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L'âge de l'indépendance
Mo’Fo #6 à Mains d’Œuvres
A Mains d’Œuvres, Mo’Fo s’est peu à peu imposé comme une institution en manière de rock indépendant. La 6e édition de ce festival, à l’origine plutôt dévolue à l’« anti-folk », les glorieux pionniers d’A Certain Radio, les iconoclastes Berg Sans Nipple… A suivre du 29 juin au 1er juillet.
Avec sa sixième édition, toujours à Mains d’Œuvres, le festival Mo’Fo continue d’élargir son propos, pour s’imposer comme l’un des rendez-vous incontournables de la saison parisienne en matière de rock indépendant au sens le plus large – et le plus noble – du terme : à l’origine voué à l’« anti-folk » (ou folk lo-fi), le festival s’est, au fil des ans, stabilisé autour d’une ligne qui est finalement moins stylistique que « philosophique ». A Mo’Fo, en 20065, on célèbre non pas un genre musical précis, mais une attitude et un esprit – l’indépendance et le « Do it yourself » sous toutes leurs formes.
Avec tout de même quelques constantes. Tout d’abord, la résurrection de glorieux aînés ou de formations cultes et rares : après les Pastels et Teenage Fanclub en 2005, ce seront cette année les Silver Jews (projet de David Berman, qui compta dans ses rangs Stephen Malkmus, l’ex-leader de Pavement, et dont c’est le premier concert en France), The Frank & Walters (défenseurs talentueux d’une certaine idée de la pop anglaise), Eugene Kelly et Frances McKee (ex membres des Vaselines, réunis pour la première fois depuis 15 ans) et surtout A Certain Ratio, auxquels reviendra la charge de démontrer qu’en matière de rock, parfois, le nombre des années n’entame pas la valeur, bien au contraire. Le passage de ces derniers, le vendredi 30 juin, est à ne surtout pas rater : piliers du mythique label Factory Records, A Certain Ratio – après, il faut bien le dire, des années d’ignorance de la part de la critique rock bien-pensante – bénéficie aujourd’hui d’un culte bien mérité, pour avoir été l’un des premiers groupes à métisser les sonorités froides du post-punk à celles, plus chaudes, de la soul music. Une musique noire dans tous les sens du terme donc, un funk blanc à la fois dansant et plombé, aérien et brumeux, dont il n’est guère étonnant qu’il ait trouvé refuge sur l’irréprochable label new yorkais Soul Jazz (auquel on doit d’avoir réédité les œuvres d’autres pionniers ès métissage, tels que ESG ou Arthur Russell).
Autre constante : la place récurrente accordée au folk, sous toutes ses formes – cette année, avec notamment la venue de Why?, dont le dernier album (paru, comme les précédents, sur le label de hp hop mutant Anticon), esquisse les contours d’un folk d’un troisième type, ou encore la re-venue (pour des DJ-set au Pulp ou à Mains d’Œuvres) de Yaya Herman Düne, figure tutélaire du festival. Mais Mo’Fo 2006, ce sera aussi l’occasion de donner un coup de projecteur sur une scène montréalaise décidément féconde – avec les irrésistibles Georges Leningrad, le power rock lesbien de Gossip ou encore We are Wolves. Et de présenter quelques valeurs montantes de la scène hexagonale, avec le néo-krautrock de Turzi, Cyann & Ben, ou encore le rock hybride des apatrides Berg Sans Nipple, toujours époustouflants sur scène.
Mo’Fo #6, les 29, 30 juin et 1er juillet à 19h à Mains d’Œuvres (Saint-Ouen). Tél. 01 40 11 25 25 www.mainsdoeuvres.org
Publié le 2006-06-21
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : brève
Thème(s) : festival, rock, musique,
Mot(s) Important(s) : Rock, folk, post-rock, indépendants, festival,
Artiste(s) :
Passage(s) : Mains d'oeuvres Saint-Ouen 93400 ,
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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