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Budget de la Culture

Nouvelles réactions de la presse

Chapeau : Danser et Beaux-Arts Magazine réagissent au manque de financement de la culture. Et Dieu dans tout ça?, se contente de demander Art Press.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : chronique (Mots-clés : )

Genre Ressource : édito / chronique

Apparence :

Jean-Marc ADOLPHE rédacteur
Catherine TASCA personnage politique

Texte : Dans son éditorial du magazine Danser de novembre, Jean-Claude Diénis qualifie de «pavé dans la mare gouvernementale» la pétition lancée par Mouvement pour doubler le budget de la Culture.
«Quand on songe que le budget de la Culture n'a pas encore franchi la barre symbolique du 1% promis en 1981, ces demandes paraissent actuellement irréalistes. Peut-on entretenir l'idée du doublement du budget de la Culture sans verser dans la démagogie? La pétition adressée au Premier ministre recueillera sans aucun doute de nombreuses signatures de professionnels du spectacle, mais elle risque hélas! de rester lettre morte. Et si l'enveloppe de la rue de Valois venait à grossir subitement, rien ne prouve que les plus «démunis» -structures et artistes- bénéficieraient en priorité des largesses nouvelles. Mais l'essentiel était peut-être de faire prendre acte pour un lointain avenir».


Sans faire allusion à la pétition lancée par Mouvement, Fabrice Bousteau signe dans le numéro de novembre de Beaux-Arts Magazine un éditorial virulent sur la situation des arts plastiques:
«Avant l'arrivée de Lang en 1981 il n'y avait aucun département consacré aux arts plastiques. Aujourd'hui, la délégation aux Arts plastiques (DAP) représente environ 4% du budget du ministère de la Culture, l'un des plus petits budgets. Mais, surtout, la DAP a perdu toute crédibilité auprès des professionnels. Les galeristes et les artistes sont las d'attendre les mesures d'incitations fiscales en direction des collectionneurs demandées depuis 20 ans et pratiquées dans nombre de pays. Les écoles d'art annoncent une prochaine grève active [...], les centres d'art et les Frac sont épuisés de devoir se justifier en permanence sur leur programmation tout en devant faire autant d'action pédagogique que les centres dramatiques nationaux avec 10 fois moins de budget. [...] Madame la Ministre, vous négligez les arts plastiques! Le Premier ministre n'en a-t-il que faire? [...] Nous avons besoin de réformes et d'argent. L'argent n'est pas un tabou: ne nous faites pas croire que les artistes ou les enseignants d'art n'aient pas les mêmes droits que les transporteurs routiers. Il faut inventer des structures plus souples, plus participatives. Favoriser un secteur privé de la culture. Créer des incitations fiscales. Réformer les statuts de nombreuses professions, etc. Nous voulons que vous accompagniez l'enthousiasme et la combativité de professionnels et de publics pour qui l'art est un enjeu majeur de notre société. La situation est grave. Explosive. Pouvez-vous réagir?»


Aucune position notoire, en revanche, dans le dernier numéro de Art Press qui s'ouvre curieusement, en guise d'éditorial, sur un fragment de Philippe Sollers extrait de la Divine Comédie. Sous le titre Le geste et le divin, il y est essentiellement question de Jean-Paul II et de l'Eglise! Jacques Henric prolonge le tableau en pages intérieures et proclame: «Dieu, oui, mais poétiquement». «C'est une dure doctrine», écrit Jacques Henric, que celle qui nous apprend que l'amour, la poésie et la liberté sont une seule vérité en acte». Bonne idée: arrêtons de parler du budget de la Culture (d'ailleurs Art Press ne parle pas de ces choses mesquines. . .) et mettons illico les artistes au régime ascétique: amour, pain, et eau fraîche. Alléluia, Jacques Henric. Et merci, Art Press!


Date de publication : 28/10/2001


Mots-clés : engagement, média
Inséré le : 30/10/2000 00:00
Thèmes : politique générale, politiques culturelles,