Si l'information ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Le bonheur des yeux
Le 18e festival Théâtres au Cinéma, à Bobigny
Une exceptionnelle intégrale Serguei Paradjanov doublée d'un plantureux hommage à Armand Gatti : la 18e édition du festival Théâtres au cinéma s'apparente à un véritable eldorado cinéphile.
Bénie soit l'année de l'Arménie à la faveur de laquelle – et grâce à l'élan passionné des animateurs du Magic Cinéma de Bobigny – l'œuvre maudite de Serguei Paradjanov va, quinze jours durant, être mise à la portée de tous les yeux curieux. Né de parents arméniens à Tbilissi en 1924, Paradjanov – de son vrai nom Sarkis Yossifovitch Paradjanian – a partagé sa vie entre Russie, Géorgie et Arménie, en un continu brassage de cultures dont il a fait la composante première de son art. Aussi hostile au réalisme socialiste qu'au conformisme, il ne manqua pas d'irriter le pouvoir soviétique... S'ensuivirent maintes mesures répressives – accusations d'incitation au suicide (sic) ou d'homosexualité, emprisonnements, interdiction d'exercer son métier de cinéaste – qui finirent par avoir raison de sa résistance et de sa robuste constitution : il meurt en 1990, laissant derrière lui une dizaine de films nimbés d'un rayonnant halo de mystère. Accompagnés de programmes corollaires visant à mettre en lumière les affinités électives (Pasolini, Fellini...) de Paradjanov, ses amis arméniens, ses disciples géorgiens ou encore son influence sur certains cinéastes iraniens contemporains, tous ces films – d'Andriech (1955) à Achik Kerib, conte d'un poète amoureux (1988), en passant par Les chevaux de feu (1964), somptueuse fresque tragique, « l'un des plus beaux films de l'histoire du cinéma » selon Jean-Louis Bory – se retrouvent à l'affiche de cette 18e édition de Théâtres au cinéma. Plusieurs documentaires – dont deux tournés par Patrick Cazals, par ailleurs auteur d'une monographie publiée par Les Cahiers du Cinéma – apportent un éclairage supplémentaire sur ce corpus cinématographique d'une envergure rare. En sus, afin de ne pas laisser dans l'ombre le plasticien que fut aussi Paradjanov, un choix d'œuvres (collages, dessins...), puisées dans le fonds du musée d'Erevan, fera l'objet d'une exposition, venant opportunément s'ajouter à celle montée par l'Ecole des Beaux-Arts de Paris (visible jusqu'au 18 mars).
Le cinéma d'Armand Gatti, metteur en scène et dramaturge mondialement réputé, reste aujourd'hui encore largement ignoré : c'est la raison pour laquelle, en parallèle à l'intégrale Paradjanov, Théâtres au cinéma a tenu à lui rendre un hommage plus que bienvenu. Composé de films de, sur ou autour de Gatti mais également de lectures et de débats (Pour une culture en partage et Contre la peine de mort), cet hommage substantiel s'adresse en priorité à tous ceux pour qui « combat » et « poésie » ne sont pas de vains mots.
Jérôme Provençal
18e festival Théâtres au cinéma, au Magic Cinéma de Bobigny, du 9 au 25 mars.
M° Bobigny/Pablo Picasso (L 5)
www.magic-cinema.fr
Jérôme PROVENÇAL,
Publié le 2007-03-05
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : présentation
Thème(s) : théâtre, cinéma, rétrospective,
Mot(s) Important(s) : cinéma, théâtre, politique, rétrospective,
Artiste(s) : Paradjanov (cinéaste), Armand GATTI (dramaturge), Jérôme PROVENÇAL (rédacteur),
Passage(s) : Magic Cinéma Bobigny 93 000 ,
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
A voir :