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Quitte ou double ?

Pétition sur l'intervention de l'état

Chapeau : La pétition lancée par Mouvement «pour doubler le budget de la culture» a permis qu'enfin le débat s'engage sur les moyens de l'intervention publique. Reste à transformer les paroles en actes.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : chronique (Mots-clés : )

Genre Ressource : édito / chronique

Apparence :

Rubrique : 11

Jean-Marc ADOLPHE rédacteur
Catherine TASCA personnage politique

Texte : «Il convient désormais de réfléchir à l'au-delà du 1%». Mardi 31 octobre 2000, à l'Assemblée nationale, Catherine Tasca lâchait cette petite phrase dans son discours d'introduction au vote du budget de la Culture. Elle faisait ainsi écho au rapporteur du groupe communiste, Bernard Birsinger, qui venait de déclarer: «Ce budget est décevant. (. . .) Certes, nous nous dirigeons vers le taux de 1% et encore, au prix d'une modification de périmètres portant sur un milliard! .. mais cet objectif même est dépassé, il faut placer la barre beaucoup plus haut. Tout indique qu'il convient d'ouvrir une nouvelle page de la politique culturelle».
La pétition au Premier ministre «pour doubler le budget de la Culture», lancée par Mouvement dans le numéro d'octobre-décembre 2000, trouvait ainsi un premier relais au sein de l'Assemblée nationale, et dans la bouche même de la ministre de la Culture. Le budget 2001 de la Culture, s'il est en progression, reste en effet inopérant à combler l'écart grandissant «entre les sollicitations dont l'État est l'objet et sa capacité d'y répondre».


Quels crédits d'interventions ?
«L'État privilégie dans la répartition de ses mesures nouvelles, les grandes institutions (. . .) qui lui appartiennent», écrivions-nous dans le dernier numéro de Mouvement en citant Jean-François Marguerin, ex-conseiller technique pour le spectacle vivant auprès de Catherine Trautmann. Une analyse sommaire du budget 2001 confirme ce fait. Sur un budget en augmentation de 415 millions de francs 1, Catherine Tasca peut se targuer d'accroître les «crédits d'intervention» (titre IV) de plus de 140 MF. Mais une fois ôtées la consolidation des mesures exceptionnelles du printemps 2000 (grâce à un collectif budgétaire positif), et les «augmentations inévitables» telles que «l'actualisation des masses salariales des institutions du spectacle vivant»; les «marges de manoeuvre pour financer les priorités de l'action publique en matière culturelle: soutien à la création et aux réseaux de diffusion, enseignement artistique, partenariat avec les collectivités territoriales, soutien aux lieux et aux contenus multimédia» dépassent à peine 75 millions de francs. Il est intéressant de rapporter ce montant à la seule évolution des crédits d'investissement consacrés aux équipements culturels nationaux à Paris 2, qui progressent de 205 millions de francs (pour atteindre un montant total de 743,90 millions de francs)! Le futur Musée des arts premiers, quai de Branly, absorbe à lui seul 376,5 millions de francs de ces crédits d'investissements. . . Et que dire de la place des enseignements artistiques ? Alors qu'un consensus quasi général s'est manifesté à l'Assemblée Nationale, de Marcel Rogemont (PS) à Hervé de Charette (Démocratie Libérale) sur l'importance primordiale des enseignements artistiques, les «mesures nouvelles» annoncées par Catherine Tasca en la matière paraissent bien dérisoires: 5 millions de francs, au titre du développement culturel, pour «la formation d'intervenants artistiques» et «la création d'ateliers d'expression artistique dans les lycées»; et 18,06 millions de francs «à l'ensemble des actions conduites par le ministère dans le domaine des enseignements artistiques».

Date de publication : 01/01/2001


Mots-clés : engagement, état, économie
Inséré le : 18/12/2000 00:00
Thèmes : politique générale, politiques culturelles,