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Beaubourg expose le libéralisme

Forum

Chapeau : Culture et économie au centre Georges Pompidou, sous l'égide des «Échos». Un «forum» pour «dissiper l'illusion de voir la culture fonctionner à l'abri des grands principes de l'économie»!

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : critique (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Apparence :

Jean-Marc ADOLPHE rédacteur

Texte : Le centre Georges-Pompidou, à la pointe du néo-libéralisme le plus outrancier, ose organiser, du 8 au 10 novembre, un «forum» intitulé «Culture et économie. Nouveaux acteurs, nouveaux enjeux», en relation avec le journal «Les Échos».
Il s'agira, paraît-il, de «mieux cerner les transformations qui bouleversent le paysage culturel à l'échelle internationale», à l'aune de la «fusion emblématique de AOL et Time Warner, et celle de Vivendi/Canal+ avec Seagram». Bref, la culture cotée en bourse! En effet, au cas où cela vous aurait échappé, «les incidences de la mondialisation, les connexions entre la sphère culturelle et la nouvelle économie, la montée en puissance de grandes firmes internationales, dissipent l'illusion de voir la culture fonctionner comme un monde à part, à l'abri des grands principes de l'économie». Ben voyons! Dissipez, dissipez, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien d'illusoirement culturel. . .
En douteriez-vous? «L'impact croissant des hautes technologies sur quasiment toutes les disciplines artistiques, l'affaiblissement de l'emprise du cadre national et les exigences contradictoires qui travaillent les fondements du droit, se conjuguent et accusent la fragilité des digues censées protéger un domaine culturel aux frontières incertaines». . . L'objet de ce «forum» semble clair: plaider pour une suppression des «digues» qui résistent encore, malgré leur «fragilité accusée». Pour nous en convaincre, de brillants intervenants qui en connaissent un rayon sur la culture de l'économie: le rédacteur en chef des Échos, le Pdg d'UGC, le Pdg de Naïve, le directeur général de Havas, le Pdg de Culture Espaces, un conseiller du président de LVMH. . . et le directeur général de la Deutsche Bank en France. Plus quelques alibis: une universitaire (Françoise Benhamou), le directeur du Théâtre de la Ville (Gérard Violette), le «président du festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence (Stéphane Lissner), un éditeur (Léo Scheer), le président du festival des Vieilles Charrues (pour le folklore?). Et un artiste, un seul, mais un «néocapitaliste» fier de l'être: Fabrice Hybert.
Seul antidote: lire (ou relire) d'urgence «La barbarie douce», de Jean-Pierre Le Goff (éditions La Découverte, 1999). On y trouve notamment rappelée cette maxime éclairée de François Mitterrand: «L'économisme, dont beaucoup abusent à force d'occuper tout le terrain, finira par détruire les valeurs qui lui sont supérieures» (interview au journal «Libération», 10 mai 1984).


Au centre Georges-Pompidou, les 8, 9 et 10 novembre, de 19 h à 22 h 30, accès libre! Renseignements et réservations: 01 44 78 46 52. Avis aux apprentis-perturbateurs!

Date de publication : 01/11/2000


Mots-clés : économie, culture, décalage
Inséré le : 30/10/2000 00:00
Thèmes : politique générale, politiques culturelles,