l'œuvre achevée en avant, de privilégier le processus de création ? Pourquoi ? « Effectivement, cette Biennale est plutôt une biennale de processus et de projets. Le résultat me semble encore flou, indéfini. Parfois, cela m'inquiète. Mais on ne peut tout de même pas affirmer qu'il n'y aura pas des œuvres achevées. J'ai éliminé les “représentations nationales” car c'est une conception farfelue, à moins de se retrouver dans les jardins de Venise. Et beaucoup d'artistes n'ont accepté de participer à cette biennale qu'à cette condition. C'est tout de même un point à réfléchir. »
Propos recueillis par Léa Gauthier
>b>La 27ème Biennale de São Paulo du 7 octobre au 17 décembre.
http://bienalsaopaulo.globo.com
Date de publication : 05/10/2006
Mots-clés : biennale, Brésil, art visuel
Inséré le : 05/10/2006 00:00
Thèmes : arts plastiques, art contemporain, arts visuels,