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Pour toi, utopie.


6e édition de la Nuit Bleue, à la Saline Royale d'Arc-et-Senans (Franche-Comté)



Deux nuits activistes électroacoustiques olympiennes se profilent, les 6 et 7 juillet en Arc-et Senans. Pour rappeler qu'en république des musiques électroniques, la techno n'a pas le monopole des musiques de nuit, et faire (re)découvrir des artistes qui trouvent rarement des scènes à leurs sons.


La Saline Royale d'Arc-et-Senans, haut lieu architectural futuriste conçu par Claude-Nicolas Ledoux dans les années (17)70, se déguisera les nuits des 6 et 7 juillet en authentique Cité Idéale de sons et de lumières, à l'initiative de l'association Elektrophonie, qui y organise depuis six ans sa Nuit Bleue. Un acousmonium diffusera les performances musicales, tandis que les jardins de la Saline seront illuminés par le plasticien Michel Verjux – autant de cordes tendues entre l'expérimentation visuelle et sonore, que tente de conjuguer ce festival intimiste. Créé en 1974 par François Bayle pour diffuser les créations électroacoustiques du Groupe de Recherche Musical parisien, l'acousmonium, dispositif de 50 haut-parleurs haute précision, fut l'outil qui pour la première fois donna à la musique électroacoustique une dimension véritablement orchestrale. C'est dans la tradition musicale qui a donné naissance à une telle invention que s'inscrit immédiatement une part déterminante de la création électronique contemporaine.

Dans cet esprit, le pionnier et maître historique de la musique électronique, Pierre Henry, est invité à présenter en live extérieur un projet inédit réalisé en hommage à la réalisation de Ledoux. On se souvient de sa récente série de concerts, « Pierre Henry chez lui », lors de laquelle le compositeur conviait ses auditeurs à prendre place en divers lieux de sa « maison des sons », pour y écouter un délicat collage spirituel de souvenirs sonores, intitulé Voyage initiatique (2005). De même que l'on pouvait assister allongé sur un lit à ce concert, la Nuit Bleue propose à ses visiteurs de profiter des performances étendus sur l'herbe ou sur des matelas, posture rêvée pour tout amateur nyctalope de musiques contemplatives.

A l'honneur également cette année, le label allemand Raster-Noton, né en 1999 de la fusion des labels de Carsten Nicolai (aka Alva.Noto), Olaf Bender (Byetone D) et Frank Bretschneider (Komet). Sous-titré « Une archive du son et du non-son » par ses fondateurs, ce label s'est toujours voulu un espace libre d'expérimentations et de créations sonores et visuelles. Au programme, un live de Bretschneider, dont l'acuité du travail sur les rythmes et sur la profondeur des sons ne répugne pas à des intonations groovy – ainsi qu'une série de concerts des membres éminents de Raster-Noton, qui approfondiront cette exploration nocturne des expérimentations électroacoustiques. Sont annoncés en particulier des concerts de Signal (groupe réunissant les trois fondateurs du label), Kangding Ray (Français versatile, auteur du très beau Stabil en 2006), ou encore le savant fou Carl Michael von Hausswolff, artiste pluridisciplinaire auteur de deux albums fascinants et fantomatiques sur Raster Noton.

Pendant ces deux nuits seront en outre proposées une conférence publique, des déambulations savamment mises en sons, des diffusion de pièces de l'atelier de création radiophonique, et un cycle de films et documentaires faisant écho à la programmation du festival.

Dorothée Smith

6e Nuit Bleue, à la Saline Royale d'Arc et Senans, les 6 et 7 juillet.

A consulter :



Dorothée SMITH,
Publié le 2007-06-27

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu
Thème(s) : musique, festival, multidisciplinaire,
Mot(s) Important(s) : festival, musique électro-acoustique, nuit, transdiscipline, expérimentation,
Artiste(s) : Dorothée SMITH (rédacteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

A voir : http://www.nuit-bleue.com