Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

Quatrième conférence du Festival On the edge, novembre 1998

Conversations entre Aat Hougee, Steve Paxton, Patricia Brouilly...

Chapeau : Dans cette dernière conférence, plusieurs personnalités réfléchissent sur les territoires du possible de l'improvisation.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : analyse (Mots-clés : )

Genre Ressource : texte d'analyse

Apparence :

Alexandra BAUDELOT rédacteur
Marco Franco chorégraphe
Aat Hougee chorégraphe
Steve PAXTON chorégraphe
Simone FORTI chorégraphe
Isabelle Ginot auteur
Trisha BROWN chorégraphe
Anna HALPRIN chorégraphe

Texte : Aat Hougee: J'ai visionné récemment une ancienne vidéo en noir et blanc d'une improvisation enregistrée à Amsterdam en 1983. En regardant cette vidéo et en me souvenant d'avoir vécu l'instant de cette expérience, j'ai commencé à me demander quelles pouvaient être les différences entre l'expérience que j'ai eu il y a seize ans et celle que je peux avoir lorsque que je regarde une improvisation seize ans plus tard.
J'ai visionné cette cassette plusieurs fois et j'ai commencé à regarder le vocabulaire des mouvements utilisés par les danseurs, les mécanismes d'actions et de réactions entre eux, les réactions du public en train de les regarder, et j'ai essayé de les comparer avec les improvisations que j'ai vues cette année. Je me suis rendu compte que cette improvisation enregistrée il y a seize ans était très similaire aux improvisations que j'ai vues récemment.
J'ai plusieurs possibilités pour continuer cette lecture. La première est que l'improvisation est un format de performance défini par un vocabulaire, un contenu et une structure spécifiques. Ceux qui pratiquent l'improvisation s'améliorent en utilisant ce vocabulaire, ce contenu et cette structure. Un bon improvisateur est celui qui est capable d'atteindre une liberté maximale à l'intérieur de ce cadre. J'ai vu récemment ce que l'on appelle «une improvisation ouverte». Un des participants était un improvisateur très connu ayant beaucoup de connaissances et de grandes compétences. A un moment donné un danseur classique a sauté sur la scène; c'était une entrée à la fois osée et élégante. Dans la discussion qui a suivit, cet improvisateur connu et expérimenté accusait ce danseur classique d'avoir un comportement irresponsable et dangereux. Cet exemple m'a montré que l'idée d'ouverture en improvisation semblait être déplacée; le danseur classique avait brisé les codes et le terme d'ouverture semblait signifier que tout est possible à l'intérieur des définitions des codes dont nous sommes supposés avoir conscience. La similarité entre l'improvisation que j'ai vue sur la vidéo et celle que j'ai vue récemment sur scène m'a fait penser à autre chose: lorsque nous voyons un travail écrit remontant à une quinzaine d'années, nous avons la possibilité de réagir de deux manières différentes. La première est qu'il s'agit d'un bon travail qui tient toujours la route ou la deuxième, que ce travail n'a plus rien à voir avec notre époque. Dans les deux cas nous pouvons réaliser que le travail est connecté à son époque et que personne ne peut faire aujourd'hui un travail similaire à celui d'une autre époque.
Avons-nous le courage de dire la même chose à propos de l'improvisation ?

Date de publication : 01/01/1998


Inséré le : 25/10/2000 00:00
Thèmes : danse, improvisation,