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Jan Fabre à l'oeuvre

Première exposition du travail plastique de Jan Fabre à la galerie Daniel Templon.

Chapeau : Jan Fabre, artiste flamand né en 1958 à Anvers, expose pour la première fois à la galerie Daniel Templon. C'est l'occasion de découvrir un large panel du travail plastique de cet artiste polymorphe.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : critique (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Jan FABRE chorégraphe

Texte : Fabre passe d'une expression artistique à une autre: des arts plastiques à la performance, du théâtre au ballet et à l'opéra. Aujourd'hui, il est l'un des chorégraphes les plus novateurs de la scène internationale. Dans un entretien avec Hugo de Greef et Jan Hoet, publié à l'Arche en 1994, l'artiste déclare «Mon oeuvre plastique me relie à la terre et mon oeuvre théâtrale me fait cueillir les étoiles. Et de cette manière, je trouve un fondement aux deux. Le lointain se trouve tout près, et ce qui est tout près est très éloigné.»
Depuis une quinzaine d'années, son oeuvre ne cesse d'étonner par ses orientations, son imaginaire, son univers symbolique.
Son travail a toujours été lié à sa biographie. Les écrits de son grand-père, l'entomologiste Jean-Henri Fabre, auteur des «Merveilles de l'instinct chez les insectes», lui ont révélé la clé de la compréhension de la nature. Le monde des insectes, microscopique, deviendra désormais pour lui une métaphore du fonctionnement du macrocosme, de l'univers. C'est cette relation entre ces deux mondes, microscopique et macroscopique, qui est développée continuellement dans son oeuvre: «le petit se trouve dans le grand, et le grand dans le petit»
Le scarabée est un matériau régulièrement utilisé dans les sculptures de l'artiste. Pour lui, il est «un être qui défie le temps. Avec raison, les Egyptiens en ont fait un symbole de l'éternité. En termes actuels, on pourrait dire qu'il est comme un ordinateur, il garde la mémoire du vivant».
Dans l'exposition, Jan Fabre a choisi de montrer des oeuvres emblématiques, telle la sculpture «Me-dreaming» (1978), sorte d'autoportrait de l'artiste en entomologiste: un homme grandeur nature, portant complet veston et chapeau melon, est assis devant sa table de travail sur laquelle est posé un microscope. L'ensemble est recouvert méthodiquement d'une véritable peau dorée faite de punaises métalliques, pointes à l'extérieur.
Des oeuvres plus récentes, seront également présentées, des crânes, des armures aux cheveux d'ange («Openbaring»), des robes suspendues au plafond («The Fallen Angel»), des colonnes vertébrales («Tail»), toutes recouvertes de coléoptères. Une pièce de viande («Meat») évoque, pour sa part, les écorchés de Soutine ou de Rembrandt.
Parallèlement à cette exposition, Jan Fabre présentera sa dernière création, intitulée «As long as the world needs a warrior's soul», au Théâtre de la Ville les 14, 15, 17 et 18 novembre.

Date de publication : 25/10/2000


Mots-clés : art plastique, organique, imaginaire, exposition
Inséré le : 25/10/2000 00:00
Thèmes : arts plastiques,