Si l'information ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

Out of the lie of no


Small hands



Pas une critique non. Juste quelques traces griffonnées lors de la première de Small Hands à la Maison des Arts de Créteil, dans le cadre du Festival d'Automne. Pour celles-là qui dansent: Anne Teresa de Keersmaeker et Cynthia Loemij.


Quand cela se dilate ou se difracte ou bien se rétracte,
dans ce temps-là que la danse suspend dans le rapt de la musique,
que cela raconte comment la ligne, silencieuse et toute tendue de ce silence habité,
jette la présence hors d'elle et pourtant en elles, de l'une à l'autre et pas seulement,
d'une tension ressentie qui dit précisément qu'elle ne consent pas à la lâcheté, mais à l'épreuve sans cesse recommencée d'être au monde et de se tenir sur cette scène-là, ovoïde,

et ce qui se joue là est bien le combat de la coquille et de la venue au monde
-sous les robes elles sont d'ailleurs nues-

Et qu'alors un filet de musique vient ressaisir la danse au moment juste où elle n'en peut plus de silence et de solitude.
Cheminant alors entre la foucade et l'offrande,
brise taquine.

C'est ainsi que de fil en aiguille et pas seulement,
la précision affûtée du rythme horloger de la danse du sang s'efface ou plutôt se déréalise dans l'oubli.
Car c'est au bord de l'oubli, toujours, que surgit la danse, part oubliée d'un corps,
dans l'effusion d'une maîtrise qui n'a plus rien à voir avec ce que sait le corps.
Elles dansent, alors, dans l'oubli que chacun se fait de la danse -fut-il question tout à l'heure de «rituel»?-
...c'est un sacre en effet, mais libertaire, monarchie autogérée de la présence: cette énigme, toujours, qui revient: «l'espace le plus beau, c'est quand tu es là».

Dévoyant la suprématie du regard en terre d'aveugles, regardant depuis l'oubli (forme sacrée du don?) pour tous ceux qui oublient de voir...

OEIL qui TOMBE soudain dans l'OUBLI et sur cette SCENE.

Danser à la tombée de l'œil.

Déshabillage furtif. Le regard nu qui s'irise des couleurs de la vie.

Et à la fin, chanson de geste : en silence, te dire un poème.
Que tu ne comprendras pas.
Sans doute.
Mais on ne sait jamais.


Jean-Marc ADOLPHE,
Publié le 2002-10-04

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre :
Thème(s) : danse,
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Anne Teresa de KEERSMAEKER (chorégraphe), Cynthia LOEMJI (chorégraphe), Jean-Marc ADOLPHE (rédacteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

A voir :