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Sous un arbre à palabres
«La légende du singe tambourinaire»
Chapeau : Née d'une heureuse rencontre entre tradition africaine et nouveau cirque,
La légende du singe tambourinaire se joue dans le jardin des Tuileries
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Apparence :
Rubrique : 2002
CIRCUS BAOBAB cirque
Pierrot BIDON cirque
Laurent CHEVALIER cinéaste
du 19/07/2002 00:00 au 01/08/2002 00:00
Salle : Jardin des Tuileries (1er)
Carré des Sangliers
Entrée Place de la Concorde
1er arr
M° Concorde
Paris 75001 France (Ile-de-France)
du 19 juillet au 1er août. relâche dimanche et lundi
Texte : Il est des hasards qui font parfois bien les choses. En 1998, Laurent Chevalier veut réaliser un long-métrage sur «une troupe de saltimbanques africains». Seul frein à son projet et non des moindres: l'inexistence de cirque en Afrique. Le directeur de la culture guinéenne s'empare aussitôt de l'occasion pour créer sa propre troupe nationale. Le projet commençant alors à prendre forme, le cinéaste français invite Pierrot Bidon, fondateur de la compagnie Archaos et figure emblématique du nouveau cirque, à participer à la sélection des artistes: 8 filles et 20 garçons issus de milieux défavorisés, sélectionnés pour leur élasticité et leur «rage de vivre». Ainsi naît le Circus Baobab, premier cirque acrobatique aérien de la Corne Noire. Accompagnée des musiciens du saxophoniste Momo Wandel Soumah, la troupe arpente pendant deux ans les pistes guinéennes puis européennes. Juillet 2002, les voilà qui plantent dans le jardin des Tuileries leur installation scénique exotique.
Sur une piste inclinée et surélevée, un baobab aux multiples troncs, filets, lianes, trapèze, sangles élastiques. A la nuit tombante, cette installation gigantesque se découpe sur un nuage de fumée que des éclairages pertinemment composés teinteront d'ardentes couleurs. A son sommet, le singe tambourinaire dont sera la légende sera contée. Le décor se met progressivement en place. Pénètrent dans la forêt musiciens, danseuses, acrobates-chimpanzés, et sur son trône le roi de tous les chasseurs. Celui-ci, séduit par la musique du singe tambourinaire, tendra un piège à l'animal afin de s'emparer de son instrument. Au village, on célèbrera tambour et mariage. Et depuis, faute de percussion, les singes se gonflent le torse et de leurs poings se frappent la poitrine.
Grâce au débordement d'énergie des artistes du Circus Baobab et à la mise en scène de Pierrot Bidon qui a su contourner les pièges du folklore, cette légende du singe tambourinaire puisée dans la tradition de l'ethnie Bambara s' anime en véritable tableau vivant, et s'en dégage une atmosphère mystérieusement authentique. Soutenue par couleurs et habits ancestraux éclatants, par le rythme des percussions dont les notes tombent comme la pluie, la peur ou la fête, l'intensité libérée par la représentation jamais ne se disperse. Avec leur potentiel physique stupéfiant, les acrobates se sont approprié les techniques circassiennes occidentales -qui leur étaient jusqu'alors étrangères- pour retrouver le singe qui sommeille en eux. Elastiques, véloces, agiles, sur deux ou quatre pattes, les corps simiesques bondissent, roulent, cabriolent, s'adonnent de leur patte molle à la danse macaque, volent de mains en trapèzes: on a rarement vu plus singes! Et le public de se retrouver sous le baobab comme sous l'arbre à palabres.
Toute la puissance et la magie de
La légende du singe tambourinaire réside en cette faculté qu'a eue Pierrot Bidon à utiliser la danse, la musique et les performances circassiennes en instrument de sa narration. Il a su trouver un point de jonction entre nouveau cirque et traditions séculaires de l'autre continent, ces deux langages qui ne se connaissaient pas et offrent de leur assimilation réciproque une subtile plongée dans l'imaginaire africain.
Date de publication : 26/07/2002
Mots-clés : légende, Afrique
Inséré le : 26/07/2002 00:00
http://www.quartierdete.com
Thèmes : arts de la rue, cirque,