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Solidarité avec le Liban et la Palestine

Chapeau : Du 6 au 13 novembre, à l'appel d'artistes et d'intellectuels « pour une insurrection de la pensée », se dessine un vaste mouvement de solidarité avec le Liban et la Palestine. De nombreux théâtres, notamment en région parisienne, s'y associent.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : brève (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Marie-José MONDZAIN philosophe

Texte : « Ce soir nous avons voulu accomplir une sorte de geste inaugural qui consiste à appeler tous les créateurs tous les penseurs tous les sujets doués de conscience citoyenne et usant d'une parole libre pour mettre en œuvre un vaste mouvement de solidarité avec tous les peuples victimes de la guerre et de l'injustice au moyen Orient. Nous voulons que ce geste de solidarité se déploie avec le maximum de force et dans le maximum de lieux ». Ainsi débutait l'intervention de Marie-José Mondzain le 2 octobre dernier au Théâtre Artistic-Athévains à Paris, lors d'une rencontre où se retrouvaient, aux côtés d'artistes et d'intellectuels français, le poète libanais Salah Stétié, le journaliste palestinien Hassan Halawi, l'historienne israélienne Yael Dagan et, en duplex depuis Beyrouth, Roger Assaf, directeur du Théâtre Shams.
« Il s'agit de montrer dans cette rencontre exemplaire entre des intellectuels et des créateurs venus du Liban, de Palestine et d'Israël », poursuivait Marie-José Mondzain, « que nous croyons fermement que le champ de la culture est celui par excellence où se construisent les forces médiatrices susceptibles de convaincre les différents pouvoirs qu'une solution politique est possible au Moyen Orient. L'art et la culture ne relevant pas d'un exercice du pouvoir sont les instances décisives où quelque chose de l'ordre de la vérité et de la dignité peut se dire et se défendre dans sa radicalité. Dans le champ politique, quand il a la chance de pouvoir exister, les négociations et les aménagements sont inévitables. Il revient au monde de la culture et de la création d'être sans concession. Il doit dénoncer avec courage et clarté l'impasse que représente un recours aveugle à la force et à la violence, et faire la démonstration que l'appel à l'intelligence, aux opérations symboliques, à la puissance d'invention est la seule voie qui rende possible une solution politique ».

La rencontre du 2 octobre ne restera pas sans suite. Le collectif « Pour une insurrection de la pensée. Solidarité avec le Liban et la Palestine » appelle ainsi à un temps fort dans la semaine du 6 au 13 novembre. Plus de quarante lieux en Ile-de-France et dans toute la France, mais aussi à Beyrouth, Gaza, Jérusalem, Tel Aviv, Tunis, Le Caire, Rome, Barcelone, Berlin, etc., se sont associés à cette initiative. Des théâtres, des cinémas, organiseront débats, lectures, spectacles, projections... Quarante court-métrages réunis par « l'appel des cinéastes », ainsi que les écrits de plus de cinquante auteurs, intellectuels, poètes, vont ainsi contribuer à cette semaine de mobilisation pour la paix.
Comme le dit encore Marie-José Mondzain (qui sera présente le 6 novembre au Théâtre de la Bastille avec Isy Morgenstern, Alain Gresh, Hassan Halawi Pierre Abi-Saab, Eric Hazan, Stéphanie Braunschweig et Isabelle Robineau), « Il nous arrive souvent ici d'avoir un sentiment de grande impuissance et de faiblesse en face de ces évènements ravageants. Ces événements sont loin et nous nous sentons très désarmés. Or je voudrais insister pour finir sur le constat suivant : Le découragement est devenu chez nos adversaires une stratégie massive en vue de la destruction de toute vie politique, de toute solution propre à un état de droit. Je pense que les modalités sous lesquelles nous apprenons les choses, sous lesquelles nous les voyons, sous lesquelles on nous les donne à voir faute de nous les donner à comprendre, chaque jour à la télévision et dans la presse produisent dans tous les domaines, qu'ils oient proches ou lointains, ce sentiment de peur et d'impuissance symétrique de la terreur tant redoutée. Depuis le 11 septembre la catégorie de l'impensable est devenue une arme médiatique massive. On nous persuade jour après jour qu'il n'y a rien à faire, que le pire est inéluctable et que la terreur répandue par les uns dépasse en mesure l'horreur pratiquée par les autres. Le découragement dépressif est le mode sur lequel se construit quotidiennement la demande de sécurité et de protection militaire et policière. C'est là le pire des poisons répandu contre notre volonté d'agir, notre désir de résister et notre espoir de transformation. Les intellectuels et les créateurs qui travaillent avec les images et avec les mots sont plus que jamais en charge de produire de façon urgente les nouveaux modes d'information, de visibilité et de récits de ce qui se passe. La création consiste à construire un autre regard sur le monde et une autre écoute face à ce qu'il nous fait entendre. Seul le pensable est transformable ».

Pour une insurrection de la pensée / Solidarité avec le Liban et la Palestine, du 6 au 13 novembre.
Contacts :tous@ensembleleliban.org
Lauent Klajnbaum, tél. 06 07 33 87 20




Date de publication : 02/11/2006


Mots-clés : social, solidarité, Palestine, Liban, artiste
Inséré le : 02/11/2006 00:00
Thèmes : Liban, association,