Si l'information ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

Implantation réussie à Toulouse


Le Printemps de Septembre



Après une première édition réduite pour cause d'explosion de l'usine AZF, le printemps de Septembre revient en force à Toulouse et parvient à s'imposer.


L'année dernière, les associations locales d'artistes s'étaient manifestées critiquant le parisianisme hautain du Printemps de septembre. Cette année, les organisateurs ont pris soin de les solliciter et de faire participer certaines d'entre elles, comme l'association A la plage et Du bon de la baleine à bosse. Les lieux d'expositions et d'interventions sont d'ailleurs plus nombreux que lors de la première édition. Notons également que la région Midi-Pyrénées étant la première étape du programme de décentralisation du ministre de la Culture, Monsieur Aillagon était présent pour soutenir de sa présence le vernissage. Si les organisateurs ont tenté d'éviter l'écueil d'une exposition copiée/collée parisianiste en invitant notamment des artistes à travailler sur la ville de Toulouse en programmant des artistes d'origine toulousaine comme Bustamante, la présence du ministre a entériné la réalité d'une culture à deux niveaux, à deux vitesses. D'un côté, se tenait le Printemps de septembre et de l'autre, la manifestation des Motivés avec son florilège de concerts pour soutenir les artistes en situation précaire. Dans le salon des illustres du capitole, s'ouvrait officiellement le Printemps de septembre avec son champagne, ses petits fours et les discours conjoints de Jean-Jacques Aillagon, Philippe Douste-Blazy et de la directrice du festival Marie Thérèse Perrin tandis que sur la place, les tambours des intermittents du spectacle résonnaient avec colère.
La programmation du festival, extrêmement hétéroclite, réunit plus d'une trentaine d'artistes de toutes origines et de toutes orientations plastiques autour du thème Fragilités. Le parti pris esthétique de la commissaire Marta Gilli, ne vise donc pas la manifestation homogène mais tente plutôt de faire état de la diversité de la création contemporaine. De la même manière, les expositions réalisées à l'Ecole des Beaux-arts ou à l'Eglise des jacobins sont bien plus une juxtaposition de présentations monographiques que l'élaboration collective d'un espace commun.
Notons parmi toutes les propositions, la très belle installation de Laurent Grasso, qui s'approprie un espace désorienté en travaillant sur les ondes sonores et l'image. Dans ce dispositif sonore et visuel, des fréquences très basses diffusées dans l'espace entrent en résonance avec le motif du film projeté, une montagne embrumée, ainsi qu'avec les phrases à connotation scientifique interrogeant les possibles du cerveau humain qui défilent en surimpressions. Autre découverte, une série photographique du japonais Tomoko Yoneda, images d'espaces aujourd'hui désertés où se sont déroulés des événements majeurs du XXe siècle comme la cour de Nuremberg ou la Baie des cochons. Le photographe américain Todd Hido propose également une série d'images remarquables, des façades d'immeubles, des bouts de ville, pris dans une lumière irréelle. Ainsi, le festival s'impose comme un parcours où ça et là se glanent des émotions artistiques, sans didactisme, ni volonté de persuasion, au simple gré des subjectivités personnelles.

Léa GAUTHIER,
Publié le 2002-10-02

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : critique
Thème(s) : art plastique, vidéo,
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Léa GAUTHIER (rédacteur), Laurent GRASSO (plasticien),
Passage(s) : Toulouse 31000 ,
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

A voir : http://www.printempsdeseptembre.com