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For Waiting, For Chasing

Chapeau : Délaissant les mécaniques post-rock des premiers albums ou les postures plus électro adoptées sur The River Made No Sound, Mark Nelson entraîne avec For Waiting, For Chasing son projet Pan American dans des contrées toujours plus abstraites et reculées. Une nouvelle expérience isolationniste ultime pour ce musicien au long cours.
Date : post-rock isolationniste

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre Ressource : compte rendu

Rubrique : CD de la semaine

Pan American musicien
Laurent Catala rédacteur

uneartishoc_panamerican.jpg (crédits : Pan American / titre : For Waiting, For Chasing / )
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Texte : Mark Nelson aurait-il oublié Labradford ? Lové dans les méandres exploratoires de For Waiting, For Chasing, le musicien américain semble approfondir encore davantage les lignes fuyantes qui embrassaient les paysages rêveurs de Quiet City, son précédent opus. Partagé entre la douceur de nappes ambient candides (Are you ready ?) et les flétrissures grésillantes qui viennent hanter les fonds sonores d’un décor faussement évanescent (Dr Christian), ce cinquième album de Pan American accentue cette sensation de détachement volontaire, de réclusion sonique nuancée dans laquelle Mark Nelson vient fixer son port d’attache paradoxal. Navigateur solitaire d’une musique expérimentale qui privilégierait le sensitif sur le démonstratif, le tactile sur le fractal, Mark Nelson s’abandonne tout entier à de délicats vertiges, à ces formes louvoyantes de fréquences qui crissent et de mélodies parasitaires (From here) qui donnent à sa musique une tonalité narrative presque irréelle, des allures de bateau fantôme voguant sur une mer étale et sans vent. Dans cette errance dantesque, toute personnelle, quelques vieux loups de mer s’invitent néanmoins par les écoutilles. A l’horizon, dans les sonorités brumeuses, on peut ainsi entendre les cloches tibétaines de Steven Hess accompagnant l’inaugurale Love song. Plus loin, on devine les sons de corne (de brume ?) étirés de David Crawford (The penguin speaks). Mais comme dans tous les exercices isolationnistes, c’est seul que Mark Nelson devra passer le dernier cap. Guidé par les notes de piano spectrales d’Amulls, il contourne les derniers brisants pour poursuivre ses mystérieuses pérégrinations sans escales. Et Labradford, comme le reste, attendra.

Date de publication : 02/11/2006


Mots-clés : musique
Inséré le : 04/09/2007 14:47
Le site du Label Mosz - http:// www.mosz.org