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Dance sur la tangente

L’art tangent s’expose au Frac Paca

Chapeau : Les pèlerins de l’art tangent, Odile Darbelley et Michel Jacquelin, font étape pour deux mois et demi au Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur à Marseille, et adossent leurs expositions à une forte performance de leur répertoire, dédiée à la dance : Tout seul je ne suis pas assez nombreux.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : chronique (Mots-clés : )

Genre Ressource : édito / chronique

Rubrique : Espace critique

Odile DARBELLEY artiste
Michel JACQUELIN artiste
Jean-Louis PERRIER rédacteur

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darbjacq.flv (crédits : Odile DARBELLEY / Michel JACQUELIN / titre : Art Tangent / conversation / )
slide1__tangent_poulet.jpg (crédits : D. R. / titre : Le Poulet et la Grenouille / )
Légende : Groupe Albert Pophtegme : Le poulet et
la Grenouille
, 2003. Exposé du 29 septembre au 15 décembre 2007 au Frac Paca. Photo : D. R.
slide2__tangent_colonne.jpg (crédits : D. R. / titre : La colonne sans faim / )
Légende : Yan Islay : La colonne sans faim, 2004. Exposé du 29 septembre au 15 décembre 2007 au Frac Paca. Photo : D. R.
slide3__tangent_oeufoiseau.jpg (crédits : D. R. / titre : Oef Oiseau / )
Légende : L'art tangent : Oef Oiseau. Exposé du 29 septembre au 15 décembre 2007 au Frac Paca. Photo : D. R.
slide4__tangent_bonnephotoo.jpg (crédits : D. R. / titre : La bonne photo / )
Légende : L'art tangent : La bonne photo. Exposé du 29 septembre au 15 décembre 2007 au Frac Paca. Photo : D. R.

Texte : C’était en 2003, les cornues de la Fondation Professeur Swedenborg pour l’art contemporain n’avaient pas encore délivré leur quintessence conceptuelle sous l’espèce de l’art tangent (il ne sera isolé qu’en novembre 2004), mais ses composants avaient été découverts et mis en lieu sûr, sous forme d’objets, de performances ou de spectacles propres à se réactiver, en authentique répertoire, au premier brame du concept. Après avoir révélé l’œuvre essentielle, de Duchamp-Duchamp – frère introuvable des Duchamp (famille Marcel) -, artiste-charcutier de son état, prête-nom de leurs ambitions plastiques et porte-voix de leurs performances, Darbelley et Jacquelin avaient organisé quelques expéditions chez les ISO (Amérindiens) et les Asa (Inuits), d’où il ressortait que l’ethnologie bien comprise se situait au croisement de l’art conceptuel et d’un exercice théâtral beau comme la rencontre d’Alphonse Allais et de Ludwig Wittgenstein sur une machine à coudre livrée à des pédaleurs fous. Darbelley et Jacquelin, bien sûr, étaient la machine à coudre. Après avoir surpiqué Calliope (l’éloquence) et Thalie (la comédie), Polymnie (le lyrisme) et Uranie (l’astronomie), ils laissaient Euterpe (la musique) au mixage et jetaient leur dévolu sur Terpsichore (la danse – ou plutôt la dance). Pour l’opération, baptisée Tout seul, je ne suis pas assez nombreux, ils ne seraient ni Pierre et Gilles, ni Jules et Jim, mais Jules et Gilles – le chorégraphe (pédaleur) et sa créature (pédaleuse), au service de l’insubmersible Marce Runningag, le Duchamp-Duchamp du tutu, crawleur émérite, interviewé au bord d’une piscine. L’art de la référence et de la révérence soigneusement approximative pouvait s’étaler en plein bain, sous forme de plongeons inspirées par Léonard de Vinci, Bertrand Lavier, Merce Cunningham, John Cage ou leurs interprètes. A l’examen, tout d’à peu près fortement étayés, Jacquelin jouait le rôle du maître, cinglant-cinglé, et Darbelley celui de l’élève, exécutant-exécuté, tandis que le Poussiv’Dance Group – comme son nom l’indique – se chargeait de donner trois ou quatre dimensions à leurs jeux de mots, jeux de jambes. Deux canards barbotant dans un piano empli d’eau animaient un « piano aqueux » et une paire de chaussons de danse fichés dans un tableau-cible de Jasper Johns faisaient des pointes. L’art pompier (« Sauver ou périr ») – une sous-catégorie inattendue mais nécessaire d’art tangent -, était représenté par le fidèle Jack O’Metty, toujours de service au théâtre, qui participait à la mise à feu des esprits en arrosant large le principe de base clairement énoncé par Darbelley et Jacquelin : « La Poussiv’Dance est une danse pour corps mous car les temps sont durs. »

Jean-Louis Perrier


L’art tangent, exposition jusqu’au 15 décembre au Frac Paca, 1, place Francis-Chirat, 13002 Marseille. info@fracpaca.org
Tout seul je ne suis pas assez nombreux, le 29 septembre à 22 heures et le 30 à 18 heures à Montévidéo, Marseille, dans le cadre d’Actoral 6.

Date de publication : 26/09/2007


Mots-clés : Art Tangent; art contemporain, Duchamp, Frac Paca,
Inséré le : 26/09/2007 16:04
Thèmes : arts plastiques,