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Le festival Montpellier Danse
Quinze ans après la disparition de Dominique Bagouet, Montpellier-Danse offre grandes reprises et pièces moins connus du chorégraphe, s'interroge sur les conséquences des années-sida, et cherche le bon tempo d'une « remise en route du désir ». Du 23 juin au 7 juillet
« Peut-on aller jusqu'à affirmer que le VIH a eu un effet sur l'histoire des formes esthétiques de ces vingt dernières années ? » Cette question sera l'un des fils rouges de l'édition 2007 du festival Montpellier Danse. Se retrouve-t-elle dans le balancement indiqué par Jean-Paul Montanari, son directeur ? Balancement entre d'une part les « funestes années-sida où nous avons vu la danse ralentir, se figer (jusqu'à produire une "non-danse" ?). Comme une panne des corps », et d'autre part les années d'aujourd'hui où « les corps reprennent peu à peu le mouvement. Il y a comme une remise en route du désir, un retour de la composition, de la vitesse dans la danse » Chercheurs, artistes et journalistes occuperont une journée à nouer et dénouer pareils liens, d'autant plus complexes qu'ils œuvrent essentiellement de manière souterraine et détournée.
Sur les plateaux même s'orchestreront les retrouvailles avec l'œuvre de Dominique Bagouet, quinze ans après sa disparition : de nouvelles grandes reprises par le Ballet de l'Opéra de Genève (So Schnell, Jours étranges), mais aussi de petites pièces moins connues, Valse des fleurs de rue et projections de cent-deux heures d'images. La publication d'un ouvrage autoréflexif des Carnets Bagouet en est un autre aspect. La pierre philosophale de ce rapport à l'héritage sera peut-être recélé dans le solo-portrait d'une interprète de Bagouet, Catherine Legrand – et quelle interprète ! – dressé par cet intrigant enquêteur du hors-scène spectaculaire qu'est Laurent Pichaud.
La nouvelle création d'Alain Buffard (Not) a love song, tout à sa culture camp (complétée de deux pièces anciennes), celle d'Animal Femelle par Mark Tompkins en réponse cinglante à ceux qui reçurent Animal avec homophobie, enfin l'autoportrait féroce de Fabrice Ramalingom (Comment se ment) et son éclatement avec vingt autres hommes dans Postural : étude, sont-ils à percevoir comme un étoilement des interprétations de la vie perdurant et s'inventant au-delà des partitions de la (post)-épidémie ?
Hormis une paire d'opérations remplissage (Preljocaj, Alonzo King), et un galop d'éclat d'Israel Galván (dont sa stupéfiante La Francesa avec Pastora Galván), ou un salut à Régine Chopinot (O.C.C.C.), Montpellier Danse 07 fait large place à une longue série de pièces nouvelles des têtes chercheuses du temps : nouveau solo de Christian Rizzo, nouvelles pièces des Gehmacher, Wampach, Fiadeiro, Jégou, Jouve, Ben Mahi. Et un incunable de Raimund Hoghe : Meinwärts (1994).
Au rang des immémoriales fidélités, Trisha Brown écarte le grand compas du temps en dansant elle-même sa toute dernière pièce technologique, et en l'appuyant sur une série de pièces expérimentales des années 70. Le temps, le tempo, celui de notre rapport vital asservi aux modalités de nos productions, serait-il le fil rouge bien plus souterrain de cette édition : alors la nouvelle création de Mathilde Monnier, Tempo 76, en donnerait-elle le rythme critique secret ?
G.M.
Montpellier Danse, du 23 juin au 7 juillet.
Tél 0 800 600 740
www.montpellierdanse.com
Q(Sous l'intitulé « Ce que le sida a fait à la danse. Ce que la danse a fait du sida », Gérard Mayen coordonne une journée de réflexion lors du festival Montpellier Danse, le lundi 25 juin, de 9 h 30 à 18 h)
Gérard MAYEN,
Publié le 2007-06-13
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : présentation
Thème(s) : danse, débat, sida,
Mot(s) Important(s) : virus VIH, art, maladie, vie,
Artiste(s) : Jean paul MONTANARI (direction), Dominique BAGOUET (chorégraphe), Gérard MAYEN (rédacteur),
Passage(s) : Montpellier 34000 ,
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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