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Danseurs et toiles
Entretien avec Christian Rizzo
Chapeau : Chorégraphe aussi subjectif que suggestif, Christian Rizzo évoque son rapport aux images à travers le prisme de
Fantômes et vanités, un
« autoportrait éclaté » projeté dans le cadre du 25e anniversaire de la Cinémathèque de la danse
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : entretien (Mots-clés : )
Genre Ressource : entretien
Apparence :
Rubrique : Le Vrac
Rubrique : Espace critique
Christian RIZZO chorégraphe
Jérôme PROVENÇAL rédacteur
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du 10/12/2007 00:00 au 10/12/2007 00:00
Salle : Cinémathèque de la danse
70 bd de Reuilly
Paris 75012 France (Ile-de-France)
Texte : Fantômes et Vanités porte en sous-titre Autoportrait éclaté. L'autoportrait passe-t-il selon vous nécessairement par la forme de l'éclatement ?Christian Rizzo : « A l'origine, la proposition de Xavier Baert
[chargé de programmes à la Cinémathèque de la danse, Ndlr.] consistait à concevoir une séance de cinéma. J'ai commencé à rassembler des extraits de choses fondatrices et, très vite, j'ai préparé une feuille de salle dans laquelle j'énumérais tous les noms de ceux qui interviennent lorsque je dis "je". Mon "je" inclut un nombre de gens incalculable – dans l'absolu, la séance aurait pu durer trois mois ! C'est de là qu'est venue l'idée de l'autoportrait éclaté. Cet autoportrait se nourrit exclusivement d'images – voire d'icônes – en mouvement, reliées entre elles par le fil rouge des
Fantômes et Vanités. Ça part vraiment dans tous les sens (scènes de films, clips, images de modes, fragments de répétitions de mes propres pièces). Un vrai mix avec Rabbi Jacob au milieu...
Que pensez-vous des rapports entre danse contemporaine et cinéma ?« Je dis toujours que je ne m'intéresse pas au cinéma mais, en fait, je m'aperçois que je m'y connais tout de même un peu... De plus, je commence aussi, depuis peu de temps, à faire des petits films. Par exemple, l'année dernière, j'ai réalisé à Taïwan – au cours d'une résidence de deux mois et demi – un film de douze minutes sur des danseurs de kung-fu. J'en ai fait un autre en associant des images de feux d'artifice avec une chanson de Joy Division. Je rumine également un projet de long métrage, à cheval entre fiction et documentaire, autour de l'une de mes prochaines pièces.
Je pense que la jonction entre danse et cinéma peut vraiment se faire au moment du montage en travaillant sur le rapport à la musicalité. Par ailleurs, quand on travaille sur scène, on crée aussi des images à l'intérieur d'un cadre � même si les notions de champ et hors-champ sont peut-être moins délimitées qu'au cinéma.
Les rapports entre les deux peuvent évidemment être fructueux (si les gens impliqués ont du talent) mais ils peuvent aussi se réduire en une triste bouillie pseudo-indisciplinaire.
La projection de Fantômes et vanités s'inscrit en ouverture de la semaine de célébration des 25 ans de la Cinémathèque de la danse. Que vous inspire l'idée de conservation, appliquée à la danse contemporaine ?« En ce qui me concerne directement, je ne sais pas trop car cela voudrait dire que ce que je fais rentre dans une certaine histoire et je n'ai pas du tout envie de me préoccuper de cela. Ce n'est pas à moi de le faire. Il y a déjà assez de gens, en particulier dans la danse contemporaine, qui veulent à tout prix (r)entrer dans l'Histoire en se trouvant toutes sortes de filiations...
Je ne tiens pas absolument à garder des traces : j'aime bien l'idée que les spectacles vivants continuent à vivre, qu'ils restent dans la mémoire des gens et qu'ils se perpétuent par la conversation plutôt que par la conservation... Je trouve plus réjouissant de ne pas cantonner une ouvre à ce qu'elle a été et de la laisser continuer à être, c'est-à-dire évoluer, devenir autre chose.
Ceci dit, je ne suis pas opposé au principe de la captation en vidéo d'un spectacle mais je considère qu'il s'agit – sauf exceptions – seulement d'un document. Ni plus ni moins. Les personnes qui ont vu mes spectacles en vidéo ont vu des vidéos mais pas les spectacles... Essentielle à mes yeux, la réunion éphémère d'une communauté face à un objet scénique n'existe pas, ou pas de manière aussi physique, avec la vidéo. L'interaction avec le public n'est plus possible. Le mérite premier d'une captation est de montrer qu'une chose a eu lieu.
Aimeriez-vous participer à l'aventure d'une comédie musicale ?« Oui, si le cinéaste s'appelle Tim Burton ou Alain Guiraudie ou Gus Van Sant, ou encore quelqu'un que je ne connaîtrais pas du tout mais que je me sentirais prêt à suivre sans hésiter... J'ai beaucoup d'affection pour la comédie musicale en général et pour des gens comme Fred Astaire ou Busby Berkeley en particulier. Certaines comédies musicales américaines – je pense, par exemple, à
Hair et au
Magicien d'Oz – sont vraiment fantastiques. »
Propos recueillis par Jérôme Provençal
Fantômes et Vanités, à la Cinémathèque française, mercredi 18 avril (20h30).
www.lacinemathequedeladanse.com
Date de publication : 07/12/2007
Mots-clés : autoportrait, eclectique, éclaté, cinémathèque
Inséré le : 17/04/2007 00:00
Thèmes : cinéma, danse,