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Intersections transgressives
Le festival Latitudes Contemporaines
Du 15 au 26 juin, la 4e édition de Latitudes Contemporaines, dans l’agglomération lilloise prône, dans le champ de la danse contemporaine et de la performance, des « identités incontrôlables ».
Steven Cohen et Elu, danseurs/performers sud-africains aujourd’hui basés en France (ils travaillent à La Rochelle avec Régine Chopinot) ont les faveurs de Latitudes Contemporaines en métropole lilloise. Leurs performances et vidéos, qui traitent notamment des notions de paganisme et de liberté, sont à l’image d’un festival qui bouscule les genres établis, déroute les perceptions et engage des modes de perception inédits. De l’iconoclaste No Paraderan, de Marco Berettini aux représentations du corps féminin que décape Alexandra Bachzetis en passant par le troublant I Apologize de Gisèle Vienne, ou encore avec Gilles Jobin, Christian Rizzo, David Flahaut, etc., la scène contemporaine incarne des fantasmes transgressifs. Et les « intersections » entre différents champs artistiques caractérisent nombre de propositions actuelles, dont Latitudes Contemporaines se fait l’écho : Still Lives, d’Isabelle Schad, Blade Affection, d’Emilie Aussel, collectent ainsi images et matériaux sonores. Fragmentation d’un espace intime que questionnent encore les Histoires d’Olga de Soto, une installation – pour un spectateur à la fois – de Heine Rosdal Avdal, et une création de la Portugaise Sonia Baptista, qui traite « des apparats de la solitude autoprotectrice ».
« Certes, écrivent François Frimat, Président du festival, et Maria Carmela Marini, sa directrice artistique, Latitudes est le festival d’une danse contemporaine indisciplinaire et de la performance. Mais ceci dit, rien n’est dit. A l’heure où beaucoup tentent de se situer de parts et d’autres de telle ou telle (non)danse, nous affirmons ici notre refus de souscrire à telle ou telle identité. […] Contrôler les identités ne devient stimulant que si cela nous donne l’occasion de constater qu’elles sont floues, loin d’être figées. “Je suis ce que je serai demain. Le présent nous étouffe. L’identité n’est pas un héritage, elle est une création. Elle nous crée et nous la créons. Aujourd’hui, je suis absent, demain, je serai présent”, écrit le poète Mahmoud Darwich. C’est pourquoi nous ouvrons cette année le festival à de nombreuses œuvres qui témoignent d’identités en crise, en chantier ou encore en déconstruction, bref à des identités dynamiques dont la vocation est davantage de se rendre incontrôlables que de se figer en un patrimoine prescriptif à hériter. »
Latitudes Contemporaines, à la Maison Folie de Wazemmes (Lille), à La Rose des Vents de Villeneuve d’Ascq, à la Condition Publique de Roubaix et au Fresnoy, à Tourcoing, du 15 au 26 juin. Tél. 03 20 55 18 62 www.latitudescontemporaines.org
Publié le 2006-06-25
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : brève
Thème(s) : festival, spectacle vivant, performance,
Mot(s) Important(s) : danse contemporaine, perception, performance,
Artiste(s) : Elu (performeur), Steven COHEN (performeur), Christian RIZZO (chorégraphe-interprète), Gisèle VIENNE (metteur en scène), Marco BERETTINI (metteur en scène),
Passage(s) : Lille 59000 ,
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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