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L’intelligence sensible
João Fiadeiro
Chapeau : « Où va la lumière quand elle s’éteint ? » Dans sa dernière pièce, João Fiadeiro suspend l’attente du « spectacle ». Interrogeant
« le lieu du corps dans l’espace de la représentation », entre le précis et l’imprévu, le chorégraphe revendique une démarche parfois qualifiée de radicale.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : entretien (Mots-clés : )
Genre Ressource : entretien
Rubrique : 44
João Fiadeiro metteur en scène, chorégraphe
Danielle SCHRAMM traducteur
Galhos Claudia rédacteur
Texte : Biographie Né en 1965, João Fiadeiro se forme au Ballet Gulbenkian (Lisbonne) et au Peridance Center (New York). En 1990, il fonde à Lisbonne la Compagnie RE.AL, au sein de laquelle il promeut la constitution d’un col-lectif d’interprètes, théoriciens et collaborateurs artistiques. A partir de 1995, il développe une méthode de composition en temps réel qui supporte, soutient et détermine toute son activité en tant qu’artiste, formateur et chercheur. Parmi ses pièces les plus emblématiques : Retrato da Memória enquanto peso Morto (1990), Branco Sujo (1993), Self(ish)-Portrait (1995), I am sitting in a room different from the one you are in now (1997), O que eu sou não fui sozinho (2000), Existência (2002) et I am here (2003),
à partir de l’œuvre plastique de Helena de Almeida.En 2003, João Fiadeiro créé le solo
I am here, inspiré de l’œuvre de la plasticienne portugaise Helena Ameida. Il y parle d’un corps qui s’échappe dans la fuite constante de lui-même. Il y a là les prémices de l’absence, de la disparition ou de l’ombre qui guettent la parole morte – quelle qu’en soit la mort.
Il revient aujourd’hui, dans une chorégraphie de groupe, sur cet instant où la vie est comme suspendue. Sa méthode de « composition en temps réel » consolidée. Sur scène, il questionne l’espace de représentation et le corps qui l’habite. Toutefois, à rebours de chorégraphies antérieures comme
Aicnêtsixe, les principes de sa « méthode » sont ici les instruments utilisés dans le processus de création, qui ne se confond pas avec l’objet de scène. Mais tout a commencé par une question lors d’une conférence de presse au festival Mira ! de Toulouse :
« Où va la lumière quand elle s’éteint ? » Une question si déconcertante qu’elle est devenue titre de la dernière pièce du chorégraphe.
C. G.
Entretien Où va la lumière quand elle s’éteint ? « C’est une question sans réponse, à laquelle chacun peut apporter sa propre réponse. C’est fondamental. Le titre véhicule cette idée que la réponse est dans la réponse que chacun décide de donner. Et la question est d’autant plus pertinente, d’autant plus belle, qu’elle suppose plusieurs hypothèses. D’un côté, elle est très concrète, très simple. De l’autre, comme le corps refuse de répondre en pratique à une question aussi simple, on peut construire toutes sortes de fantaisies autour de cette question. Cela ouvre des possibilités immenses.
J’aimerais que la suspension soit au centre de la pièce. Et pas ce qui se passe avant ou après. Si la pièce parle de quelque chose, c’est de cet espace “entre”. Elle parle de ce qu’est le corps, le lieu du corps dans l’espace de la représentation. On peut dire que c’est la scène, mais ce peut être un autre lieu…
Propos recueillis par Claudia Galhos
Traduits du portugais par Danielle Schramm
Où va la lumière quand elle s'éteint ? (Para onde vai a luz quando se apaga ?), chorégraphie de João Fiadeiro, a été créé au KunstenFestivaldesArts, à Bruxelles, le 5 mai 2007. Prochaines dates : le 29 juin 2007 au festival Montpellier Danse ; en janvier 2008 au Théâtre de la Bastille à Paris.
Date de publication : 18/06/2007
Mots-clés : danse, corps, contemporain, chorégraphie,
Inséré le : 27/09/2007 14:25
Le site de la Compagnie RE.AL -
http://www.re-al.org
Thèmes : danse, esthétique,