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Nouvelles scènes: Haute température
Création contemporaine
Chapeau : Premier week-end à Nouvelles scènes. Le revigorant festival dirigé par Serge Laurent confirme sa vocation d'être au plus près d'une création contemporaine riche et autonome.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : chronique (Mots-clés : )
Genre Ressource : édito / chronique
Apparence :
Sabrina WELDMAN rédacteur
Serge Laurent directeur de structure
Marco BERRETTINI performeur
Texte : Revigorant appel d'air: c'est à Dijon que la vie crissait. A Nouvelles Scènes où une jeune génération d'artistes à forte personnalité secouaient des frontières disciplinaires dont ils n'ont rien à faire. Danse, théâtre, chant, arts plastiques, installation, performance, vidéo: Marco Berrettini, Scoli Acosta, Claudia Triozzi et Catherine Baÿ utilisent les divers moyens d'expression à leur disposition aujourd'hui, jonglent avec les genres, à la recherche d'une liberté absente des cadres établis. A Nouvelles scènes, on est loin des étiquettes, du préfabriqué. De ce qu'il est convenu de nommer danse ou théâtre. Loin de cette impression d'ôter le couvercle d'un bocal pour en extirper un produit standardisé et l'avaler, toute saveur sue et émoussée. S'imposaient une série d'artistes mus par la nécessité de prendre la parole au sens fort du terme. On repense aux années 70, à cet afflux de créateurs perturbants venus des Etats-Unis. Mais rien à voir avec une resucée. Plutôt un état d'esprit qui s'impose à nouveau avec ce qu'il comporte d'iconoclaste à l'égard de la norme et d'une volonté personnelle de s'impliquer, d'affirmer sa singularité (ça ne relève nullement d'une attitude narcissique mais de la capacité à créer un univers propre, qu'il ait ou non un effet perturbant sur le public, et à l'habiter). Cet état d'esprit privilégie, au spectacle achevé, un work in progress, un état de travail. Et une démarche, de la part de l'artiste, qui vise à s'exposer, à prendre le risque de franchir cette frontière qui sépare conventionnellement la scène de la réalité, le personnage de la personne humaine, l'art de la vie, l'imagination de la politique. La génération qui était présente à Dijon utilise deux armes redoutables à cette fin, la folie douce et l'humour: une conscience décalée qui dérange notre rationalité et l'ordre de nos perceptions et un humour noir qui, derrière le rire, gratte les plaies de la société et, derrière la douleur d'être au monde, clame la vitalité.
Date de publication : 01/01/2000
Mots-clés : festival Nouvelles Scènes de Dijon, décloisonnement, transversal
Inséré le : 31/10/2000 00:00
Thèmes : arts plastiques, danse, installation, performance, théâtre,