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Grondements sous la verrière
Riche programme musical à "La Force de l'art"
En marge d'une exposition qui, quoique contestée, mérite assurément le détour, La Force de l'art propose un riche volet musical concocté par Bastien Gallet et Patrick Javault, donnant à entendre un large spectre de musiques exigeantes
Si l'on s'attache à mettre de côté les attaques et les réserves, parfois tout à fait justifiées, dont a été entourée l'hâtive genèse de La Force de l'art (ce titre, tout de même...), pour considérer cette manifestation comme « une exposition parmi d'autres », force est de reconnaître qu'il y a beaucoup à retirer ce la visite de celle-ci. Si, outre l'hâtive genèse susmentionnée, on pourra toujours déplorer des oublis et d'inévitables lacunes, discuter des parti pris de ce show visant à démontrer la vitalité et la pluralité de la scène hexagonale, regretter que l'on n'ait pas mieux tirer parti du gigantisme et de la magnificence du lieu, La Force de l'art présente, au Grand Palais, un grand nombre de très belles œuvres d'art, intégrées dans des propositions esthétiques ou « muséographiques » tout à fait stimulantes : les associations imaginées par les quelque 14 commissaires ayant été invités à l'élaboration de cette première triennale s'avèrent souvent intéressantes, que ce soit par le choix des pièces ou une scénographie tirant parfois un beau parti des espaces d'exposition (Xavier Veilhan, Eric Troncy). De Dominique Marchès à Richard Leydier, en passant par Paul Ardenne ou Lóránd Hegyi, il y a là une appréciable conjonction de regards croisés qui, si l'on met de côté ses a-prioris « idéologiques », justifient le détour par le Grand Palais.
En outre, et c'est surtout là-dessus que l'on insistera ici, La Force de l'art est dotée d'un volet musical tout à fait riche, dont la programmation a été confiée à Bastien Gallet et Patrick Javault. En 28 concerts disséminés sur les six semaines d'exposition d'une musique « vivante et mordante », il s'agit, selon eux, d'affirmer qu'« écouter peut encore être une expérience ». A défaut d'être toujours facile d'accès pour le néophyte, les œuvres présentées et les artistes en présence, résolument expérimentaux, balaient un large spectre allant des musiques improvisées (électriques ou électroniques) à la musique écrite, de la musique concrète à la poésie sonore, en passant par le « post-rock ». Jusqu'au 25 juin, on pourra ainsi entendre l'accordéoniste Pascal Contet, le folk américano-malien de Thee, Stranded Horse (projet de Yann Tambour, au sommaire du numéro 40 de Mouvement), des œuvres de Harry Partch, Jacques Rebotier ou Luc Ferrari, les sombres explorations sonique du guitariste Jean-François Pauvros et de la harpiste Hélène Breschand, la pop douce-amère de The Konki Duet, un concert de Dominique Petitgand diffusé dans le noir... Moins médiatisé que le volet purement plastique, ce versant musical de La Force de l'art est d'une exigence et d'une qualité tout à fait remarquable.
David Sanson
La Force de l'art, au Grand Palais, à Paris, jusqu'au 25 juin. Tél. 01 42 25 06 79 www.forcedelart.culture.gouv
David SANSON,
Publié le 2006-06-06
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : brève
Thème(s) : musique indienne, art visuel, musique, exposition,
Mot(s) Important(s) : musique concrète, musique électronique, musique, arts visuels, biennale, exposition,
Artiste(s) : David SANSON (rédacteur), Jacques REBOTIER (compositeur), Yann TAMBOUR (musicien),
Passage(s) : Paris 75013 ,
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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