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L’atermoiement illimité
Nouveau débat sur l’intermittence
Alors que le dossier de l’intermittence est toujours dans l’impasse, la Coordination des Intermittents et Précaires et le Syndicat Nationale des Arts Vivants organisent un nouveau débat au Festival d’Avignon, le 12 juillet.
Intermittents, Précaires, qu’est-ce qui se passe ? Sous ce titre, la Coordination des Intermittents et Précaires et le Syndicat Nationale des Arts Vivants, organisent un débat le 12 juillet en Avignon au Cloître St-Louis de 14h 30 à 18h. Depuis l’annulation des principaux festivals de l’été en 2003, consécutive à la réforme du régime d’indemnisation chômage décidée par le Medef et la CFDT, l’imbroglio du dossier de l’intermittence n’est pas sorti de l’impasse. Outre que cette réforme n’a pas produit les « économies » escomptées, elle a plongé de nombreux artistes dans l’inquiétude, le désarroi, et une précarité aggravée. Sous la pression, le ministère de la Culture a été contraint de mettre en place un « fonds transitoire » qui a repêché certains de celles et ceux qui se voyaient suspendre leur allocation chômage. Mais sur le fond, rien n’est réglé. Les « partenaires sociaux » se sont déchirés de plus belle lors de nouvelles négociations, et le gouvernement rechigne à passer par la voie législative pour trouver une issue à la crise. C’est dans ce contexte légèrement kafkaïen que le Festival d’Avignon sera à nouveau, comme en 2004 et en 2005, le théâtre de rencontres-débats sur l’intermittence. La Coordination des intermittents et précaires ironise à juste titre, cette année, sur « la Sainte alliance du libéralisme culturel et de la planification bureaucratique » :
« Dans Le Procès de Franz Kafka, dit le texte de présentation du débat organisé le 12 juillet, le personnage principal poursuivi dans un procès dont il ne connaît aucun des chefs d’accusation demande quand sera rendu le verdict. On lui apprend alors que le mieux auquel il peut prétendre est “l’atermoiement illimité” : aucune charge portée contre lui ne sera jamais retirée, mais peut-être le jugement ne sera-t-il jamais rendu, et on continuera à faire peser sur lui une lourde suspicion sans décider définitivement de le condamner.
Voilà bien où nous en sommes aujourd’hui avec le dossier des intermittents. Les négociations sont finies. Après trois ans de crise aucun nouvel accord n’a été trouvé, et le protocole de 2003, loin d’être abrogé est bien celui qui s’applique aujourd’hui à chaque examen de droit.
Pendant ces trois ans , sous couvert de lutte contre les abus tant décriés, les bureaucrates n’ont pas chômé, nous assistons à une chasse aux sorcières sans précédents des intermittents et des structures employeurs ( garde à vue, retrait de licence…)
Illégalités ? Inadéquation du système ? Accusations infondées ? opacités ou paradoxes de la législation ?
Entreprise engendrant de forts bénéfices sur l’emploi flexible ou artisanat théâtral, auto-exploitation des artistes et des techniciens ou sous-traitance du salariat au profit des théâtres et des collectivités locales la bureaucratie n’a que faire de ces subtilités.
Face aux contrôles, à la peur qui isole, ne restons pas seuls !
Brisons le silence, ne nous plaignons pas, portons plainte !
Pourquoi et comment se bâtissent des dispositifs à fabriquer de l’illégalité ?
Contrôles des compagnies, radiations des chômeurs, expulsion des sans-papiers, bureaucratisation, pénalisation de nos pratiques: qu’est ce qui se passe ?
Des discours qui endorment, des négociations sur notre dos, des protocoles débiles, des définitions indélébiles, des vies sous répressions...
Qui décide de quoi ? Qui contrôle qui ?
Intermittence, précarité, quels nouveaux droits ? »
Débat public au Cloître Saint-Louis, Avignon, le 12 juillet, de 14h30 à 18 h.
Publié le 2006-07-11
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : brève
Thème(s) : politique, emploi culturel, politique culturelle,
Mot(s) Important(s) : intermittence, politique culturelle, ministère de la Culture, emploi, Medef, manifestation, Festival d'Avignon,
Artiste(s) :
Passage(s) : Avignon 84000 ,
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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