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Une danse du désastre
Alibi
Chapeau : Avec sa derniére création, Meg Stuart fouille à la fois les décombres du désastre et les forces souterraines de l'effondrement.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Apparence :
Rubrique : 2002
Meg STUART chorégraphe
Georges BATAILLE écrivain
du 24/09/2002 00:00 au 28/09/2002 00:00
Salle : Tanzquartier
Museumplatz 1
+43 1 581 35 91 60
Vienne Autriche
Du 24 au 26 septembre
Texte : «J'ai l'impression qu'il y a quelque chose de brisé à l'ossature de l'humanité». En 1918, au sortir d'une guerre pitoyable, Georges Bataille confiait ces quelques mots âpres. Et aujourd'hui? La brisure reste vive. Comment la danse, ce jeu d'osselets avec le temps, y serait-elle imperméable? Cette porosité du corps, comme champ d'expérience intérieure du monde, fonde précisément la démarche de Meg Stuart, chorégraphe américaine aujourd'hui
exilée en Europe. Depuis
Disfigure Study, en 1991, Meg Stuart a rapidement creusé le sillon d'une
danse du désastre, traduisant la désagrégation du dehors dans un désenchantement de lignes brisées, un espace chorégraphique du repli et de la fragilité, une architecture du mouvement fondée sur la dissociation.
Alibi est une pièce étourdissante. Première chorégraphie de l'après 11-septembre 2001? Meg Stuart et son équipe fouillent à la fois les décombres du désastre et les forces souterraines de l'effondrement, avec des raccourcis somptueux et des incisions fulgurantes. Au diapason de la transe finale qui épuise les danseurs, on sort d'
Alibi ébranlé, secoué. Comment la «matérialité du corps» trouve (ou pas) à résister à la «désagrégation» des identités?
Alibi émerge d'un monde qui s'écroule de lui-même d'avoir pendant si longtemps couru à sa perte.
Date de publication : 26/08/2002
Inséré le : 26/08/2002 00:00
Thèmes : danse,