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Vaclav Havel, président-écrivain
Mercredi matin, Vaclav Havel a écourté, pour des raisons de santé, son séjour au 56ème Festival d'Avignon. Il a laissé le message qu'il avait rédigé pour la soirée organisée en son honneur dans la cité des papes.
«Je garde un vif souvenir de la joie que j'ai éprouvée dans ma prison, il
y a vingt ans, en apprenant tout d'abord la mise en scène de notre procès (...) et plus tard, en apprenant que nombre d'artistes ont manifesté leur solidarité avec moi, avec nous, et, en fin de compte, de la nuit que le célèbre Festival d'Avignon a dédiée à ma personne. Quel encouragement, voire quel sentiment édifiant que de constater que nos peines n'étaient pas gratuites, qu'elle avaient un sens communément compréhensible et aidaient la bonne cause. (...) Ce fut une remarquable manifestation de solidarité professionnelle de mes collègues, mais aussi une brillante expression de leur responsabilité envers la destinée de l'homme et de sa liberté. Autant d'actes qui nous aidaient à vivre, qui aidaient notre partie du monde à s'affranchir.» Dans ce message, Vaclav Havel esquisse un parallèle entre la situation où il se trouvait à sa sortie de prison et celle dans laquelle il se trouvera dans six mois lorsqu'il abandonnera, après treize ans, la présidence de la République de son pays. Après ces années de prison, il se souvient combien il lui fut «difficile (...) de (s)'orienter dans le monde retrouvé, de comprendre certains choses que je confondais, que je surestimais, voire sous-estimais». Et il ajoute: «Depuis assez longtemps déjà, j'ai le sentiment intense d'avoir à revivre les mêmes tergiversations dans six mois.» Le président-écrivain déclare cependant «être heureux de la victoire de la liberté dans notre partie du monde, de l'éclatement du rideau de fer, de la possibilité offerte par le destin d'être au centre tous ces événements historiques et d'y participer à la tête de mon pays». Pour lui, la soirée ne pouvait être «complète» s'il n'était pas rappelé le sort de quelques uns de ses «collègues qui sont en prison pour délit d'opinion, comme je l'étais il y a 20 ans». Et de citer deux écrivains chinois Wu Shishen et You Dongyue, le Birman Win Tin (collaborateur du Prix Nobel de la Paix Mme Aung San Suu Kyi, et deux journalistes bielorusses Mikola Mrkievitch et Pavel Majeika.
Dépêche AFP du 17 juillet 2002
Publié le 2002-07-18
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : brève
Thème(s) : politique,
Mot(s) Important(s) : littérature, résistance, liberté, exil, témoignage,
Artiste(s) : Vaclav HAVEL (écrivain),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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