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Rituels de Malaisie et souks sexy


Le festival de l'Imaginaire, à Paris, jusqu'au 6 avril



La Maison des Cultures du Monde inaugure son 11e Festival de l'imaginaire par un voyage en Malaisie, et invite de jeunes artistes femmes à questionner l'érotisme dans le monde arabo-musulman.


Entre l'Indonésie et la Thaïlande, la Malaisie est un véritable carrefour des civilisations de l'Asie du sud-est. Plusieurs populations, malaises et aborigènes, y cohabitent avec des immigrants indiens, chinois, javanais et yéménites. Pays de peuples, de langues et de religions diverses, la Malaisie possède une culture aussi riche que complexe... et tout à fait méconnue en nos contrées. La musique et la danse reflètent tout particulièrement ces diverses influences culturelles, comme on pourra le découvrir lors de la première semaine du Festival de l'imaginaire, notamment avec le rituel du Dabus, musique et chants sacrés avec l'ensemble de Bagan Datoh, sous la direction du « Kalifa » Seteh Bin Anjang Ria, avec le chanteur Hadji Ismaïl Bin Yousuf. Le Ghazal de Johor, avec le Kumpulan Ghazal Sri Maharani, ensuite, est une forme musicale syncrétique (dont les instruments principaux sont le gambusou ‘ud, l'harmonium et les tablas). On pourra enfin suivre les danses rituelles du Kelantan : Le Mak Yong, à la fois danse, rituel, récit, musique et chant, était autrefois réservé aux femmes ; tandis que le Manora, issu d'un rituel de guérison, était encore voici peu exclusivement dansé par des hommes.
Le Festival de l'Imaginaire propose bien d'autres voyages, avec des formes traditionnelles venues d'Espagne, du Vénézuéla, du Mozambique, d'Iran (et notamment d'Azerbaïdjan, avec Aygun Baylar, la nouvelle voix du Mugam), d'Ouzbékistan, du Pakistan, d'Inde et de Syrie. Toutefois, cette onzième édition, désormais sous la direction artistique d'Arwad Esber, marque une novation de taille. Loin de se cantonner au seul répertoire des « cultures du monde », une exposition convie en effet de jeunes artistes contemporaines à s'exprimer sur « l'imaginaire érotique » des pays arabo-musulmans. Voici une dizaine d'années, dans l'un des vieux souks de Damas, le regard d'Arwad Esber avait été attiré par de petites échoppes qui proposaient à la vente des sous-vêtements féminins dignes d'un sex-shop parisien. Aujourd'hui, ces sous-vêtements sont devenus beaucoup plus délirants, truffés de gadgets qui arrivent directement de Chine.
Au-delà du discours sur la place de la femme dans la société musulmane au sein de la société arabe, le Festival de l'Imaginaire se propose de « dévoiler » cet imaginaire érotique, afin de saisir les paradoxes propres au Moyen-Orient, en un jeu de « va et vient » entre l'intérieur et l'extérieur, le dedans et le dehors, le caché et le révélé. Au Point éphémère, « Sexy souks » fait appel à de jeunes artistes femmes originaires du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (Ghizlane Abbadi, Buthayna Ali, Zouleika Bouadbellah, Ninar Esber, Iman Ibrahim, Majida Khattari, Reine Mahfouz, Rana Salam, Lamia Ziade), traçant une voie singulière de l'art populaire à la création contemporaine.

Elodie Jean

11e Festival de l'imaginaire, du 6 mars au 6 avril, à Paris ((à la Maison des Cultures du Monde, mais aussi à l'Auditorium du Louvre, à l'amphithéâtre de l'Opéra Bastille, au Théâtre équestre Zingaro).
Sexy Souks, exposition du 7 au 28 mars au Point Ephémère. Tél. 01 45 44 72 30
www.mcm.asso.fr
www.pointephemere.org


Elodie JEAN,
Publié le 2007-03-05

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : présentation
Thème(s) : danse, art visuel, musique,
Mot(s) Important(s) : exposition, danse, musique, culture, féminité, musulman, Malaisie,
Artiste(s) : Elodie JEAN (rédacteur),
Passage(s) : Maison des Cultures du Monde Paris 75006 , Point Ephémère Paris 75010 ,
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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