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La Mort de la Vierge

Chapeau : Saravah confirme qu’il est bien l’un des labels le plus aventureux en matière de chanson française en publiant aujourd’hui l’album de Gérard Ansaloni. Riche de quelque 900 alexandrins et de torrents d’inspiration, La Mort de la Vierge est un disque hors normes, et surtout hors modes. Une œuvre dont l’opulence sonore renoue avec les grands albums français des années 60 et 70.
Date : musique nouvelle

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre Ressource : compte rendu

Rubrique : CD de la semaine

Gérard Ansaloni musicien
Etienne Brunet rédacteur

ansaloni_-ave_maria_-1.mp3 (crédits : Ansaloni / titre : Ave Maria / )
uneartishoc_ansaloni.jpg (crédits : Ansaloni / titre : La Mort De La Vierge / )
fiche207_ansaloni.jpg (crédits : Ansaloni / titre : La Mort De La Vierge / )
ansaloni-_le_rire_du_fou_-2.mp3 (crédits : Ansaloni / titre : Le rire du fou / )

Texte : La Mort de la Vierge est un disque absolument hors mode, aux antipodes du goût du jour. Pas de concept. Pas de sexe. Pas de techno. Pas de pop rock. Pas de chanson française. Ce disque ne plaira pas aux intellectuels trop branchés. Si d'aventure son auteur était invité sur un plateau de télévision les flics l'évacueraient de force pour éviter qu'il ne soit lapidé par des spectateurs fanatisés. Cet album contient environ 900 alexandrins ou octosyllabes déclamés d'une voix déchirante. Une voix en sprechgesang dans le style du Léo Ferré de Ni Dieu ni Maître, et basta !. La musique d'écriture post moderne est flamboyante. Elle est jouée par une cohorte de synthétiseurs, échantillonneurs et musiciens. Ce disque est hors de l'esprit du temps dans sa forme mais très actuel dans le fond. L'ambiance globale recouvre le désespoir d'un homme contemporain complètement égaré dans un monde sans Dieu. Un univers ou tout est à vendre.
Ce disque est très bien produit. Plus d'un mois de studio. Un livret de 40 pages. Une belle sonorité dans la tradition des grands albums de chanson française des années 60 et 70. Cet album est une nouvelle folie de Pierre Barouh, producteur et inventeur du label Saravah. Il continue à dépenser une partie des droits d'auteur de ses grands succès comme La Bicyclette ou Chabadada dans la promotion d'inconnus talentueux. Cet album de Gérard Ansaloni suit Le Banquet produit sur le même label. Il s'était bien peu vendu. Peu importe ! Pierre Barouh croit en Gérard Ansaloni. Il croit dans ce petit bonhomme tout maigre éclairé d'un large sourire modeste. Gérard travaille dans un bureau pendant la semaine. Il écrit de la musique dans son salon le soir quand ses enfants sont couchés. Il présente un profil d'anonyme. On ne l'imagine même pas sur une scène. Pourtant il se transforme sous la lumière des projecteurs en poète et performer bouleversant. Les yeux mi-clos, il balance ses tripes avec l'énergie d'un merveilleux illuminé. Il se met le public dans la poche en un tour de main… Son style néoclassique est quelque peu subversif tellement il défie la mode actuelle. Il n'invente pas de nouvelles formes musicales ou poétiques. A quoi bon ! De nos jours même les publicitaires affublent de moustaches les petites Jocondes de supermarché. Gérard Ansaloni utilise les principes esthétiques du XIXe siècle pour exprimer le sentiment romantique du mal de vivre et de l'amour fou. Toujours actuel, contemporain et inusable.

Date de publication : 12/02/2003


Mots-clés : musique
Inséré le : 07/09/2007 12:16
Le site du Label Saravah - http://www.saravah.net