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Au partage du sensible


Un week-end à Arcueil, au Lieu de l'Autre



Les « rencontres dans le pré », du 28 septembre au 1er octobre à Anis Gras / le Lieu de l'autre, à Arcueil, sont l'occasion de mettre en perspective des initiatives qui conjuguent « démocratie culturelle » et « expérimentation sensible ».


On y fabriquait jadis de l'anisette. Aujourd'hui, on tente d'y allier « les exigences de la démocratie culturelle et celles de l'expérimentation sensible ». Depuis un an et demi, l'ancienne distillerie de l'Anis Gras, à Arcueil, est devenue « le Lieu de l'autre » confié à l'association Écarts à l'issue d'un appel à candidatures. Le projet rédigé par Catherine Leconte (ancienne coordinatrice générale des Laboratoires d'Aubervilliers) et Valérie Marange (philosophe, ancienne co-rédactrice de chef de la revue Chimères) indiquait qu'il s'agissait de « mettre en son centre la création artistique et la recherche esthétique, mais en posant d'emblée son lien profond avec l'ensemble de l'activité humaine : les techniques, les manières de vivre, l'action de terrain, comportent toutes un « coefficient d'art » (Duchamp), de sensibilité et d'invention, dont l'art, comme domaine séparé, n'est qu'un laboratoire particulièrement élaboré » .
Un an et demi après son ouverture, avec un budget qui « reste minimaliste », le Lieu de l'autre a pris ses marques : résidences de création, scènes ouvertes, mais aussi bar-cantine, atelier de construction, café des enfants et cafés ciné-philosophiques dessinent « une forme d'écologie culturelle, sans complaisance pour les tentations populistes et les retours élitistes qui menacent aujourd'hui les territoires de l'art ». Plusieurs chantiers de réflexion se sont « mis en mouvement », ébauchant un laboratoire interdisciplinaire qui pilotera la constitution de fonds documentaires, l'organisation de rencontres, de dispositifs pédagogiques, et la production de tentatives artistiques. « Nous voulons nous situer en amont de la production », indiquent Catherine Leconte et Valérie Marange, « non pas dans la posture d'une avant-garde, mais plutôt dans la zone du pré, pré-discursif, pré-représentatif», pour reprendre des mots de Jean Oury. « Le pré, c'est aussi un arrière-pays à partir duquel penser l'espace urbain et institutionnel qui nous environne. » Du 28 septembre au 1er octobre, les premières « rencontres dans le pré » offriront, entre installations, projections et spectacles (un film d'Olivier Derousseau, une création de Véronique Petit et la compagnie TGV, un concert de la Langue écarlate autour de textes de Kathy Acker, etc.), des temps de rencontres / débats pour mettre en partage « la question des territoires dont dispose aujourd'hui l'humanité pour se réinventer » loin des « subjectivités malmenées par l'hyper-concurrence », et de la « dictature de la communication ».

Rencontres dans le pré, du 28 septembre au 1er octobre.

A suivre :
Déménagements, création de Véronique Petit / Cie TGV, les 5 et 6 octobre.
Grand Magasin raconte MA VIE, création de François Hiffler et Pascale Murtin, du 20 au 22 octobre.
Célébration d'un mariage impossible, d'Eugène Savitzkaya, par la Cie Migratori K.merado, les 27 et 28 octobre
Portraits crachés, d'Yves Pagès, par la Cie Valsez-Cassis, du 15 novembre au 2 décembre.

Anis Gras Le lieu de l'autre, à Arcueil. Tél. 01 49 12 03 29
www.lelieudelautre.fr



Publié le 2006-09-21

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : brève
Thème(s) : politique culturelle, art contemporain,
Mot(s) Important(s) : politique culturelle, réflexion, rencontre,
Artiste(s) : Valérie MARANGE (philosophe),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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