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Late

Chapeau : L’heureux hasard qui fit se rencontrer B. Fleischmann et le guitariste Herbert Weixelbaum, doit être vivement loué. A l'heure de l'utilisation croissante des logiciels de création et de retouche électronique, ces deux passionnés de machines prennent le parti, de célébrer une fois pour toutes les possibilités offertes par une machine aussi vintage que performante : la Groovebox MC-505.
Date : electronica

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu (Mots-clés : )

Rubrique : CD de la semaine

Duo 505 musiciens
Dorothée Smith rédacteur

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Texte : Considérée comme une boîte à rythmes des plus rudimentaires, lorsqu'elle n'est assimilée à une génératrice de musiques pour jeux vidéo eighties, la Groovebox 505 de Roland n'a pas vraiment une réputation des plus prestigieuses au sein du monde de la musique électronique. Ceux qui continuent à baser la majeure partie de leurs compositions sur l'utilisation de cette machine à la fois extrêmement simple d'utilisation et très modeste quant à ses possibilités se le voient souvent reprocher et sont même taxés de laxisme (voir la Canadienne Peaches). Partagés entre l'aversion et une fascination amusée et nostalgique pour cette machine, B. Fleischmann et Herbert Weixelbaum, guitariste classique, dont le projet de collaboration est né d'une rencontre provoquée par un organisateur de festivals viennois, Wolfgang Kopper (également fondateur du Gameboy Music Club), composent séparément des morceaux sur leur machine avant de se les soumettre mutuellement, laissant à leur alter ego opérer toutes les modifications qui s’imposent. De cette expérience résultent sept compositions bluffantes, contrastant avec les limites techniques notoires de la Groovebox. On y retrouve, en perpétuelle toile de fond, les paysages nostalgiques et nuageux de Fleischmann, ainsi que son habitude des constructions progressives, se concluant par des envolées rythmiques quasiment atmosphériques, proches à la fois de la puissance des créations de Fennesz et de la fraîcheur rêveuse et apocalyptique de celles de M83. Herbert Weixelbaum enlumine quant à lui le travail de son collègue d'une dimension organique, plaquant quelques accords de guitare sur ses propositions initiales (Toru Okada, par exemple, figurait sur un EP antérieur de B. Fleischmann). Ainsi construit, l'album propose une vision de l'électro-pop cohérente et inventive, invitant autant à s'émouvoir qu'à s'engager dans une écoute plus dansante. Les sons, rythmes et tonalités, à l'origine destinés à composer des hymnes techno-pop, se trouvent détournés de manière talentueuse : la mélancolie et la douceur enjouée se dégageant de morceaux comme Facing It ou Wenig – en écoute – confirment bel et bien que les créations les plus belles et humaines peuvent naître des machines que l'on aurait tendance à croire les plus dépourvues d'âme.

Date de publication : 24/11/2004


Mots-clés : musique
Inséré le : 08/10/2007 11:09
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Le site du label Morr Music - http://www.morrmusic.com