Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Peter Rehberg actionniste viennois
Chapeau : Depuis quelques années, le musicien électronique Peter Rehberg a transposé son univers de fréquences denses et corrosives sur les plateaux des spectacles de Gisèle Vienne ou Meg Stuart. Une évolution formelle et expressionniste qui procède d'une certaine continuité dans son travail de création.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : portrait (Mots-clés : )
Genre Ressource : portrait
Apparence :
Rubrique : Espace critique
Rubrique : 42
Peter REHBERG musicien electronique
Peter REHBERG musicien
Meg STUART chorégraphe
Gisèle Vienne chorégraphe
Texte : Biographie / Né en 1968, Peter Rehberg a débuté sa carrière musicale avec le label Mego, qu'il monte à Vienne en 1995. Rapidement, ses créations sonores s'inscrivent dans une démarche d'expérimentations studios et scéniques, puisant autant dans l'électronique radicale (
Seven Tons For Free, son premier album solo paru en 1996) que dans des principes collaboratifs pointus. Après les défrichages électroacoustiques live du collectif
MIMEO – avec, entre autres, Keith Rowe, Jérôme Noetinger ou Marcus Schmickler –, ou les détournements parodiques de la « laptop music » du power trio d'improvisateurs Fenno'berg – avec Fennesz et Jim O'Rourke –, auteur du tonitruant
Magic Sound of Fenno'berg en 1999, il s'ouvre au tournant des années 2000 sur les musiques chorégraphiques, tout en poursuivant une activité discographique intense. Son dernier
CD, KTL, vient de paraître chez Mego.
Assurément, la musique de Peter Rehberg (ou Pita) a toujours ouvert des perspectives d'interprétation dépassant le simple cadre sonore.
« La rencontre m'a semblé évidente », confirme d'ailleurs la metteur en scène Gisèle Vienne, qui entame avec la pièce
Kindertotenlieder une cinquième collaboration avec le musicien viennois. Au fil de ses productions solos, Peter Rehberg a développé une approche sensorielle singulière et physique, jouant de l'instabilité des structures, de la densité des motifs, de la confusion des sources électriques ou digitales, pour aboutir à des thèmes à l'expressivité étrange.
Difficile, dès lors, de ne pas imaginer une sorte de finalité dans des collaborations chorégraphiques ou théâtrales offrant à sa musique des mises en scène corporelles, incarnant un même penchant pour les atmosphères ambiguës, voire interlopes.
Premiers pas de danseL'attirance du compositeur autrichien pour la danse est déjà ancienne.
« L'un de mes disques favoris est This Way,
la bande-son qu'avait composée Bruce Gilbert [membre du groupe Wire, Ndlr.]
pour un ballet de Michael Clark. A la fin des années 1980, j'assistais déjà à des performances car, à l'époque, la scène musicale viennoise était très ennuyeuse. » Mais c'est en se servant des points de convergence entre sa musique et les thématiques des metteurs en scène et chorégraphes avec lesquels il a travaillé que Peter Rehberg a progressivement intégré cet autre versant créatif.
« Une dimension bizarre, sombre, n'est pas forcément nécessaire, mais cela m'aide quand même », reconnaît-il d'ailleurs. Les rapports à l'aliénation du corps exprimés dans
Fremdkörper de Chris Haring, l'univers de fantasme expressionniste de
Stéréotypie, les liens entre mort et érotisme d'I
Apologize, le parcours de friche industrielle imaginé par Meg Stuart dans
Highway 101 ont formé un terreau fertile que
Kindertotenlieder ne viendra sûrement pas corrompre(1).
Incontestablement, c'est la force de l'impact sonore de la musique de Peter Rehberg, typique de ses premières publications, qui a joué les entremetteuses.
« Quand je suis arrivée à Vienne en 2000 pour créer Highway 101, on m'a orienté sur ce label très intéressant, Mego, car je voulais travailler avec des musiciens locaux. La musique de Peter était massive mais émotionnelle. J'aimais cette architecture imposante, cette puissance intensive et sonique », explique Meg Stuart, la première chorégraphe à avoir fait appel à lui. Puis, en 2001, la rencontre avec Gisèle Vienne, du groupe DACM, sur
Showroomdummies sera décisive.
Date de publication : 18/12/2006
Inséré le : 21/03/2007 00:00
Thèmes : musique, musique électronique, spectacles,