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Shakespeare, le revenant perpétuel
William Shakespeare n'en finit pas de cavaler en tête. Pour les metteurs en scène qui s'en emparent «il secoue encore notre présent». Il fait office de source essentielle: un lieu du théâtre où tout commence et tout finit.
Peut-on parler d'un retour de Shakespeare comme on parlerait d'un retour aux classiques ? Shakespeare ne serait-il pas soumis à un éternel retour ? N'est-il pas lui-même comme les spectres qui habitent ses textes, un perpétuel revenant ? Mystère quasi mythique, il serait l'éternel grand absent / présent, à la manière d'un esprit tapi sous les planches de nos théâtres. Shakespeare en effet - et cela est flagrant dans les pièces de la fin où l'on est sans arrêt confronté au phénomène du théâtre dans le théâtre - pose avant tout la question du théâtre lui-même. Au début du siècle, dans De l'art du théâtre, Gordon Craig affirmait la nécessité d'affronter la représentation des spectres dans le théâtre de Shakespeare. Pour le metteur en scène britannique, l'importance du surnaturel dans l'action dramatique interdisait d'emblée tout traitement naturaliste. Dès lors, selon Craig, la scène apparaît comme un espace de tension entre le visible et l'invisible. C'est, dit-il, parce qu'il fait intervenir dans son oeuvre «ces influences sensibles bien qu'invisibles, aussi impalpables que l'ombre d'une ombre, et pesant néanmoins sur nos destins, tantôt maléfiques et tantôt bienfaisantes, que Shakespeare arrive à des résultats que n'atteignent point nos contemporains.
Maïa BOUTEILLET,
Publié le 1999-03-01
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : analyse
Thème(s) : théâtre,
Mot(s) Important(s) : Shakespeare William, adaptation, dramaturgie, invisible, France,
Artiste(s) : Maïa BOUTEILLET (rédacteur), William SHAKESPEARE (auteur), Douglas GORDON (metteur en scène), Bertolt BRECHT (auteur), Bernard DORT (auteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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