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Les commodités de la conversation
Repéré comme un artiste du scandale, Alberto Sorbelli a opéré une démultiplication identitaire à travers la mise en scène de trois personnages dans des situations limites, jouant sur l'attirance et la répulsion.
«J'ai élaboré le personnage du secrétaire alors que j'étais encore étudiant à l'École des Beaux-Arts de Paris. En me retrouvant en première année dans un atelier de peinture, où la notion de travail était essentielle, j'ai constaté un besoin de travailler, au sens où il fallait pouvoir se dire: «j'ai bien travaillé, je suis content de moi, je suis fier». Il fallait pouvoir vérifier cette capacité, cette attitude judéo-chrétienne. Il y a cette phrase dans la Bible sur le pain quotidien gagné à la sueur de son front. Nous étions donc là pour travailler et produire des oeuvres, parfois intéressantes mais pas souvent, et je me suis rendu compte que la qualité de la production était indépendante de cette idée du travail. Si je participe également de ce sentiment judéo-chrétien, j'ai alors éprouvé le besoin de montrer, à moi-même et aux autres, que je travaillais - aux professeurs sinon je n'aurais pas obtenu mes unités de valeur, aux conservateurs sinon je n'aurais participé à aucune exposition. J'ai réalisé qu'il était plus intéressant finalement de dire: «regardez, je travaille» que «regardez ce que j'ai fait».
Yvane CHAPUIS, François PIRON,
Publié le 2000-01-01
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : entretien
Thème(s) : performance,
Mot(s) Important(s) : personnage, provocation, média, technologie,
Artiste(s) : Alberto SORBELLI (performeur), Yvane CHAPUIS (rédacteur), François PIRON (rédacteur), Marina ABRAMOVIC (plasticien), Vito ACCONCI (plasticien), Robert Fleck (auteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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