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La 16e édition du festival Côté Court s'ouvre à Pantin
Bastion cinéphile, le festival Côté court s'attache, avec une ambition généreuse, à opérer un tri sélectif à l'intérieur de la production contemporaine, sans omettre de scruter le passé. Morceaux choisis de l'édition 2007.
Pantin est une ville qui mérite toute notre considération : non seulement elle a vu naître Pierre Desproges – ce qui justifie déjà amplement un pèlerinage – mais elle a conquis un statut de choix dans le domaine du cinéma, grâce au festival Côté court, qui s'est doté d'une forte identité en maintenant une ligne éditoriale exigeante – où se décèle une louable attirance pour les marges – dans une atmosphère de franche convivialité. Riche de plus de 250 films, dont de nombreux inédits, la 16ème édition ne devrait pas déroger aux excellentes habitudes de la maison. Outre les sections compétitives (divisées entre Fiction et Expérimental-Essai-Art Vidéo) et le panorama, qui tendent à condenser le nec plus ultra du court métrage contemporain, plusieurs rétrospectives et/ou cartes blanches viennent, comme à l'accoutumée, enrichir le menu et élargir le champ de vision. Il faut tout d'abord signaler la carte blanche accordée à la Cinémathèque de Tanger, ayant comme objectif de témoigner, via un consistant programme de films couvrant la période 1995-2006, du renouveau du cinéma marocain, au terme d'une longue traversée du désert. Il faut ensuite attirer l'attention sur l'hommage opportunément rendu à Samuel Beckett, la partie audiovisuelle de son œuvre n'étant certes pas la mieux connue. L'on pourra ainsi voir le fameux Film (1966), co-réalisé avec Alan Schneider et interprété par Buster Keaton, ainsi que, plus confidentiels encore, les très étranges objets télévisuels façonnés entre 1975 et 1985, dont l'esthétique épurée et la tonalité décalée (quelque chose comme du burlesque janséniste) rompent radicalement avec la tiédeur coutumière du robinet à images. Il faut encore signaler la section thématique Filmer la danse, axée sur les courts métrages du Belge Wim Vandekeybus. Chorégraphe entré en scène à la fin des années 80, élément de la remuante scène flamande, Vandekeybus a tourné une dizaine de courts et moyens métrages, tous conçus en relation directe avec ses spectacles. Certains s'apparentent à des captations, plus ou moins réinventées (Silver, Roseland), d'autres s'éloignent davantage de l'origine scénique pour prendre une forme filmique autonome (Blush, La Mentira), d'autres encore font partie intégrante du spectacle (The last words, Body, body on the wall...). Quelle que soit la catégorie envisagée, le résultat ne convainc guère. Il accablerait plutôt, du fait que ce cinéma est pétri de tics et souffre de flagrantes carences, notamment au niveau du rythme, Wim Vandekeybus ayant une fâcheuse tendance à confondre mouvement et gesticulation – confusion rédhibitoire tant sur le plan du cinéma que sur celui de la danse...
Faisons confiance à Maurice Lemaître, l'infatigable agitateur lettriste, et à Christian Lebrat, grand passeur de cinéma expérimental, pour relever sérieusement le niveau d'intensité, le temps de deux performances successives, organisées mardi 3 avril au Théâtre au Fil de l'eau.
Jérôme Provençal
16e Festival Côté court de Pantin, du 27 mars au 6 avril.
www.cotecourt.org
www.cotecourt.org
Jérôme PROVENÇAL,
Publié le 2007-03-19
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : présentation
Thème(s) : cinéma expérimental, festival,
Mot(s) Important(s) : courts métrages, cinéma expérimental,
Artiste(s) : Jérôme PROVENÇAL (rédacteur), Wim VANDEKEYBUS (chorégraphe),
Passage(s) : Pantin 93500 ,
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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