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Journey to the Centre of an Egg
Chapeau : Ennemi du sur-place, le joueur de oud libanais Rabih Abou-Khalil publie
Journey to the Centre of an Egg, rencontre au sommet avec le pianiste Joachim Kühn, arbitrée par le batteur Jarrod Cagwin. Un enivrant dépaysement des sons et des sens.
Date : jazz
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre Ressource : compte rendu
Rubrique : CD de la semaine
RABIH ABOU-KHALIL musicien
Jarrod Cagwin musicien
Joachim Kühn musicien
David SANSON rédacteur
uneartishoc_rabih.jpg (crédits : Rabih / titre : Journey to the Centre of an Egg / )
07_no_plastic_cups_please.mp3 (crédits : Rabih ABOU-KHALIL/Joachim KÜHN/Jarrod CAGWIN / titre : No plastic cups please / )
01_shrewd_woman.mp3 (crédits : Rabih ABOU-KHALIL/Joachim KÜHN/Jarrod CAGWIN / titre : Shrewd Woman / )
Texte : Le joueur de oud libanais Rabih Abou-Khalil est un artiste cosmopolite
par excellence. Après avoir grandi et commencé son apprentissage musical dans le Beyrouth dans années 1960-70, il a dû fuir la guerre pour se réfugier en Allemagne, où il vit encore aujourd’hui. A Munich, il a pu parfaire sa formation, en étudiant notamment la flûte classique ; il a pu, surtout, trouver l’asile rêvé pour ses explorations musicales avec le label Enja, qui, depuis 1971, et à l’instar de Winter&Winter ou ECM, contribue à faire de Munich l’un des plus riches foyers éditoriaux de la musique sans ½illères.
C’est que Rabih Abou-Khalil pratique également un cosmopolitisme artistique qui lui a permis, en cherchant systématiquement à se rapprocher de musiciens issus d’autres cultures (principalement : le jazz et les musiques improvisées), à faire évoluer de l’intérieur les frontières de la musique arabe traditionnelle – mais également, du même coup, celles des « autres cultures » en question. A titre d’exemple, on pourrait un peu rapprocher sa démarche de celle de l’Américain Arto Lindsay sur la scène rock, qui a su enrichir sa musique en la parant d’influences venues du Brésil et, ce faisant, régénérer de l’intérieur la scène musicale de ce pays.
est le 14e album du oudiste pour le label créé par Matthias Winckelmann and Horst Weber (pour une première approche, on recommandera le très beau Yara, enregistré en 1999 avec le violoniste Dominique Pifarely, le violoncelliste Vincent Courtois et le percussionniste Nabil Khaiat). On l’avoue, sans trop pouvoir l’expliquer, le précédent, (en compagnie d’un quintette parmi lequel on retrouvait le tubiste Michel Godard et, déjà, Jarrod Cagwin à la batterie), nous avait laissé un peu sur notre faim – apparaissant comme le point faible d’une discographie prolixe et donc, forcément, inégale. Ce nouvel opus, au contraire, tient toutes les promesses que l’on était en droit d’attendre de cette rencontre au sommet entre Rabih Abou-Khalil et un autre maître du jeu autour des frontières (entre musique classique et jazz libre), lui aussi prolixe et multiinstrumentiste : le pianiste Joachim Kühn (dont tout amateur de piano jazz se doit de connaître le très beau Dynamics>, paru en 1990). Dès les premières notes de , on est happé par l’impétuosité et la sensibilité du dialogue qui se noue entre le oud et le piano, arbitré avec une finesse exemplaire par le jeu, s’abreuvant à de multiples sources, de Cagwin. On est brinquebalé avec délice entre Orient et Occident, à travers les mille et une nuit d’un palais imaginaires – notamment au cours des deux longues plages contemplatives qui constituent le c½ur du disque, peut-être ce « centre de l’½uf » auquel fait allusion le titre : le bien nommé Die Brücke (« Le Pont »), et Natwasheh and Kadwasheh, sur lequel Kühn passe du piano au saxophone… Un bien beau voyage, et une bien fructueuse rencontre, mariant au plus haut point l’instinct et le raffinement.
Date de publication : 06/10/2005
Inséré le : 04/09/2007 15:14
Le site du Label Enja - http://www.enjarecords.com
Le site du distributeur Harmonia Mundi - http://harmoniamundi.com
Le site du distributeur Radio France - http:// www.radiofrance.fr